Angela Gheorghiu pour embraser l'ORW

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Ce mercredi, la Roumaine Angela Gheorghiu, soprano parmi les plus glamours de sa génération, donne un concert exceptionnel à l’Opéra Royal de Wallonie: chaud devant!

Les amateurs d’airs véristes savourent sa voix particulière, à la fois crémeuse et légère comme une plume, et en même temps si sombre, quelquefois, aux couleurs d’acier, mates et terreuses. À 51 ans (dont près de trente passés dans les plus grandes maisons d’opéra – Covent Garden, Wiener Staats-oper, La Scala, etc.), la Gheorghiu, née Berlacu, soprano dite "lyrique" (intermédiaire, donc, entre une "colorature" et une "dramatique"), a pratiquement épuisé sur scène toutes les héroïnes de son registre étendu: Mimi, Violetta, Cio-Cio San, Manon, Marguerite, Juliette et leurs nombreuses copines, tous ces rôles de spinto, en fait, qui requièrent une vraie puissance vocale, pour arriver à dominer des orchestres étoffés comme en raffolaient Puccini ou Massenet.

Star de cinéma (elle fut la Tosca du film-opéra de Benoît Jacquot, en 2000), sensuelle et jolie comme un cœur, avec sa chevelure et ses longs sourcils de geai – des magazines l’ont classée parmi les cent plus belles femmes au monde –, la Roumaine s’est également fait connaître par son caractère, euh, disons… pas facile. Son franc-parler (qu’elle dit avoir développé en réaction à la terreur vécue sous l’ère Ceaucescu), ses annulations in extremis, ses absences aux répétitions, ses refus de costumes ont zébré d’éclairs fréquents le ciel des relations souvent houleuses entretenues avec plus d’un directeur de salle.

Idylle d’opéra avec Roberto Alagna

La prima donna n’a d’ailleurs pas toujours gagné la partie, comme lors du bras de fer qui l’a opposée au Met, en 1997, pour une affaire de… perruque blonde qu’elle n’entendait pas porter, et qui lui valut son remplacement immédiat par sa doublure. Son idylle (suivie d’un mariage célébré en grande pompe par le maire de New York) avec le ténor franco-sicilien Roberto Alagna a fini par parfaire le mythe d’une artiste spectaculaire, tout en donnant un crédit formidable aux plus magnifiques love duet de "Tosca", "La Bohème" ou "La Traviata", que le couple a interprétés ensemble durant dix-sept ans, avant de divorcer.

La prima donna n’a pas toujours gagné la partie, comme lors du bras de fer qui l’a opposée au Met, en 1997, pour une affaire de perruque blonde qu’elle n’entendait pas porter…

C’est donc ce phénomène amplement honoré (et abondamment discographié) que l’Opéra Royal de Wallonie accueille à Liège, dans un programme qui mêle notamment Verdi, Puccini, Donizetti, Catalani, Bizet, Lehar et Massenet.

Celle qui a chanté avec Michael Jackson, et qu’un auditoire de têtes couronnées n’émeut plus guère – elle s’est acquittée sans chichis de galas devant les reines d’Espagne, d’Angleterre et des Pays-Bas, et aussi devant Obama –, risque d’éclipser quelque peu la présence de Marius Brenciu, le ténor roumain qui l’accompagne dans ce récital romantique hors-norme, sous la direction musicale de Tiberiu Soare. Mais bon, on est diva, ou on ne l’est pas.

Concert de gala avec Angela Gheorghiu, Opéra Royal de Wallonie — Liège, le 24 mai à 20 heures. Infos au 04/221 47 22 ou sur www.operaliege.be

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