chronique

Gainsbourg & Co, les icônes des eighties

Décédé le 2 mars 1991, Serge Gainsbourg ne s’est pas laissé oublier ces dernières 25 années. Aussi culte que ses chansons, son personnage de "Gainsbarre" reflète toute une époque immortalisée par le photographe parisien Pierre Terrasson.

Discrète, proche de Bozar, la petite galerie The Bru Sale présente une sélection de photographies grand format de Pierre Terrasson. Depuis près de 40 ans, l’homme suit les stars, principalement du rock. Le 25e anniversaire de la disparition de Gainsbourg est l’occasion de parcourir le travail de ce photographe, témoin privilégié de ce que la scène, française et étrangère, offrait dans les années 80.

"Les années 80 ont vu naître et se développer une génération d’icônes que je n’ai plus retrouvée depuis."

L’exposition "Gainsbarre Etc." se compose d’une trentaine de grands clichés de stars, certains au tout début de leur carrière. Si Serge Gainsbourg constitue le pivot central (Terrasson et lui furent proches), ils sont nombreux à l’entourer: Arno, Bashung, Sex Pistols, Etienne Daho, Les Rita Mitsouko, Vanessa Paradis, David Bowie, Lou Reed, Mike Jagger, U2… Certaines de ces photos ont été publiées dans la presse spécialisée, d’autres ont fait l’objet de pochettes d’album, d’où ce format carré dominant.

©Pierre Terrasson

Pierre Terrasson a suivi ces personnalités lors de leurs premiers pas sur scène, dans les backstages, les a reçues dans son studio, à leur demande… C’est qu’il a l’art de transposer leur marginalité avec une certaine sensibilité. Gainsbourg, à la fois provocant et extrêmement fragile, Vanessa Paradis n’est pas une Lolita, Bono et sa bande sont des gamins un peu perdus, Bowie, si intense et si seul, Les Rita Mitsouko, gravures de mode, Lou Reed, dur, qui semble exiger du photographe qu’il se relève, offrant un des plus beaux spécimens de l’exposition.

"Gainsbarre Etc. Pierre Terrasson. Photographies rock des années 80 mais pas que…"

Galerie The Bru Sale. Du 8 mars au 23 avril.

Ces photos de Pierre Terrasson sont à vendre, les prix oscillants entre 1.000 et 3.000 euros, sauf une. Pour l’avoir, il faudra débourser 10.000 euros en sachant qu’il s’agit d’un simple polaroïd montrant un Gainsbourg pris sur le vif. "J’ai fixé délibérément un prix élevé car, au fond, je ne veux pas la vendre", explique Terrasson, un grand sensible sous cette carrure imposante dans une chemise à têtes de mort. Loin d’être figé dans une époque, le photographe continue à suivre les figures de l’actualité musicale, mais "les années 80 ont vu naître et se développer une génération d’icônes que je n’ai plus retrouvée depuis."

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