Balthazar: "C’est comme si la Covid était devenu le 6e membre du groupe"

Balthazar ©Alexander D'Hiet

Ne jamais s’ennuyer, tel pourrait être la devise de Balthazar qui revient avec "Sand", son cinquième album studio, et déménage de Gand à Bruxelles.

Maarten Devoldere a, récemment, quitté Gand pour s’installer à Bruxelles. "L’air d’une grande ville me manquait", résume-t-il. L’un des frontmen de Balthazar, avec Jinte Deprez, a choisi le centre de Bruxelles, derrière l’Ancienne Belgique. "Ainsi, je suis près de mon lieu de travail", lâche-t-il non sans humour puisque, évidemment, comme tous les musiciens, il n’a pas fait de live depuis la pandémie.

Album pop

"Sand"

Balthazar, PIAS

Note de L'Echo: 4/5

En concert au Lotto Arena à Anvers le 26 novembre 2021.

Comme la crise sanitaire ne l’a pas empêché de déménager, elle ne l’a pas non plus bloqué, lui et le groupe, dans le processus créatif. "Comme on avait eu beaucoup de fun avec la tournée de "Fever", on voulait se remettre directement au travail, sans marquer de pause." Le nouvel opus, "Sand", arrive donc pile deux ans après "Fever" qui connut un très beau succès et emmena le groupe partout en Europe, y compris dans les pays de l’Est.

La plupart des nouvelles compos ont été écrites durant la tournée mais les textes, eux, l’ont été pendant le lockdown. "L’industrie du disque n’apprécie pas trop quand un artiste veut sortir beaucoup d’albums dans une courte période parce qu’elle doit les promouvoir. Mais moi, quand je n’écris pas de chansons, je m’ennuie et mon entourage direct ne me trouve pas très agréable. Donc, je continue d’écrire des morceaux pour être gentil avec les gens." (Rires)

"Sand", le nouvel ouvrage, est à la fois bien balancé et chaleureux. On y trouve des éléments de r’n’b, de soul et de jazz. "Cela est dû en partie aux projets solos que nous avons menés précédemment, Jinte avec J. Bernhardt et moi avec Warhaus. Nous avions l’idée de faire un album live mais cela n’a pu se concrétiser. Donc, en chemin, nous avons modifié la direction et avons opté pour plus d’électro. Puisqu’il nous était impossible de nous réunir tous dans le même studio pour enregistrer. Du coup, c’est comme si le Coronavirus était devenu le sixième membre du groupe."

"Mais moi, quand je n’écris pas de chansons, je m’ennuie et mon entourage direct ne me trouve pas très agréable. Donc, je continue d’écrire des morceaux pour être gentil avec les gens."
Maarten Devoldere
Auteur-compositeur-interprète

Avec moins de possibilités et de libertés, Balthazar a donc essayé une nouvelle façon de procéder. Ce qui est très intelligent, il faut le souligner. "La technique permet de multiples pistes mais moi, j’aime assez l’idée d’être limité par des facteurs externes. C’est un challenge. Parce que sinon, on aurait pu devenir comme l’Empire romain, gros et assoupi."

Sur le précédent album, Jinte vivait une rupture sentimentale, il a donc composé des morceaux sur ce sujet. Cette fois, c’est Maarten qui a vécu ça et comme il l’explique non sans une pointe d’humour, "il y a toujours des chansons de ruptures sur nos albums".

©Alexander D'Hiet

Cependant, il n’est pas uniquement question de peines de cœur sur "Sand". Dans "Losers", Balthazar fait référence à Paolo Conte. "Je ne suis pas très familier de son travail mais j’avais entendu une chanson où il chantait "tralala" (écoutez "Come di" sur YouTube). J’ai trouvé très charismatique cette manière d’assembler des syllabes aussi simples. Cela n’avait l’air de rien et c’était magnifique. Je tenais à rendre hommage à ce chanteur. Dans cette chanson, face au grand Paolo Conte, je me compare à une jeune fille qui chante devant sa glace en tenant sa brosse à cheveux en guise de micro."

"J’aime assez l’idée d’être limité par des facteurs externes. C’est un challenge. Parce que sinon, on aurait pu devenir comme l’Empire romain, gros et assoupi."
Maarten Devoldere
Auteur-compositeur-interprète

Balthazar, malgré cette admiration pour Paolo Conte, n’a jamais enregistré de titre en italien, ni dans aucune autre langue que l’anglais. "Quand nous étions jeunes, nous voulions conquérir le monde et nous avons décidé de chanter en anglais. Et puis, c’était naturel pour nous qui avions grandi en écoutant de la musique anglo-saxonne."

On peut dire que le groupe a conquis le public bien au-delà de ses frontières naturelles. On ne sera pas surpris de trouver sur "Sand" pas mal de titres qui décrivent le mouvement. "Peut-être parce que c’est une manière de rester créatif? En ne se sentant jamais au repos."

Balthazar - Losers (Official Video)

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