Aloïse Sauvage: "Les femmes de ma génération sont plus décomplexées"

French singer Aloise Sauvage poses during a photo session on February 25, 2020 in Paris. (Photo by STEPHANE DE SAKUTIN / AFP) ©AFP

En un an, Aloïse Sauvage n’a pas vu le temps filer. Après la sortie de son premier E.P., "Jimy", une tournée avec deux musiciens et le tournage d’une série pour Canal+, la voici qui propose son premier album. Le bien nommé "Dévorantes". Interview.

Premier album
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«Dévorantes». Aloïse Sauvage

Universal Music

En concert le 8/5/20 au Botanique dans le cadre des Nuits Botanique.


Chanteuse, auteure-compositrice, actrice, circassienne, Aloïse Sauvage est tout cela en même temps et avec la même énergie. Comme on avait craqué pour son E.P., sorti l’an passé, on a succombé à son premier album. De la pop urbaine croisée avec de la chanson française.

Dévorantes - Aloise Sauvage

Vous avez enregistré "Dévorantes" en décembre. Avec l’emploi du temps qui était le vôtre jusque-là, comment avez-vous fait pour réunir autant de chansons?

En fait, j’écris tout le temps mais rien n’est arrêté tant que je ne suis pas en studio. C’est là que je trouve le drive et la mélodie. Tout s’enchaîne assez facilement. Et puis, je m’étais imposée une deadline. J’aime beaucoup les premiers jets. Et je tiens à garder les émotions. Je ne suis pas à tout prix dans une recherche analytique. Je fonctionne à l’instinct depuis le début. Et j’ai l’impression de découvrir les choses au fur et à mesure.

Vous avez travaillé avec de nouveaux producteurs, notamment Boumidjal, connu pour ses collaborations avec Aya Nakamura et Damso.

«Je fonctionne à l’instinct depuis le début. Et j’ai l’impression de découvrir les choses au fur et à mesure.»
Aloïse Sauvage
Artiste

Oui, c’est quelqu’un qui travaille avec toute la scène rap française. Un acharné de travail. Ce fut une rencontre humaine hyper forte. J’aime les sonorités différentes qu’il propose, par exemple l’afro-trap. Il y aussi Louis Durot et Redzol qui produisent des choses plus pop. Je cherchais à m’ouvrir musicalement. J’ai l’impression que l’album me représente bien.

Les textes sont comme toujours très personnels. Mais l’histoire de votre papa, pourquoi avoir choisi de la raconter maintenant?

Je n’étais pas prête à assumer cela dans un premier E.P. Peut-être parce que, comme je la raconte dans "Méga Down", je craignais de blesser les gens. C’est quand même bizarre de raconter sa vie à autant d’inconnus. En même temps, ce sont des sentiments qui me touchent le plus. La poésie me permet de soigner ce qui blesse. Alors, peut-être que je ne me protège pas assez. C’est un risque. Mais je n’ai pas envie de tricher. Dans la chanson "Papa", je parle du deuil ou de l’absence d’un père. Qu’il soit mort, absent ou éloigné. Cela peut parler à tout le monde. Je n’ai pas besoin d’entrer dans les détails.

Aloïse Sauvage - Omowi (Clip Officiel) / 1er album "Dévorantes"

La chanson "Omowi" passe pour être un statement LBGT+.

Complètement. Cela dit, je la mets au même niveau que les autres. Je parle de ça parce que c’est ma vie. Ce qui me fait du bien, c’est la représentation qu’on en donne aujourd’hui. Mais si cela passe pour un statement politique, c’est malgré moi. Je ne suis ni militante, ni porte-parole d’une cause.

Les femmes, dans ce métier, ont-elles plus de pouvoir de décision qu’avant?

Je ne sais pas très bien comment cela fonctionnait avant. Aujourd’hui, on s’autorise plus à demander des choses. Mais peut-être ai-je encore des conditionnements? On ne se rend pas toujours compte du déséquilibre des rapports de pouvoir et de décision. Ce qui m’apparaît, c’est que les femmes de ma génération sont plus décomplexées quant à leur liberté d’expression. On dit les choses plus frontalement. J’aime beaucoup le rap qui a déconstruit la manière de faire une chanson. Avant, tu faisais six phrases et un refrain. Aujourd’hui, la liberté de ton est plus grande.

«Je suis passionnée, entière. ‘Dévorantes’, ce sont mes chansons, mes failles, mes crises existentielles. Et j’aime bien ce mot un peu lyrique.»
Aloïse Sauvage
Artiste

Quelles sont les personnalités du spectacle qui vous impressionnent?

Childish Gambino. Parce qu’il est un performer complet qui chante, réalise ses clips, joue dans des films. Stromae, aussi. Quand j’étais ado, je le suivais énormément. J’adore également Frank Ocean. Et puis, Mylène Farmer. Ce sont des personnalités intemporelles. Je déteste qu’on mette les artistes dans des petites cases.

Vous avez choisi "Dévorantes" comme titre pour cet album parce que…

Je suis passionnée, entière. "Dévorantes", ce sont mes chansons, mes failles, mes crises existentielles. Et j’aime bien ce mot un peu lyrique.

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