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interview

Claire Laffut: "Je ne veux pas être une sorte de chanteuse-éclair"

Claire Laffut. ©Charlotte Abramow

On a aimé sa "Vérité", on découvre sa période bleue. Claire Laffut, la plus talentueuse des Namuroises, livre ce vendredi "Bleu", son premier album festif et intense.

On devait la rencontrer dans son atelier bruxellois, où elle peint d’immenses toiles très colorées inspirées par le style du Douanier Rousseau, on l’a finalement au bout du fil à Paris. "À Paris, j’y suis surtout pour mon travail", concède-t-elle. Claire Laffut, un pied ici, un autre là, et une palette riche d’activités artistiques, – comprenant aussi une collection de bijoux –, sort ce vendredi son premier album. Après le succès de "Vérité" et de l’EP "Mojo", la Belge a collaboré avec Pierre Juarez – producteur de l’album "Lamomali" du groupe du même nom créé par Matthieu Chedid – et Gaspard Murphy, qui a notamment produit le morceau "Hiroshima" figurant sur l’album "Bleu". Et pour l’occasion, Claire a choisi de se teindre les cheveux en bleu. Sur une idée de son poisson, un Combattant, ramené de Corse…

Pochette de l'album "Bleu" de Claire Laffut.

Ce premier album est très festif et dansant. Quelle était votre intention?

C’est vrai qu’il est intense. Je voulais qu’il marque ma jeunesse à Paris, ma découverte de la musique, mes premières amours. S’il s’appelle "Bleu", c’est pour souligner le fait que je suis une bleue et qu’il s’agit de mon premier album. Je le voulais pop, dansant et influencé par des musiques d’ailleurs. En général, je raconte des choses personnelles dans mes chansons et je voulais que la musique le soit aussi, intense et personnelle.

"Je suis passée par plusieurs étapes avant de me sentir légitime comme chanteuse. J’ai connu une période où on me disait que je ne réussirais jamais dans la musique parce que j’étais trop jolie."

Dans "Vertige", un morceau irrésistible et entrainant, vous traitez de l’acceptation par les autres et de la manière de sortir du lot. Était-ce un chemin facile?

Il m’a fallu du temps pour faire cet album. Il y a eu une certaine évolution entre les premiers titres et ceux qui se trouvent sur "Bleu". Je suis passée par plusieurs étapes avant de me sentir légitime comme chanteuse. J’ai connu une période où on me disait que je ne réussirais jamais dans la musique parce que j’étais trop jolie. Je voulais garder mon intégrité dans l’énergie que j’allais mettre dans les réseaux sociaux parce que si j’écoute certaines personnes du label, je devrais y passer mes jours et mes nuits à partager ma vie. J’ai dû faire des choix pour faire respecter ma vision des choses et mon projet artistique. Et pour ce qui est de sortir du lot, je veux pouvoir continuer ma peinture et ne pas être une sorte de chanteuse-éclair. Peu importent l’âge et la beauté. Sur ce projet, la contribution de Charlotte Abramow, la photographe, apporte une dimension hyper pure et connectée à la nature.

Qu’aimez-vous dans la photographie de Charlotte Abramow?

Le surréalisme qu’elle parvient à voir dans la vie de tous les jours. Elle ne cherche pas à tout prix à rendre sexys ses modèles. Elle voit d’autres choses en eux. Elle dépose sur moi une poésie. Ou en tout cas, elle amplifie la mienne. Pour les besoins de la pochette, on a mis une de mes toiles dans l’eau. J’aime l’idée que mes toiles soient beaucoup plus grandes que moi. J’ai parfois l’impression de vivre dans mes tableaux.

"Vérité", Claire Laffut

Pourriez-vous créer un tableau pour chacune de vos chansons?

J’aimerais bien. C’est un projet que je caresse depuis un moment. Et je pense transporter mes toiles sur scène. Je travaille également sur une exposition pour 2022. Et je continue à créer des bijoux, eux aussi inspirés par certains de mes tableaux.

"Quand j’ai mis les pieds dans le mannequinat, j’ai été confrontée à la compétition féminine et dans la musique, c’était la même chose. J’en avais marre de tout ça."

Vous faites une chanson intitulée "Et j’ai ri". À quel moment, riez-vous de vous-même?

Quand je me prends trop la tête pour des choses peu importantes ou lorsque j’assiste à des défilés de mode à Paris. Je viens de Moustier-sur-Sambre. Là-bas, je ne suis pas en mode star. C’est comme ça que je me sens le mieux. Lorsque je suis avec mes parents et qu’on va à la friterie!

Vous consacrez une chanson à la sororité. Pourquoi?

On parle de plus en plus de sororité et de féminisme. J’avais besoin de changer ma perception par rapport aux autres femmes. J’ai grandi dans une ambiance familiale où la jalousie féminine était présente. Quand j’ai mis les pieds dans le mannequinat, j’ai été confrontée à la compétition féminine et dans la musique, c’était la même chose. J’en avais marre de tout ça. J’ai besoin de me connecter aux autres femmes. Le terme de sororité m’intéressait. Avec Yseult, qui est une amie, on a créé un groupe de femmes artistes, une soixantaine, et on pense faire un manifeste. On s’entraide. Ce que j’ai envie de dire, c’est que les femmes s’aiment! J’ai le projet d’une fresque murale, à Bruxelles, qui mettra en valeur des femmes engagées.

"Hiroshima", Claire Laffut

Pop

"Bleu"

Composé par Claire Laffut

Interprété par Claire Laffut

Label: Universal Music

En concert le 23 octobre au Botanique

Note de L'Echo:

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