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Comme Chopin, Lisiecki a tout de suite été touché par la grâce

"J’évite les excès d’émotion et de rubato. Il est facile pour un pianiste de se perdre dans la musique de Chopin, en s’éloignant de la vérité de la partition." ©Holger Hage

Plébiscité par les plus grandes salles, le génial pianiste canadien d’origine polonaise sera, vendredi et samedi, à la Salle philharmonique de Liège, après Vienne et avant Berlin, pour y interpréter le très romantique "Concerto pour piano" de Grieg.

22 ans à peine. Et déjà l’un des plus émouvants pianistes de sa génération. Jan Lisiecki, sous contrat dès 15 ans avec Deutsche Grammophon, est l’un de ces talents que rien ne semble devoir arrêter. Le sien, sourire et gentillesse en prime, révèle un merveilleux explorateur du piano romantique, et particulièrement d’un Chopin débarrassé de toute guimauve qui plaît au public et à la critique. Son dernier CD ("Chopin pour orchestre") vient d’ailleurs d’obtenir un Echo Klassik en Allemagne…

Mais commençons, évidemment, par Chopin, que vous jouez admirablement. Votre sang polonais?

(Il rit.) Je suis né au Canada, de culture polonaise, oui. Mais je ne le joue pas très polonais, et certainement pas de la manière dont on l’enseigne en Pologne. J’évite les excès d’émotion et de rubato. Il est facile pour un pianiste de se perdre dans la musique de Chopin, en s’éloignant de la vérité de la partition. Certains la jouent trop romantique. Or cette musique très sentimentale parle d’elle-même. Il n’est pas nécessaire d’en rajouter, d’autant que tout le monde l’aime. Les excès dans l’interprétation ne respectent pas la personnalité de Chopin.

Jan Lisiecki - Chopin: Works for Piano & Orchestra (Trailer)

Quelques mots sur Grieg, que vous nous offrez à Liège?

Il insiste beaucoup plus que Chopin sur le dialogue constant entre le soliste et l’orchestre. Cette conversation est fondamentale dans ce concerto. Mais c’est aussi une musique qui me rappelle mon Canada, qui a en commun avec la Norvège de Grieg d’immenses paysages et de longues nuits d’hiver. Très inspirant…

"On peut tout écouter sur YouTube, mais ce n’est qu’en allant au concert que l’on devient une partie de cette histoire."

Votre imaginaire vous nourrit autant qu’une partition?

Oui, car toute musique raconte une histoire. Elle doit captiver autant l’interprète que le public. On peut tout écouter sur YouTube, mais ce n’est qu’en allant au concert que l’on devient une partie de cette histoire. C’est la différence qu’il y a entre la musique et d’autres arts, telle la peinture. Une toile de Magritte sera toujours la même. La musique, jamais. Quel que soit son âge, elle n’existe que lorsqu’on la joue, dans l’instant, jamais pareille.

En pratique

Les 17/11 (20h, en direct sur Musiq’3) et 18/11 (16h), avec l’OPRL, dirigé par C. Arming.

Également au programme: l’ouverture des "Joyeuses commères de Windsor" de Nikolai et la "Symphonie n°3" de Schumann.

www.oprl.be

Vous avez encore beaucoup à apprendre?

Oh oui… Lorsque je joue avec de grands chefs, je vois qu’ils cherchent aussi, encore et toujours, et se demandent même parfois pourquoi cela a fonctionné! La musique est vivante. Son interprétation varie sans cesse, en quête d’une perfection, d’un idéal… que l’on n’atteindra pas.

Le piano est votre prolongement. Et aussi un ami?

Oui! Mais comme chez les amis, il y a des choses que l’on aime, et d’autres moins. Il ne faut regarder que ce qui nous plaît. Chez les amis comme chez les pianos!

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