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Frank Peter Zimmermann, Martin Helmchen, Adrien Gallo, Tropical Fuck Storm: la tempête musicale du week-end

Le violoniste Frank Peter Zimmermann et le pianiste Martin Helmchen.

Vous être plutôt classique, pop ou rock? Il y a pour tous les goûts ci-dessous avec des "sonates de Beethoven", "Là où les saules ne pleurent pas" et "Deep States"...

Classique

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"Beethoven – The violin sonatas"
Frank Peter Zimmermann/Martin Helmchen,
Bis

Pas question pour le violoniste Frank Peter Zimmermann et le pianiste Martin Helmchen de quitter les sommets où ils nous avaient entraînés avec leurs deux précédents volumes. Le troisième et dernier tome de leur intégrale des sonates pour violon de Beethoven (8, 9 et 10) plane à la même altitude, enivrante, et si l’on n’avait pas peur de rabâcher l’expression consacrée d’enregistrement "de référence", on la brandirait volontiers.

Non que cette lecture-ci éclipse les quelques autres intégrales qui la méritent, dont la dernière en date nous a été offerte par Lorenzo Gatto et Julien Libeer. Mais le duo Zimmermann/Helmchen prend une direction inhabituelle, qui tranche sur des approches pouvant paraître plus "classiques".

Absolue complicité

Son absolue complicité, servie par une prise de son superlative, tient de l’incandescence du métal en fusion, tant l’équilibre est parfait dans ces sonates "pour violon" où le piano d’Helmchen, souverain, fait jeu égal avec l’archet diabolique de Zimmerman. Articulations, couleurs, timbres, phrasés – et prises de risques –, c’est un Beethoven sans bidouillage faussement romantique qui est à la fête. Et nous aussi. Superbe, la Kreutzer… (St.R.)

Frank Peter Zimmermann et Martin Helmchen, "Violin Sonata No. 9"

Pop

●●●●O
"Là où les saules ne pleurent pas"
Adrien Gallo
Warner Music

À trente-deux ans, Adrien Gallo entend bien ne pas être réduit à son statut de leader des BB Brunes qui affolaient les ados, dans une autre décennie. Ce deuxième album solo est né du confinement et de l’impossibilité de tourner avec son groupe. Mais il est né aussi après une rupture, une renaissance amoureuse et la naissance de petits jumeaux. "Là où les saules ne pleurent pas" est un bijou de chanson française de quelqu’un qui connaît bien Michel Berger, William Sheller et Anne Sylvestre…

Au paradis avec Vanessa

Soigneusement alignées, les douze propositions d’Adrien font la part belle autant aux textes qu’aux musiques. Le quintet à cordes, la guitare acoustique, le piano, la batterie accompagnent ces chansons qui font le pont entre la pop et la chanson française classique. Vanessa Paradis, qui a toujours adoré Adrien Gallo comme auteur-compositeur, l’a rejoint sur deux titres, "Les jolies choses" et "Les clochettes de mai". Un album délicat et apaisé qui fait du bien. (J.L.)

Adrien Gallo et Vanessa Paradis, "Les clochettes de mai"

Rock

●●●OO
"Deep States"
Tropical Fuck Storm
City Slang

Il semblerait que le genre foutraque ait le vent en poupe, qu’il s’agisse de Osees, Ty Segall et ses différents avatars… Et voici que les Australiens de Tropical Fuck Storm se placent également dans une veine, certes en beaucoup moins prolixe (trois albums en trois ans seulement!), exploitée également par leurs compatriotes de King Gizzard & The Lizard Wizard, mais en cultivant de surcroît un côté bastringue dans un maelstrom de sons.

Ce qui ne signifie pas que cet album enregistré – devinez quoi? – durant la pandémie soit indigeste, mais seulement composé de morceaux aussi déjantés les uns que les autres, voire claudicants: le trio d’entrée formée par "The Greatest Story Ever Told", "G.A.F.F." et "Blue Beam Baby" semble provenir de Mars, avec un coté SF, guitares ovnis (une bonne partie du quatuor est issu des… Drones) sous ciel de lave en fusion, morceaux à qui les chœurs donnent cependant un semblant de forme à laquelle se suspendre.

Groove et psychédélisme

Heureusement, ce côté zappa-esque et Hawkwind délaisse parfois un psychédélisme volontairement déroutant, à l’image de "The Donkey" et surtout "Legal Ghost", point culminant de cet album: un groove irrésistible sert de support à une ligne de guitare imparable qui lui donne plus de corps encore que les autres titres. Au regard des neuf autres morceaux, une "mer de tranquillité", exempte d’ennui… mais pas de beauté. (B.R.)

Tropical Fuck Storm, "Legal Ghost"

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