Antipiratage: le Sénat US proclame la trève

Kim Schmitz, fondateur de MegaUpload également connu sous le nom de Kim Dotcom lors de sa comparution vendredi en Nouvelle Zélande. (©AFP) ©AFP

Le Sénat américain a décidé de reporter à une date ultérieure son vote de la loi antipiratage. La justice américaine a fermé 18 sites internet, dont MegaUpload (téléchargement direct) et MegaVideo (streaming). En guise de rétorsion, le groupe de hackers "Anonymous" s'est mis en guerre contre le gouvernement américain et les Majors. De nombreux sites représentant la justice américaine ou la mouvance d'Hollywood sont la cible de cyberattaques.

Le Sénat américain a reporté un vote prévu mardi sur la loi antipiratage sur internet à l'étude au Congrès des Etats-Unis en raison de la levée de bouclier récente contre ce projet, a indiqué vendredi le chef de la majorité démocrate du Sénat, Harry Reid.

"A la lumière des événements récents, j'ai décidé de reporter le vote de mardi" sur le projet de loi de protection des droits d'auteur, écrit M. Reid dans un communiqué, après un mouvement de protestation inédit sur internet cette semaine de la part notamment de Wikipédia et Google.
"Il n'y a pas de raison que les problèmes légitimes soulevés par de nombreuses personnes au sujet de ce projet de loi ne soient pas résolus", poursuit M. Reid dans son communiqué.

Le chef démocrate, qui a ajouté que "la contrefaçon et la piraterie coûtent à l'économie américaine des milliards de dollars et des milliers d'emplois chaque année", a réaffirmé que le Congrès devait "agir pour faire cesser ces pratiques illégales".

M. Reid encourage la poursuite des discussions au Congrès pour "trouver un équilibre entre protéger la propriété intellectuelle et maintenir l'ouverture et l'innovation sur internet". Selon lui, un "compromis" peut être atteint "dans les prochaines semaines" sur le sujet.

Dans la foulée, le président de la commission Judiciaire de la Chambre des représentants Lamar Smith --auteur du SOPA ("Stop Online Piracy Act"), le pendant du PIPA à la Chambre basse-- a annoncé que sa commission allait "reporter tout examen du projet de loi jusqu'à ce qu'un consensus plus large sur une solution se dégage".

Cyberguerre

Des milliers d'internautes ont déclaré la guerre aux majors US (film et musique) et à la justice américaine. Ils sont furieux parce que la justice américaine a, jeudi, fermé 18 sites web, dont les services très populaires Megaupload (téléchargement direct) et Megavideo (streaming), dans le cadre d'une vaste procédure judiciaire.

→   Le blocage des sites Megaupload et Megavideo est intervenu suite à une vaste mobilisation de sites internet américains contre deux projets de loi, "PIPA" et "SOPA", qui prévoient de faciliter le blocage de sites web pour protéger le droit d'auteur, sans intervention de la justice.

→ Le FBI a annoncé la mise en examen de sept personnes liées au réseau de sites Web "Mega", accusées de conspiration en vue de violer le droit d'auteur et de blanchiment d'argent. Les sept hommes risquent jusqu'à vingt ans de prison.

→ Le FBI a également saisi 50 millions de dollars appartenant aux administrateurs présumés du réseau Mega, en majorité des ressortissants allemands. Créé par le mystérieux Kim Schmitz, dit "Kim Dotcom", un informaticien allemand, Megaupload fait partie des 100 sites les plus fréquentés au monde, selon la plupart des classements. M. Schmitz a été arrêté ce jeudi en Nouvelle-Zélande avec deux autres personnes, a annoncé le ministère de la Justice américaine.

Qui sont MegaUpload et Megavideo?

VIDEO: Anonymous annonce l'opération Black out

Le site Megaupload, fermé par la justice américaine pour violation des droits d'auteurs, est la "star" des sites de téléchargement et de streaming à travers le monde, se vantant de représenter à lui seul 4% du web et de rassembler chaque jour 50 millions d'utilisateurs.

A contrario, pour tous les ayants droit --majors du disque et du cinéma, sociétés d'auteurs-- Megaupload incarne le pillage et le piratage des oeuvres culturelles.

 

  1.  Quel service offre Megaupload?

    Le site, basé à Hong Kong, et ses différentes déclinaisons comme MegaVideo, la plus connue, propose d'héberger des fichiers, gratuitement ou moyennant finance au-delà d'une certaine taille. Tous les types de fichiers sont acceptés (musique, films, livres, logiciels) et librement téléchargeables une fois mis en ligne.
    Dans le cas des films et séries, Megaupload offre également la possibilité de regarder en streaming (comme sur YouTube ou Dailymotion par exemple). Une pratique de plus en plus répandue car, dans le cas de la mise à disposition illégale d'une oeuvre, la consultation de celle-ci en streaming n'est pas en soi illégale, au contraire de son téléchargement.

  2. Megaupload est-il le seul site à offrir ce type de service?

    Des dizaines d'autres sites proposent exactement le même type de service comme Rapidshare, Filesonic, Fileserve ou Depositfiles. Mais grâce notamment à sa simplicité d'utilisation, Megaupload était devenu le site le plus populaire. Dans une vidéo promotionnelle mise en ligne en décembre (http://youtu.be/lki9CVQtKTc), Megaupload se vantait de représenter à lui seul 4% du web et de rassembler chaque jour 50 millions d'utilisateurs.

    Selon des chiffres fournis par Google en juillet 2011 (http://bit.ly/9JZGo9), Megaupload était le 91e site le plus visité au monde avec 34 millions de visiteurs uniques (VU) et 500 millions de pages vues (129e place pour MegaVideo, avec 26 millions de VU et 300 millions de pages vues).
  3. Tout le contenu hébergé sur Megaupload est-il illégal?

    Le site n'a jamais fait de publicité sur ce thème, et nul doute qu'il héberge une grande quantité de contenus parfaitement légaux. Dans sa vidéo promotionnelle, il est parvenu à faire participer des stars de la musique comme Will.i.am et Kanye West, deux très gros vendeurs de disques!

    Mais dans la réalité, la majorité des internautes était parfaitement consciente que celui-ci regorgeait de contenus illégalement mis à disposition. Pour sa défense, le site expliquait qu'il lui était impossible de contrôler tous les contenus hébergés. Les autorités américaines accusent Megaupload d'avoir généré quelque 175 millions de dollars de profit et entraîné "plus d'un demi-milliard de dollars de pertes pour les ayant-droits" en offrant des produits piratés.

 

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