interview

Gaëtan Roussel: "Je me suis isolé avec ma guitare"

Gaëtan Roussel. ©Fifou

Sur "Est-ce que tu sais?", Gaëtan Roussel a retrouvé les bases de la musique de ses débuts. Une guitare acoustique, une voix. Et ses lignes limpides pour parler de la résilience ou du goût des autres.

Si on devait le comparer à un sportif, ce serait un champion du triathlon. Chanteur du groupe Louise Attaque, producteur d'artistes tels que Vanessa Paradis ou Bashung, ou encore auteur-compositeur-interprète en solo, Gaëtan Roussel est un maître dans chaque discipline. Lui qui recherche toujours ce moment unique où les mots s’accrochent bien aux notes.

Quel a été votre "mood board" pour cet album?

Sur la forme, un retour à l’acoustique. Donc, j’ai retrouvé ma guitare et je me suis isolé avec elle. Cela diffère de mes autres albums solos où je me trouvais en studio avec d’autres personnes, de l’émulation et beaucoup de bruit. La première fois que j’ai eu un instrument de musique entre les mains, c’était une guitare acoustique et là, elle est redevenue centrale. La deuxième chose, c’était des thèmes qui me tenaient à cœur et je voulais des textes un peu plus définis et plus longs. Je voulais parler de la résilience, la transmission, l’élan, le goût des autres.

"J’essaie de faire différentes choses, des musiques de film, de la radio… Là, je vais commencer une émission de télé à la rencontre d’autres artistes comme Jane Birkin."

Vous chantez: "On ne meurt pas en une seule fois" qui est l’un des morceaux les plus courts de l’album. Et ce titre est répété comme une stance. On l’imagine entonnée par un public debout dans une salle de concert.

C’était surtout cette phrase que j’avais envie de dire parce que, évidemment qu’on meurt. Je n’invente rien, la fatalité, on la connaît tous. Et pas en une seule fois. Parce qu’on prend des coups sur la tête, qu’il y a des moments généreux et d’autres qui le sont moins. Je crois que ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts, mais que surtout, il faut se remettre en selle. C’est pour ça que c’est une stance et la chanson la plus pop.

Vous vous interrogez beaucoup et souvent dans vos chansons. Le faites-vous autant dans la vie?

J’essaie énormément. Après, je suis comme tout le monde. On essaie des choses et le premier janvier, on a tous notre petite liste. J’essaie d’avancer dans ma vie privée et dans ma vie professionnelle. J’essaie de faire différentes choses, des musiques de film, de la radio… Là, je vais commencer une émission de télé à la rencontre d’autres artistes comme Jane Birkin. C’est bien d’être curieux et de se mettre dans des situations que l’on connaît peu. J’espère le faire comme une démarche qui permet d’avancer.

"On ne meurt pas en une seule fois", Gaëtan Roussel

Qu’est-ce qui vous réconforte en premier dans une chanson?

Lorsque je suis parvenu à bien accrocher les mots avec les notes. Et quand je peux la chanter guitare-voix, il y a quelque chose de physique. Ce sont des choses qui se ressentent. Jean-Jacques Goldman disait qu’il n’échangerait jamais un moment d’écriture ou de studio où il ressentait ça contre un moment de scène. Et je vois ce qu’il voulait dire.

"J’ai toujours aimé la manière dont Camélia Jordana cherche de nouvelles choses musicales. Elle est assez libre parce qu’elle le souhaite et parce que sa voix lui permet de chanter ce qu’elle veut."

Goldman est vraiment quelqu’un qui aura compté dans la chanson française.

Je suis fan de Jean-Jacques Goldman depuis très longtemps. J’ai toujours été curieux de ses interviews, de sa manière de voir les choses. C’est un monsieur qui a beaucoup de choses à nous raconter. Il n’en a pas commis qu’une ou deux des chansons qu’on peut mettre à son arc. Je ne me lasserai jamais d’écouter "Sache que je" ou "Veiller tard".

Votre carrière est jalonnée d’expériences musicales très variées. Au sein de Louise Attaque et de Tarmac, en solo ensuite, ou en duo comme avec Rachida Brakni, ou encore comme auteur et producteur pour Bashung et Vanessa Paradis. Vous apparaissez comme un grand individualiste possédant un vrai sens du partage.

C’est vrai que lorsque je m’associe à d’autres artistes, c’est parfois pour raconter ce que j’ai envie de raconter. Ça, c’est pour le pan individualiste. Et puis, dans le partage, je vois bien comment on peut s’aider pour aboutir à une forme d’expression.

Le premier instrument de musique que Gaëtan Roussel a eu entre les mains est une guitare acoustique; un instrument redevenu central pour son nouvel album. ©Fifou

Dans une chanson, vous parlez de faire le tour du monde. Lorsque ce sera à nouveau possible, où vous arrêterez-vous?

Aux Îles Féroé. J’y étais juste avant le confinement. Et j’ai trouvé ça magnifique. Depuis, je regarde régulièrement deux, trois photos et j’ai envie d’y retourner.

Sur cet album, vous interprétez "La photo" en duo avec Camélia Jordana. Pourquoi ce choix?

J’avais déjà chanté avec elle pour un live sur une reprise de Blondie, sur un registre très scandé. Et j’avais adoré. J’ai toujours aimé la manière dont elle cherche de nouvelles choses musicales. Elle est assez libre parce qu’elle le souhaite et parce que sa voix lui permet de chanter ce qu’elle veut. Elle désirait qu’on partage une ballade. Je lui ai proposé cette chanson qui parle de ces photos qui retracent nos vies, les petits et les grands moments.

Avez-vous une idée de la date à laquelle vous reprendriez les concerts?

Ce serait à partir de fin septembre. Aujourd’hui, j’ai commencé à répéter avec les musiciens. On a quelques lives pour des télés et des radios. Cela fait du bien et cela donne encore plus l’envie de repartir sur les routes.

"Je me jette à ton cou", Gaëtan Roussel

Pop / Rock

"Est-ce que tu sais?"

 Gaëtan Roussel, Pias.

Disponible à partir du 19 mars.

Note de L'Echo: 4/5

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés