Des vidéos et autant de promesses de se revoir

Sylvia Huang jour le Sonate d'Ysaÿe dans son salon, à Amsterdam. ©Flagey

Flagey a lancé sur Facebook et YouTube "Flagey chez soi": des artistes maison jouant dans leur salon.

Flagey chez soi
Vidéos à découvrir

>sur la page Facebook
>la chaîne YouTube
>et le site de Flagey.

Les canaux digitaux se sont tout de suite mis à chauffer dès que l’on a appris la fermeture des salles de concert. Les grands opéras, à commencer par le Met de New York, ont rapidement mis en ligne des saisons alternatives, puisant dans leurs captations quand elles parvenaient à en obtenir les droits. La Monnaie n’était d’ailleurs pas en reste, avec sept productions récentes (notre article du 18 mars). Tout le monde s’y est mis, ou presque.

De l’autre côté de la barrière, les artistes privés de scène en ont improvisé une dans leur salon. Depuis près d’un mois, on peut voir le fameux violoniste Renaud Capuçon donner chaque jour un mini-récital sur Twitter et Facebook, avec un compère pianiste l’accompagnant à distance.

La créativité se décuple ainsi avec à la clef des performances bluffantes, comme les musiciens de l’Orchestre de Radio France jouant le "Boléro" de Ravel chacun dans leur salon (ici la vidéo) – formule d’ailleurs reprise par l’Orchestre National de Belgique (ici, la vidéo) – ou lorsqu’Igor Levit, grand spécialiste de Beethoven, joue la sonate "Waldstein" quelque part en Allemagne mais retransmis en direct par le compte Twitter du Wigmore Hall de Londres, sur le coup de 20 heures. Quelle émotion!

Beethoven n’est évidemment pas absent de la formule que présente Flagey, à Bruxelles, "Flagey chez soi", des vidéos réalisées chez eux par les artistes récemment venus à Bruxelles, qui étaient programmés en cette période ou qui doivent venir la saison prochaine, avec en tête les 250 ans de la naissance du compositeur allemand.

Tamara Stefanovich, une jeune pianiste yougolsave (sic) vivant à Berlin avec son fils de 5 ans, Arthur, gratifie ainsi la chaîne YouTube de Flagey d’une sautillante "Bagatelle", non sans avoir d’abord invité l’auditeur à faire du yoga et un peu de méditation s’il ne veut pas ressembler à la statue africaine que l’artiste désigne du doigt sur sa table de salon...

Flagey chez soi: Tamara Stefanovich

Un brin d’humour et de simplicité recherchés par Gilles Ledure, le directeur de Flagey. "Offrir quelque chose de virtuel n’avait de sens que si nous pouvions développer le sens du partage. Il est très rare que nous vivions tous la même chose au même moment. On voulait que Flagey soit une compagnon de route et dire: ‘Vous n’êtes pas confiné seul’."

Transposer l’"expérience Flagey"

C’est aussi essayer d’adapter au canaux numériques ce qui a priori n’est pas transposable: la qualité acoustique incomparable des Studio 1 et 4, des volumes à taille humaine où chacun se croise et une architecture Art déco lambrissée qui diffuse sa beauté nostalgique. "Je suis traditionnaliste avec ça", dit d’ailleurs Gilles Ledure. "Il faut placer l’art dans un écrin qui lui sied, mais il est vrai que ce genre de teasers est appelé à se généraliser."

Nelson Goerner, en résidence pour quatre ans, s’est fendu de deux vidéos où il renoue avec les Chopin qui ont fait sa renommée mondiale.

Certains sont carrément des mini récitals. Nelson Goerner (lire ici notre portrait), en résidence pour quatre ans, s’est ainsi fendu de deux vidéos où il renoue avec les Chopin qui ont fait sa renommée internationale. "Barcarolle", "Berceuse" et autres "Scherzi" s’enchaînent sur son Steinway modèle B avec cette maîtrise incomparable du clavier et ces couleurs lumineuses, audibles sur n’importe quel smartphone.

Flagey chez soi: Nelson Goerner (Recital 1)

Autre habitué, Julien Libeer déroge à la règle en reprenant un ancien enregistrement d’une "Suite française" de Bach. Mais c’est un teaser dans le teaser, car il nous annonce en préambule qu’il prépare les "Préludes et Fugues" de Bach pour les donner un jour à Flagey, mais qu’il n’en est actuellement qu’au dix-septième...

Sylvia Huang, dans sa chambre d’Amsterdam, nous rappelle avec sa Sonate pour violon seul d’Ysaÿe, qu’elle est allée très loin au Reine Elisabeth. Et puis, il y a du swing avec Antoine Pierre & Jean-Paul Estiévenart ou le Gainsbourg très bossa nova d’Elina Duni, programmée à l’automne. Liste non exhaustive. "Autant de promesses de se revoir", lance Gilles Ledure.

Flagey chez soi: Elina Duni

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