Charlotte de Witte, la boss de la techno belge

©Saskia Vanderstichele

La DJ gantoise sera l’une des têtes d’affiche du festival Tomorrowland ce samedi.

C’est à domicile que jouera Charlotte de Witte samedi après-midi. La jeune DJ originaire de Gand est parvenue à se hisser dans le haut de la programmation de Tomorrowland, le plus grandiloquent des festivals du monde. Ce ne sera pas une première expérience pour elle puisqu’elle y a déjà joué l’an dernier, mais sa reconduction pour l’édition de cette année et son passage sur la scène principale le week-end dernier sont la preuve d’une certaine qualité de nos DJ locaux.

Des percussions brutes, une ambiance menaçante: c’est ça le style de Witte.

À bien y regarder, la présence de Charlotte de Witte sur l’affiche du festival contraste un peu avec l’habituelle programmation, axée globalement sur l’électro "commerciale" (EDM, Deep House…). Quiconque a déjà écouté un de ses morceaux se rendra compte qu’on peut difficilement comparer l’artiste a un David Guetta ou Lost Frequencies. Charlotte de Witte fait dans le minimalisme. Des percussions brutes et saccadées, comme des claquements. Des nappes synthétiques sombres et menaçantes. On est loin de l’ambiance féerique et bon enfant vendue par le festival, mais il faut croire que le festival aime beaucoup son travail, car c’est sur sa propre scène, la KNTXT (inspirée par sa résidence au mythique Fuse de Bruxelles) que Charlotte de Witte reviendra à Boom ce samedi 28 juillet. Guest star.

Charlotte de Witte | Tomorrowland Belgium 2018

Made In Belgium

CV
  • Naissance à Gand le 21 juillet 1992.
  • 2013: Sort son premier EP "Obverse" sous le pseudonyme Raving George.
  • 2015: Sort "WeltSchmerz" son premier EP sous son vrai nom.
  • 2018: Tournée mondiale de 83 dates.

On peut se demander d’où vient ce goût prononcé pour la musique "dark"? Est-ce le fruit d’une enfance difficile? Une fascination pour la musique Goth des années quatre-vingt? Pour trouver la réponse, il suffit simplement de se tourner vers sa ville d’origine, Gand. "Il y a plus d’émotions dans la dark techno que dans la happy house", déclare-t-elle au magazine français Trax. Un style musical en vogue dans les clubs underground de sa ville natale au moment où elle se lance dans la production en 2010. À cette époque, l’Electro est à son apogée. Des groupes comme Justice, The Bloody Beetroots ou encore toute la troupe du label Ed Banger cartonnent partout dans le monde. On sent alors poindre dans les endroits les plus "hype" du royaume un début d’essoufflement de ce style, qui coïncide avec le retour en grâce de la techno. Une musique plus épurée et minimaliste, qui retrouve de sa superbe sous l’impulsion notamment d’artistes comme Daniel Avery ou John Talabot. C’est à ce moment-là que Charlotte de Witte se lance, armée de matériels bas de gamme qu’elle a pu s’offrir grâce à l’argent reçu de sa compagnie d’assurance, suite à un gros accident de scooter… Autant d’éléments qui peuvent expliquer son style sombre et incisif.

Fulgurance

Après s’être forgée une réputation sous le pseudonyme de Raving George (pour ne pas être cataloguée comme une "DJette"), c’est finalement sous son vrai nom que la DJ explose fin 2015 avec son premier EP "Weltschmerz", dans lequel l’artiste parvient enfin à cristalliser son style. S’ensuit alors une folle période, encore ininterrompue, durant laquelle de Witte enchaîne les disques (onze EP en trois ans!) et les shows à travers le monde. Avec comme petit rituel, le passage obligatoire dans nos institutions belges (Dour, Werchter, Pukkelpop, Tomorrowland, Fuse…).

Charlotte de Witte - The Healer

Son été 2018 est particulièrement animé puisqu’elle a entamé en avril une tournée dantesque de 83 dates qui se terminera en décembre, et qui la verra parcourir à peu près tous les continents (Etats-Unis, Mexique, Australie, Islande…) et les festivals les plus prestigieux (Bestival, Pukkelpop, Lowlands…), avec tout de même en point d’orgue ce fameux passage à Tomorrowland ce samedi, qui devrait être à coup sûr un des grands moments de cette édition.

Tomorrowland | Au programme

Outre la techno minimaliste et incisive de Charlotte de Witte, les amateurs de musique électronique (et de tatouages tribaux) auront droit à quelques jolies surprises ce week-end du côté de Boom pour cette 14e édition de Tomorrowland. Tout d’abord vendredi avec le roi Paul Kalkbrenner qui ouvrira le bal dès midi, avant de céder la place aux pionniers Armin Van Buuren, Eric Prydz ou encore Joris Voorn. Les indéboulonnables Dimitri Vegas & Like Mike, presque devenus les mascottes du festival seront les grosses têtes d’affiches de la journée de samedi. On y retrouve également Fatboy Slim la légende, le bruxellois Lost Frequencies qui dispose également de sa propre scène sur laquelle viendront jouer les immanquables 2manydjs. La journée de dimanche offre une programmation un peu plus éclectique avec l’électro vaporeux de Kiasmos. On retrouvera aussi la moiteur du son de Giu Boratto et la profondeur de Nina Kraviz. Enfin, une fois n’est pas coutume, c’est du côté de la Potion stage qu’il faudra être pour clôturer le festival avec le rap savoureux du bruxellois Hamza.

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