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interview

Amandine Beyer, violoniste: "Le baroque est indémodable"

Amandine Beyer, violoniste.

La violoniste française dynamite Vivaldi à Liège et dirige les Brandebourgeois de Bach dans la superbe chorégraphie d’ATDK à La Monnaie. À ne pas manquer.

Amandine Beyer, c’est l’un des archets baroques les plus généreux et les plus éclatants de la scène actuelle. Riche d’une discographie exemplaire avec les Gli Incogniti, où ses Vivaldi et ses Bach d’exception voisinent avec des compositeurs injustement délaissés, elle revient en Belgique, "sa seconde patrie", pour ensoleiller la rentrée.

Vous nous promettez un Vivaldi "cul par-dessus tête" aux Nuits de Septembre...

... parce que nous jouerons son facétieux concerto "Il mondo al rovescio", "Le monde à l’envers". Nous en donnerons la première version, car Vivaldi l’a ensuite remanié pour nombre d’instruments à vent. Nous l’avons enregistré. Une vraie basse-cour avec des poulettes dans tous les coins et quelques micros!

"Je regrette parfois le côté 'premier de classe' de Bach, qui éclipse les autres talents, même son propre fils Carl Philipp Emanuel."

Vous serez ensuite à la barre du B’Rock Orchestra, dans les Brandebourgeois chorégraphiés par Anne Teresa De Keersmaeker. Direction à l’ancienne en jouant depuis votre pupitre...

... vous ne me verrez jamais les bras en l’air (rires)! De toute façon, en musique baroque, les musiciens sont souvent un peu leur propre chef. Et dans les Brandebourgeois, il s’agit quasiment d’effectifs de solistes. Mon rôle est plus de coordonner que de diriger. Tout le monde se prend en main. J’ai déjà tant à faire avec mon violon!

Bach, le plus grand, toujours?

Son œuvre est incomparable. Mais je regrette parfois son côté "premier de classe", qui éclipse les autres talents, même son propre fils Carl Philipp Emanuel, qui a écrit des pages superbes, comme ses symphonies pour cordes dont nous venons d’enregistrer l’intégrale. 

"Le baroque a mis l’humain au cœur de ce qui l’entoure, en s’interrogeant sur son rapport à la nature et au divin. Elle se projette dans le monde, cherche des réponses."

Mêler danse contemporaine et musique baroque n’est-il pas la preuve que cette musique est restée actuelle? 

Le baroque est indémodable. Comme Chanel (rires)! Cette musique-là a mis l’humain au cœur de ce qui l’entoure, en s’interrogeant sur son rapport à la nature et au divin. Elle se projette dans le monde, cherche des réponses. Quand je joue Vivaldi, Biber, Rösenmuller, Matteis, je sens leur besoin d’exprimer un réel idéal de concorde. Alors, quand j’ai la chance de travailler avec Anne Teresa, c’est du pur bonheur car elle ancre ce répertoire dans un autre espace-temps. 

Il se murmure qu’un nouveau projet avec elle...

Démasquée! Il s’agit des Sonates du Rosaire, de Biber, prévues pour février 2022 à Bruges. Pas simple! Car 15 des 16 sonates sont jouées scordatura, avec un violon accordé d’une manière inhabituelle. Or j’ai l’oreille absolue. En clair, c’est comme marcher avec des pieds plats sur de la tôle ondulée. Épuisant! Mais j’adore...

Comment s’y prépare-t-on?

En gardant la forme! Je le dis à tous mes étudiants. Moi, j’ai comme prof de gym la Liégeoise Séverine Jacinto, dont je suis les cours grâce à Zoom. Je peux lui faire un peu de pub? Elle est géniale...

Amandine Beyer & Gli Incogniti. Présentation de l'album.

En concert à l'Église Saint-Jacques à Liège, le 3 septembre à 20h, et à la Monnaie à Bruxelles du 1er au 6 octobre. Plus d'infos sur lesnuitsdeseptembre.com et sur lamonnaie.be.

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