Cinq jours à la gloire de la guitare

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Riche et varié, le programme du 4e festival international de la guitare, à Bruxelles, va séduire tous les publics.

Si la guitare est l’un des instruments les plus joués au monde, ce n’est pas seulement parce qu’il est a priori l’un des plus abordables. "C’est aussi parce que la guitare a un son magique, qui séduit par sa chaleur. Et c’est un instrument envoûtant, que l’on joue contre soi, près du cœur…" Inutile de préciser que pour Hughes Navez, professeur de guitare classique au Conservatoire de Bruxelles, son instrument est celui de toutes les passions. Celle qu’il partage depuis quatre ans, en organisant le "Brussels International Guitar Festival & Competition". Ce rendez-vous grand public connaît un succès croissant. Les aficionados de cet instrument à cordes pincées ne s’y trompent pas: le programme est alléchant et la fête omniprésente, cinq jours durant, autour de la guitare reine.

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"Je voulais ce festival, explique Navez, parce que, aussi paradoxal que cela puisse paraître, la popularité de la guitare n’empêche pas qu’elle soit rarement programmée dans les salles de concert, et souvent, lors de représentations assez intimes." C’est d’autant plus surprenant que le répertoire de la guitare, que l’on croit a priori plutôt soliste, a largement conquis la musique de chambre et même la musique symphonique, avec de nombreux concertos.

"Il y a bien sûr toutes les œuvres spécifiques écrites pour notre instrument actuel à partir du XIXe siècle, répertoire qui se développe encore aujourd’hui, souligne Navez. Même Britten a écrit pour la guitare. Tout comme le compositeur belge Jean Absil, qui a justement voulu montrer d’autres aspects de cet instrument trop souvent réduit à la culture hispanique."

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"La guitare a un son magique, qui séduit par sa chaleur."
Hughes Navez
Professeur au Conservatoire

Mais la guitare dispose aussi d’un autre atout: sa capacité à absorber sans peine les transcriptions d’œuvres écrites au départ pour d’autres instruments, qu’il s’agisse de son cousin (éloigné) le luth, mais aussi de la flûte, du violon, du piano… "Toutes ces très nombreuses transcriptions font partie du patrimoine et de l’histoire de notre instrument, il faut l’accepter, car c’est aussi sa richesse", insiste Navez. Cette générosité sonore n’a d’ailleurs pas échappé à d’illustres compositeurs: "Claude Debussy voyait en la guitare un ‘clavecin expressif’, permettant des vibrations sonores qui n’existent pas avec un clavier. Quant à Hector Berlioz, plus d’une fois il se servit de la guitare, son ‘petit orchestre en miniature’, pour composer une œuvre avant de la transposer pour grand orchestre…".

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Tordons le cou au passage à une idée fausse: la guitare n’est pas un instrument facile. Son apprentissage est exigeant car il faut fabriquer le son pour chaque note, comme pour tous les instruments à cordes pincées ou frottées. Cette richesse de répertoires, d’interprètes et de styles permet tout naturellement au rendez-vous bruxellois de proposer une programmation très variée, qui tournera autour de la guitare classique "plurielle", avec ses déclinaisons jazz, latino, contemporaine. Rendez-vous dès lors avec "Tradition et modernité", pour reprendre le titre certes peu original mais tellement parlant de ce 4e festival international, dont les prix d’accès restent plutôt doux.

Du 24 au 28 avril, à l’Espace Magh, à Bruxelles, www.bigfest.be, 02 420 06 06

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