chronique

Fishbach, la fille électrique

Fishbach est la nouvelle sensation de la pop française depuis Christine & The Queens.

Dans un fauteuil de l’Archiduc, le célèbre bar de la rue Dansaert, Fishbach laisse refroidir sa soupe miso pendant l’interview. Juste avant, elle a joué live trois des chansons figurant sur son premier album, "À ta merci", qui lui a déjà valu la cover des Inrocks. Ce petit showcase pour happy few laisse augurer du meilleur pour une artiste que l’on verra certainement dans les grands festivals de l’été et avant cela, aux Nuits Botanique. Seule à la guitare, avec une chapka sur la tête, Fishbach fait forte impression. On imagine ce que cela donnera avec un groupe pour l’encadrer.

Fishbach est le nom de sa maman. Elle aime l’image du poisson qui remonte le cours de la rivière comme dans "fish" et "back". Née un 6 septembre, il y a vingt-cinq ans, à Dieppe, Flora -c’est son prénom- est au centre de l’attention des passionnés et des pros de la musique. Elle se dit flattée mais semble garder la tête sur les épaules. "J’ai beaucoup travaillé dans le grenier de chez mes parents que j’appelais le purgatoire." Aujourd’hui, sa maman peut constater que sa fille travaillait vraiment.

Qu’avez-vous suivi comme études?

Des études de rien du tout. J’ai arrêté l’école à quinze ans et demi. Je m’ennuyais terriblement. J’ai trouvé un boulot de vendeuse de chaussures puis, j’ai été photographe. Je vivais tantôt chez mes parents, tantôt chez mes amoureux. C’était l’école de la vie. J’ai toujours vécu ma vie comme je l’entendais. Puis, j’ai rencontré un garçon avec lequel j’ai fait de la musique durant quatre ans.

L’influence de la musique des années 80 est très présente dans vos chansons.

©rv

Je ne l’ai pas fait exprès. J’utilise des synthés numériques et c’est connoté années 80. Je dois dire que c’est la musique qui me fait danser. Au début des années 2000, je ne m’y retrouvais pas dans la variété française. Plus tard, je suis beaucoup sortie et j’ai écouté beaucoup de techno. Mes textes sont très sombres sur des musiques qui pourraient donner l’envie de taper du pied. J’espère que mon album est moderne.

Certaines de vos chansons parlent d’amour. Êtes-vous amoureuse en ce moment?

Fishbach - À ta merci

Oui. Mais c’est un amour particulier. Je n’ai pas besoin de l’autre, j’ai envie de l’autre. J’ai été imbécile avant.

Quelle femme désirez-vous être?

J’aimerais pour toujours être la femme que je suis aujourd’hui. Je déverse mes peines dans mon art ce qui me permet d’être plus équilibrée dans la vie. Y en a qui font du sport pour se sentir bien, moi, je chante.

Dans votre voix, on reconnaît un peu de Françoise Hardy et de Catherine Ringer…

Et pourtant, elles n’ont pas du tout la même voix. Des fois, je dis que je joue la chanteuse. Mais je ne suis pas non plus imitatrice. J’adapte ma voix suivant l’état dans lequel je suis.

Fishbach, est-ce un peu comme un concept?

"Rimbaud, je le déteste. Mais c’est grâce à lui que Patti Smith est venu chanter dans ma ville."

Oui, celui de la dark side d’une jeune femme de vingt-cinq ans qui s’est démerdée.

Dans vos textes, certains reconnaissent une influence de Mylène Farmer, qu’en pensez-vous?

Quand j’étais gamine, je ne l’aimais pas du tout. J’ai changé depuis.

Vous avez grandi à Charleville-Mézières, la ville de Rimbaud.

Et de Fourniret… Rimbaud, je le déteste. Il détestait sa ville. Enfin, je crois qu’il aurait détesté Fishbach si on l’avait obligé à l’apprendre par cœur à l’école! (Rires). Je n’ai pas sa poésie mais pas son arrogance non plus. Mais c’est grâce à lui que Patti Smith est venue chanter dans ma ville.

Vous chantez "Le meilleur de la fête". C’est à quel moment, le meilleur de la fête?

Quand on a senti le meilleur de la fête, c’est le moment de partir. C’est une fugue. Je pars souvent sans dire "au revoir". Mais la chanson, elle, parle de suicide. Je suis d’avis que chacun doit pouvoir choisir sa mort.

Vous intéressez-vous à la mode?

Fishbach, "À ta merci". 1CD SonyMusic. Note: 4/5

Je trouve cela fascinant mais je ne parviens pas à faire du shopping. Cela m’angoisse. J’aime beaucoup la mode du 19e siècle parce que c’est romantique et que je suis une romantique. Et j’ai la chance que Nina Ricci ait eu envie de m’habiller.

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