Publicité

Classique, pop, rock: vos 3 albums de la semaine

Prince. ©AFP

Cette semaine, trois nouveaux coups de cœur musicaux vous sont proposés par nos critiques.

1. L'album classique

"Weber"

Helmchen/Prohaska/Eschenbach, Alpha

Note de L'Echo: 4/5

Il y a très exactement 200 ans, Berlin réservait un triomphe à "Der Freischütz", l’un des premiers grands opéras romantiques allemands. Cet anniversaire est un bon prétexte, s’il en fallait un, pour célébrer son auteur, Carl Maria von Weber, avec ce florilège dressé par l’excellent Christoph Eschenbach à la tête du Konzerthaus Orchester Berlin. Ce programme subtil et cohérent, aussi varié que le legs de Weber, mort à la veille de ses 40 ans, s’ouvre par l’ouverture riche en couleurs de "Rübezahl", suivie du "Konzertstück" op.79. Pour défendre ce long poème symphonique qui associe virtuosité et tendres élans, Martin Helmchen, l’un des grands pianistes allemands de la nouvelle génération, dose habilement les bouffées de romantisme sans jamais étouffer le discours, d’une limpidité absolue. Du "Freischütz", il était évidemment impossible d’ignorer l’ouverture, laquelle précède deux airs célèbres portés avec une éclatante conviction par la soprano Anna Prohaska. Et pour conclure cette escapade en excellente compagnie dans l’Allemagne des années 1820, la féérique ouverture d’"Oberon". Qui allait ouvrir la voie à un certain Wagner…

 St. R.

Weber

2. L'album pop

"Welcome 2 America"

Prince, Legacy Recordings

Note de L'Echo: 3/5

Voici cinq ans que Prince nous a quittés. Et ce nouvel album, sorti de terre, est le premier opus posthume. Mais depuis son décès, on a eu droit, chaque année, à la réédition d’un de ses plus glorieux albums tels "Purple Rain", "1999" et "Sign’O The Times". C’est à se demander pourquoi cet enregistrement-ci, datant de 2010, ne fait surface qu’aujourd’hui. En tout cas, de son vivant, il semble que Prince ne comptait pas le publier. Il est vrai qu’en 2010, il offrait "20Ten" et se focalisait sur sa tournée. On avait même pu l’applaudir sur la plaine de Werchter en juillet de cette année-là. L’argumentaire promo de cet album met en avant les thèmes des morceaux qui abordent l’état de l’Amérique tel qu’il était après l’investiture d’Obama. Le racisme, la politique, la religion, les réseaux sociaux, la célébrité, autant de questions sur lesquelles l’homme de Minneapolis avait son avis, bien qu’il ne soit jamais passé pour un grand protest singer. Mais toute la fougue et le génie de Prince ne se retrouvent pas dans cet ensemble de douze titres enregistrés, paraît-il, en une semaine. Avec des choristes qui lui volent parfois la vedette…

J. L.

Welcome 2 America

3. L'album rock

"Jubilee"

Japanese Breakfast, Deed Oceans

Note de L'Echo: 3/5

Bon, n’ergotons pas sur le titre: "Jubilee", c’est tout de même mieux que "Noces d’or"! Japanese Breakfast est le déguisement théâtre No de Michelle Zauner. Cette jeune femme à la voix de petite fille boudeuse qui rappelle à la fois les Sundays ("Tactics") et les Bangles ("In Hell"), propose ici un album de pop paradoxalement "adulte", qui n’hésite pas à se souvenir d’années 80 que la demoiselle n’a certainement pas connu: "Be Sweet", deuxième morceau sur dix d’un CD finalement assez court, les chansons se voulant catchy – comme on dit – sans en rajouter, évoque le "Voyage Voyage" de Desireless; le suivant, "Kokomo, In" glisse, sans tomber, sur des violons qui, dans cette mélodie, tiennent évidemment... la corde. Ils sont parfois remplacés par des cuivres, sur "Slide Tackle", timidement jazzy, le saxo très Sade venant par moments replacer cette voix plus lassante que lascive à la longue. Heureusement, l’angélisme ingénu de Jubilee connaît des pauses, notamment sur le trip-hop ("Posing in Bondage") ou le producteur-instrumentiste vient faire contrepoint avec bonheur, afin d’empêcher le disque de sombrer dans le mièvre. Concédons que le résultat est plutôt aérien ("Sit") et parfois un peu plus secoué ("Savage Good Boy"). Japanese Breakfast, d’origine... coréenne, sort cet album quelques mois après sa bio, suite au décès de sa mère, victime d’un cancer: sans doute ce mélange de pop eighties indie se veut-il un bel hommage à la mère... partie.

B. R.

Be Sweet

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés