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Classique, pop, rock: vos 3 albums de la semaine

La géniale violoniste Isabelle Faust, cette fois dans le "Triple Concerto" de Beethoven.

Un Triple concerto de Beethoven qui dépote, un rappeur qui en rencontre un autre (Siz-S et Roméo Elvis) et la Cavalcade tonitruante des Raph Trade: mettez-vous en peu de chaque dans les oreilles ci-dessous. Et plus, si affinités!

1. L'album classique

"Beethoven – Triple concerto"
Faust/Queyras/Melnikov/Heras-Casado
Harmonia Mundi
Note de L'Echo: 5/5

Ils nous avaient déjà passionnés avec leur trilogie Schumann, les revoilà dans le «Triple concerto op.56» de Beethoven, que l’on accueille avec le même enthousiasme. Isabelle Faust (violon), Alexander Melnikov (piano) et Jean-Guihen Queyras (violoncelle), accompagnés par Pablo Heras-Casado à la tête du Freiburger barockorchester, donnent à ce  «Triple» des couleurs qu’on ne lui a pas souvent entendues.

Qu’on est loin de la version «historique» et fort sage des Karajan/Richter/Rostro/Oistrakh, preuve que l’interprétation musicale n’est pas un art figé. Ce qui fascine ici, c’est autant la complicité entre trois solistes d’exception que l’intensité de leur dialogue. Une connivence qui rejaillit sur l’orchestre, particulièrement impliqué dans ce concerto hissé au sommet par cette lecture éblouissante.

Tout aussi passionnant, le «Trio op.36», pièce rarement gravée dans cette version. Il s’agit en effet d’un arrangement pour violon, violoncelle et pianoforte de la «Symphonie n°2», restée dans l’ombre de l’«Héroïque». Cette transcription-ci aurait été réalisée par Ferdinand Ries, compositeur proche de Beethoven, et révèle toutes les subtilités de cette deuxième injustement boudée. (St.R.)

Beethoven: Triple Concerto, II. Largo | Faust, Queyras, Melnikov, FBO, Heras-Casado

2. L'album pop

"Enfant Terrible"
Siz-S
Autoprod
Note de L'Echo: 3/5

Il s’appelle Victor mais a choisi de se faire un nom dans le rap sous le pseudo de Siz-S. Ce qui pourrait ressembler à «Size Small», parce qu’il n’est pas très grand, mais est, en fait, une façon urbaine de réécrire son nom de famille. Ce Tournaisien vient de taper dans l’œil du label Believe qui le distribuera en France et on comprend pourquoi.

À vingt-deux ans, il sort son premier album dans lequel il a intégré tous les codes du rap de qualité tendance Nekfeu. Par moment, sa voix nous rappelle celle de Roméo Elvis. Il a peut-être un peu moins d’humour que Roméo mais ses textes sont très travaillés aussi. Siz-S a collaboré avec le beatmaker Yung-G, connu pour ses collaborations avec Damso.

Sur deux titres, «Déterminé(e)» et «Moonlight», il duettise avec Rachel Gram qui ajoute sa partition en anglais. Très rafraîchissante, cette découverte belge témoigne déjà d’une belle maîtrise dans l’art de faire des chansons. (J.L.)

Siz-S - Bizarrement (Clip officiel)

3. L'album rock

«Cavalcade»
Black Midi
Rough Trade
Note de L'Echo: 3/5

Auteur d'un ébouriffant «Schlagenheim» en 2019, Black Midi, groupe ou plutôt collectif anglais originaire de Croydon – banlieue pourrie de Londres ­–, continue sur sa lancée... c'est-à-dire au galop. En effet, Calvacade combine encore les influences du free-jazz au rock en passant par le lo-fi, une sorte de fusion que la pochette – entre abstraction, réalisme et futurisme –, rend parfaitement.

Morceau introductif, «John L» a en effet tous les atours d'une galopade syncopée très free jazz, qui bouscule et rue, tentant de désarçonner l'auditeur, lequel parvient néanmoins à rester en selle. Avec une volonté affichée de déconcerter, le quatuor alterne le post-punk minimaliste à la Fishbone d'un «Dethroned» qui tranche avec le calme, crooner et jazzy de l'alangui (9 minutes!) «Ascending Forth», dont l'ambiance et parfois la voix évoque David Johansen.

Patchwork

Si «Marlène Dietrich» évoque le style Art déco des reprises jazz de Brian Ferry sur «As Time Goes By», l'atmosphérique et quasi lynchéen «Diamond Stuff» vient à son tour syncoper ce patchwork d'univers disparates sur un album de huit titres. Parfois, un seul morceau, «Slow» en l'occurrence, parvient à compacter, résumer l'impression de ce disque à certains  moments plus bluffant que convaincant, mais qu'il ne faut pas zapper... si l'on aime Frank Zappa. 

black midi - John L

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