Elodie Vignon charme Debussy

©cypres

Dans le flot d’enregistrements convenus pour le centenaire de la mort de Claude Debussy, celui d’Elodie Vignon est un ovni. Poétique et lumineux.

Pour son premier CD, la jeune et talentueuse pianiste nous offre un Debussy aussi courageux que charmeur. Voici, en effet, les douze "Etudes", qu’elle complète par douze poèmes écrits à sa demande par Lucien Noullez et dits par Clara Inglese. Oser ces "Études", qui ne sont pas les pièces les plus jouées ni les plus populaires, tout en les complétant par de la poésie, art du passé dans un monde de brutes, voilà qui relève d’un salutaire désir de liberté créatrice face aux diktats commerciaux. Les "Études" de Debussy forment en effet le dernier recueil pour piano compsé en 1915 par le compositeur, atteint d’un cancer qui l’emportera quelques mois plus tard.

"Elles sont réputées austères, et même parfois un peu scolaires, explique Elodie Vignon. Mais je suis toujours surprise par la réaction du public qui les découvre lorsque je les joue en concert, et qui tombe immédiatement sous leur charme." Lequel opère très vite sous les doigts de la pianiste. "Ce sont des pièces très courtes. Et pourtant, Debussy installe dans chacune d’elles une atmosphère unique, en éveillant tous nos sens avec très peu de musique. Même sans connaître le contexte dramatique de leur naissance, elles distillent une grande émotion. J’y sens des odeurs, j’entends le vent dans les feuilles, j’y vois autant de couleurs que dans une exposition de tableaux..."

Les poèmes de Lucien Noullez, soulignent avec une saveur toute contemporaine les "Études" magnifiées par les doigts d’Elodie Vignon.

Car si elles referment la boucle de sa vie, les "Études" posent également des jalons pour l’avenir, note Elodie. "On y croise le compositeur de la jeunesse, avec des lignes très pures, autant que celui qui voisine avec Bartok et se révèle visionnaire. Au fond, ce cycle, c’est la dernière note, celle qui termine la phrase musicale, mais qui est aussi la première de la phrase suivante." Une modernité que les poèmes de Lucien Noullez, composés en écoutant les "Études" magnifiées par les doigts d’Elodie Vignon, soulignent avec une saveur toute contemporaine.

En concert au Conservatoire de Bruxelles ce 24 mars et à la Fondation Bell’arte (Braine l’Alleud) le 25 mars. www.elodievignon.com

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