Délices radiophoniques et nostalgiques!

Flagey on Air propose des diffusions live et différées de concerts de musique classique exceptionnels. ©Kristof Vadino

A déguster sur place ou à écouter partout en août : sur un mode rétro, Flagey on Air propose des diffusions live et différées de concerts de musique classique exceptionnels.

Un compte à rebours peu avant 20 heures, un jingle lancé dans la salle et, au signal d’un présentateur, une “claque” qui applaudit comme jadis: chaque dimanche soir du mois d’août, en direct du mythique studio 4 de Flagey, les concerts qui seront retransmis sur Musiq3 dégageront un petit parfum d’antan. Une plongée dans la “Maison de la Radio” de la fin des années 30, en somme, où les notes s’envolaient sur les ondes de l’INR, pour des émissions enrichies d’interviews, d’analyses et de conversations captivantes avec les artistes... L’ambiance de ce nouveau concept, mis conjointement sur pied, au début de l’été, par Flagey, Musiq3 et Klara (qui diffusera, elle, les concerts en différé), devrait évoquer celle du Reine Élisabeth, mais avec un public certes masqué et drastiquement réduit – une jauge limitée à 100 personnes, pour une capacité maximale de 862, ça laissera de la place pour les jambes. Mesures sanitaires obligent, ni vestiaire ni bars et, en outre, des spectateurs conviés à rester assis pendant les pauses, qui seront meublées en live par les propos (essentiellement en français) que les animateurs de radio échangeront avec leurs invités, autour des œuvres jouées.

Flagey on Air

Les 2, 9, 16, 23 et 30 août, de 20 à 22h, en direct de Flagey et sur Musiq3.

Plus d'infos sur www.flagey.be

Au programme du mois d’août, cinq concerts d’excellents interprètes, majoritairement belges et fidèles de Flagey: en compagnie du pianiste Eugene Asti, la soprano Sophie Karthäuser ouvre la danse, le 2 août, par des mélodies françaises et allemandes (Satie, Debussy, Fauré, Schumann et Brahms), avant de passer la main, le dimanche suivant, au Trio Capricorn pour des pièces étonnantes et méconnues (Bridge, Loeffler, Poldowski) du romantisme tardif fin de siècle. La clarinettiste virtuose Annelien Van Wauwe et le pianiste Severin von Eckardstein, lauréat du Reine Élisabeth en 2003, joueront ensuite, notamment, d’ingénieuses miniatures de Berg, ainsi que la "Klaviersonate" de Brahms et le "Fantasiestücke" de Schumann. Le duo composé de la violoniste lettonne Vineta Sareika et de la pianiste française Amandine Savary enchantera à son tour Mozart, avant de passer la main au TrioFenix, ensemble belge dont la combinaison à cordes peu ordinaire (violon, alto et violoncelle) clôturera joyeusement le bal de cette série d’été originale.

"Un concert sans public, c’est toujours un peu froid"

Annelien Van Wauwe, 32 ans, clarinettiste virtuose et professeur

Invitée de Flagey on Air, où elle se produira le 16 août en compagnie, pour la première fois, du pianiste Severin von Eckardstein, la jeune Belge polyglotte et cosmopolite, qui vit à Berlin et enseigne la clarinette à Anvers, Madrid et La Haye, sort particulièrement ragaillardie du confinement...

Jouer pour une émission de radio "comme dans le temps", ça vous fait quel effet ?

Enregistrer un concert exige toujours une concentration accrue. L’absence d’auditeurs et la présence des micros, en général, les musiciens n’aiment pas trop... Ça fait bizarre. Mais ici, la formule est super: on aura quand même un public de 200 personnes, et ça, c’est génial, parce qu’on perçoit vraiment leur énergie sur scène.

Vous, aussi à l’aise dans le classique que le contemporain, et qui semblez onduler, en jouant de votre instrument, paraissez absolument imperméable au trac...

Je le ressens, mais il n’est pas vraiment source d’angoisse. Le stress d’avant le spectacle est positif, il me procure l’adrénaline nécessaire à l’effort. Surtout, je pratique énormément de yoga, et ça me permet de très bien contrôler le stress... ou le cacher !

Le long confinement vous a-t-il paru une torture ?

Au début, c’était très dur de recevoir tous ces mails d’annulations de concerts. Mais après, j’ai travaillé la clarinette dehors, dans la nature, et je l’ai plutôt bien vécu. Durant deux semaines, j’ai aussi mis en ligne, chaque jour sur Youtube, une série de courtes vidéos pédagogiques d’échauffement pour clarinettistes. Ces exercices très efficaces ont eu beaucoup de succès ! Je les ai appelés "Wauw! Warm up", parce qu’étant Belge, je ne renonce jamais à l’humour !

©Marco Borggreve

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