Festival Musica Mundi: "Il était impensable de pénaliser nos jeunes musiciens"

Ultime répétition "live" pour le festival de la Musica Mundi School: pour pouvoir jouer malgré les restrictions liées au coronavirus, le festival se jouera en version digitale cette année. ©Christophe Gillain

Edition 100% digitale pour le festival de la Musica Mundi School, qui célèbre ses (brillants) élèves au terme d’une année chahutée par le confinement. "Mais réussie", triomphe Hagit Hassid-Kerbel, fondatrice de ces humanités musicales uniques en Europe.

"Je ne suis pas prête d’oublier 2020 !" Elle en a pourtant vu d’autres, Hagit Hassid-Kerbel. Après avoir porté pendant vingt ans, avec son mari le violoniste Leonid Kerbel, le stage-festival Musica Mundi à Waterloo, elle donnait naissance en 2018 à un bébé longuement mûri : la Musica Mundi School, dans l’ancien monastère de Fichermont. Ces humanités musicales, certifiées par Cambridge, accueillent en internat une quarantaine de jeunes musiciens de 10 à 18 ans, venus du monde entier suivre les cours de musiciens de haut vol. On imagine l’énergie qu’il a fallu aux Kerbel pour aboutir à un tel projet. Mais, lorsque le 13 mars, la Belgique entre en confinement, "j’ai vécu l’une des pires journées de ma vie !", s’exclame Hagit, en ponctuant le constat d’un mot difficile à reproduire ici… Car le défi est double: poursuivre les cours et sauver le traditionnel festival de l’été.

Musica Mundi, c’est d’abord une école. Comment avez-vous géré le confinement?

Nous avions à ce moment 34 jeunes de 19 nationalités. Avec le soudain confinement, nous avons dû réorganiser en 24 heures leur retour en Chine, en Malaisie, aux États-Unis, en Australie et un peu partout en Europe. Mais pas question que l’école s’arrête. Dès le 17 mars, tous les cours étaient donnés en visioconférence. Vu le décalage horaire, certains étudiants avaient cours jusqu’à minuit. Depuis la réouverture du 18 mai, 22 des 35 élèves ont déjà réintégré l’école, les autres étant toujours bloqués dans leurs pays. Eh bien, les professeurs ont donné leurs cours en même temps en présentiel et en visioconférence!

Restait le problème du festival, organisé chaque année au Château du Lac…

Il ne nous était pas possible d’attendre que le secteur culturel soit fixé sur son sort. Dès avril, nous avons décidé d’annuler le festival au château. Cela dit, le core business de Musica Mundi, ce sont les jeunes musiciens. Nous avons voulu qu’ils soient plus que jamais en première ligne. Notre festival aura donc lieu dans la salle de concert de notre école, sans public, mais en live streaming. Il y aura beaucoup d’Européens et nous espérons aussi des Russes et des Biélorusses, mais malheureusement, d’autres nationalités, plus lointaines, seront absentes.

Avec quel soutien logistique?

Celui de TVcom, la télévision du Brabant Wallon, qui nous épaule depuis toujours. Les équipes retransmettront en direct les quatre concerts du festival sur le site de Musica Mundi, ainsi que sur YouTube et Facebook. Grâce au soutien de Proximus, l’école avait été équipée dès le départ d’une fibre optique. Qualité absolue! On a profité du concert de fin d’année, le 24 juin, pour vérifier que c’était au point. Jugez par vous-même: le concert est toujours sur le site…  (Concert très pro et jeunes talents impressionnants, on confirme, NDLR). Pour enrichir notre festival, nous ajouterons trois films d’archives, dont celui réalisé à Bozar lors du concert des 90 ans d’Ivry Giltis. Il y aura aussi trois master classes en live streaming, avec le violoncelliste Mischa Maisky et le pianiste Jacques Rouvier sur place à l’école, ainsi qu’avec  le violoniste Maxim Vengerov depuis Saint-Petersbourg.

Si c’était à refaire?

Sans hésiter! Pour des jeunes qui s‘engagent dans une voie si ardue, la musique représente un apprentissage tellement délicat et exigeant qu’une année interrompue peut mettre tout une formation en péril. C’était impensable.

Festival Musica Mundi

Du 20 juillet au 2 août

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