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Claire Laffut, qui l'aime la followe

Auteure-compositrice-interprète, Claire Laffut s’affiche aussi comme une vraie personnalité sur scène. ©Sarah Schlumberger

Attention talent belge! La Namuroise Claire Laffut sort son premier E.P. et remplit ce jeudi le Botanique pour un premier concert déjà sold out. Plus qu’une it girl, une artiste multidisciplinaire qui veut chanter sa vérité sur tous les tons.

Elle a commencé par designer des tatouages ou bijoux de peau éphémères. De là, elle a vogué vers le métier de mannequin – qu’elle a détesté. Puis, elle a switché et surfé sur l’artistique. À 23 ans, en parfaite millenial, Claire Laffut est unlimited.

Pop

Claire Laffut  "Mojo"

Note: 3/5

Universal Music

Entendez qu’elle ne se met aucune barrière. Qui l’aime la followe. En appetizer d’un album à venir courant 2019, elle offre un E.P. de quatre titres. Chacun d’eux a son propre mood, sa propre ambiance. Claire aime le jazz, la bossa, le ragga… Elle chante en français et un peu en anglais. Auteure-compositrice-interprète, elle s’affiche aussi comme une vraie personnalité sur scène. Après le succès d’Angèle, on peut parier sans trop risquer sur celui de Claire Laffut. Ou Claire, la futée.

La Fessée (version acoustique)

Les vinyles de son père

Quand on parcourt votre bio, on est frappé par vos goûts éclectiques et votre côté tout-à-tout.

J’ai d’abord été influencée par les vinyles qu’écoutait mon père. Cela dit, je me rends compte que je dois encore travailler mon penchant un peu trop influençable. Quand on gravite dans le milieu artistique, il y a tous les gens de la team qui donnent leur avis. J’essaie de fonctionner avec des gens assez purs afin que mes idées soient protégées. Mais c’est ce que je ressens qui est important. J’ai eu à faire à un premier directeur artistique qui m’a plus étouffée qu’autre chose.

"Mon grand-père me disait que je finirais pute à la Gare du Nord si je n’étudiais pas. Moi, ça me choquait.

Sur ce premier E.P., le morceau "La fessée" est juste irrésistible et très peps.

Je l’ai justement écrit pour cette personne. C’était ma manière de lui dire d’aller se faire voir. Il paraît qu’il adore le morceau! (Rires.)

En fait, les quatre chansons de l’E.P. sont des facettes différentes de votre univers. "Gare du Nord" conte carrément une histoire sur un mood jazzy.

©doc

Mon grand-père me disait que je finirais pute à la Gare du Nord si je n’étudiais pas. Moi, ça me choquait. Et j’ai lié ça avec l’histoire de ma petite sœur qui commettait pas mal de bêtises. C’est devenu une chanson de grande sœur.

De qui tenez-vous cet éclectisme?

De mon père qui, lorsqu’il était jeune, ne savait pas trop quoi faire. Il a d’abord ouvert un magasin de tuning, puis il a récupéré des bâtiments pour les transformer en lofts. Ses goûts étaient très pointus pour l’endroit d’où on venait. Moustier-sur-Sambre, entre Namur et Charleroi. Lui, jeune, il allait à Ibiza et en ramenait de la techno. Je pense qu’il avait des goûts assez spéciaux et j’en ai hérité.

Pourquoi avoir choisi de vous installer, à vingt ans, à Paris?

Pour rejoindre mon amie Charlotte Abramow qui y commençait ses études de photographie. J’avais pensé à New York. J’y suis allée mais à la fin, je m’y sentais déprimée. J’y bossais sur l’identité graphique d’une boîte.

Son mojo

©doc

Vous faites de la peinture, de la création visuelle, de la mode, du cinéma, du théâtre, de la chanson. Parmi tout cela, qu’avez-vous envie d’explorer encore davantage?

La musique. C’est la dernière chose dans laquelle je me suis lancée mais elle regroupe tout ce que j’ai commencé. Je peux jouer dans mes clips, dessiner mes visuels, imaginer le graphisme. Mon but est de réaliser de plus en plus de clips. Pour l’instant, je travaille sur mon album avec le producteur Tristan Salvati qui a également collaboré avec Angèle et Cœur de Pirate.

L’E.P. s’intitule "Mojo". Quelle traduction en donnez-vous?

C’est la force naturelle que l’on dégage quand on se sent en phase avec soi-même. Quand on est positif, on attire les bonnes choses à soi.

Avec Charlotte Abramow, le combo gagnant

C’est la jeune photographe belge qui monte qui signe la pochette de l’E.P. de la jeune chanteuse belge qui monte. Elles sont amies depuis leurs 15 ans, et c’est chez Charlotte Abramow, déjà installée à Paris, que Claire Laffut est venue se réfugier après une rupture. Depuis lors, elle n’a plus quitté la capitale française et s’est trouvé une vocation.

À tout juste 25 ans, Charlotte Abramow a déjà un beau parcours derrière elle. Si elle commence la photo en autodidacte en photographiant ses copines adolescentes, sa rencontre avec Paolo Roversi, photographe de mode et portraitiste, lors d’un stage aux Rencontres d’Arles la convainc de faire de sa passion son métier. Elle a 16 ans. À 19 ans, la Belge va à Paris pour étudier aux Gobelins, célèbre école de l’image. Elle trace sa voie en travaillant beaucoup autour du corps des femmes, dans sa diversité et son acceptation, laissant souvent place à l’humour et aux formes ludiques.

Son nom s’imprime dans l’esprit du grand public surtout depuis ses collaborations avec une autre révélation belge de la chanson: Angèle, dont elle a réalisé les deux premiers clips et la plupart des photos. En 2018, elle a conçu l’affiche du Salon de la photo de Paris, réalisé un clip très remarqué sur "Les passantes" de Georges Brassens et publié enfin son grand projet, un livre de photos sur son père, Maurice. Il l’a eue tard, a pris sa retraite quand elle avait 3 ans, tissant ainsi un lien privilégié. Mais à partir de 2011, il traverse cancer, coma et longue rééducation. C’est cette période qu’elle narre, entre photos documentaires et prises en studio.   Cécile Berthaud



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