portrait

Damso, moins sale, mais toujours aussi fort

Sorti il y a une dizaine de jours à peine, le nouvel album de Damso caracole en tête des meilleures ventes. Le rappeur bruxellois était et reste décidément un phénomène.

En Belgique francophone, les chiffres sont là, certifiés par l’Ultratop, "le seul classement officiel"! Numéro un des meilleures ventes de singles: "BXL Zoo", par Damso accompagné pour l’occasion de cet autre Bruxellois qu’est Hamza. Numéro un des meilleures ventes d’albums: "QALF", toujours par Damso.

Le Profil

1992: Naissance à Kinshasa, le 10 mai, de William Kalubi Mwamba alias Damso. Son père est cardiologue, sa mère travaille alors pour une grosse société minière.

2001: Arrivée en Belgique. Installation à Kraainem.

2012: Il sort son premier "son", un morceau intitulé "Brouillard".

2016: Sortie de son premier album, "Batterie faible".

2017: Sortie d’"Ipséité", son deuxième album. On retrouve aussi Damso sur la vraie-fausse b.o. de "Tueurs", le film de François Troukens, rassemblant la crème de la crème du rap belge. Ce dernier le mettra en scène dans un court-métrage, "Bang bang", aux côtés de Bouli Lanners et JoeyStarr.

2018: Sortie de son troisième album, "Lithopédion".

2020: Sortie de "QALF"

Le patron du rap noir/jaune/rouge reprend donc place sur son trône, assis sur ces résultats d’autant plus remarquables qu’ils combinent téléchargements et "physique". De fait, "QALF" est d’abord sorti sur les plateformes le 18 septembre dernier avant d’arriver comme l’on dit "dans les bacs" vendredi passé. Et il n’y a pas qu’au plat pays! Voilà un bail que la France s’intéresse aussi à ce qui se fait sur notre scène rap et que quelques-uns de ses représentants font courir les foules dans l’Hexagone. Parmi eux, Damso bien sûr, un temps même signé sur le label du remuant Booba.

"QALF", acronyme de "Qui Aime Like Follow" et clin d’œil aux humeurs de la génération réseaux sociaux, est un album moins trash de prime abord. Parce que cette fois son auteur n’y fait pas que rapper mais chante. Parce qu’il se révèle sous un jour plus romantique. Parce qu’on y entend ce gamin dont il est devenu père en 2017. N’empêche, les pérégrinations de sa famille qui a fui le Zaïre de Mobutu en déliquescence ont oblitéré ses dernières illusions sur le monde en général et l’humain en particulier. Sa "trashitude" (ou "faire du sale", comme il dit) remonte même à l’enfance, ainsi qu’on a pu le lire chez nos confrères du magazine Larsen: "J’étais un petit gars solitaire, pas très sociable. Toujours dans mon coin. Je ne m’attachais pas, je n’aimais pas les gens. J’écrivais déjà à huit ans, mais timidement, personne ne savait… J’écrivais sur les choses que je vivais, je m’inventais des consciences, ça partait assez loin. Des histoires délirantes, des trucs trashs parfois."

Damso, "Deux toiles de mer" ("QALF")

Les fans adorent, les antis s’offusquent

À force, le trait est resté. Les fans adorent, les antis s’offusquent. Jusqu’à faire reculer l’Union Belge de Football en 2018, alors qu’elle avait imaginé de demander à Damso le nouvel hymne des Diables Rouges à l’approche de la Coupe Du Monde. Pourquoi pas: la génération dorée des Hazard & co écoute du rap, plus trop le Grand Jojo. L’affaire ne s’est finalement pas conclue mais "Humains" peut néanmoins s’écouter et l’intéressé, lui, n’en démord pas: vulgaire d’accord, mais il aime les femmes. Ou comme il le disait également dans Larsen: "Les femmes sont la base." Sur "QALF", il évoque sa maman dans un morceau intitulé "Rose-Marthe’s Love" et invite pour la première fois une fille, Marie-Pierre Kakoma alias Lous and the Yakuza, sur "Cœur en miettes".

Damso poursuit son bonhomme de chemin. Accorde des interviews au compte-goutte quand elles le sont, accordées. Et soigne sa promo. Dernièrement, c’était par le biais d’un séjour sur sa terre natale, à Kinshasa, amplement scruté par la presse, il va sans dire. C’est d’ailleurs là qu’a été orchestré une partie de l’affichage annonçant la sortie du disque. Comme il le confiait au journal Libération, il n’y a pas de raison que l’Afrique passe en dernier!

Les disques des frangins

C’est par l’un de ses frères qu’il s’est mis au rap, lequel frère rappait à l’époque dans un groupe bruxellois appelé HBZ. À 12 ans, Damso écoute les disques de ses frangins, notamment des Américains comme Tupac Shakur et The Notorious B.I.G. Il commence ensuite à composer des beats sur "un vieux logiciel pourri", HipHop eJay. Son idée fixe: se dépasser!

Fondation humanitaire

Damso entend s’activer contre ce qu’il voit comme une exploitation illégale des ressources minières du Congo, notamment par le biais de sa fondation humanitaire "Vie sur nous". Les seuls métaux précieux qu’il touche sont virtuels, voyez ses ventes, mais la notoriété qu’ils entraînent le dynamise: "On va déranger", a-t-il ainsi promis l’an dernier.

Platine pour chaque album

"Batterie faible" est double Disque de Platine en France (plus de 200.000 exemplaires vendus) et Platine en Belgique. "Ipséité" est six fois Disque de Platine en France (plus de 620.000 albums vendus) et double Platine en Belgique. "Lithopédion" est triple Platine en France (plus de 360.000 exemplaires) et presque double Platine chez nous.

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