interview

Hans Waege: "Reprendre le dessus sur la peur"

©Frédéric Pauwels / HUMA

Pour le patron du Belgian national orchestra, reconquérir le public des concerts classiques passera par la communication de mesures claires. Donc rassurantes.

Fête nationale ou pas, le concert rituel que donnera à cette occasion le Belgian national orchestra (BNO) le 20 juillet n’échappera pas cette année à la règle des 200 spectateurs maximum. Inutile de dire que cela va faire vide dans la salle Henry Le Boeuf de Bozar, qui compte 2.200 places… "On espère que, d’ici là, on pourra en accueillir 400, mais bon…", soupire Hans Waege, intendant du BNO, dans l’attente de nouvelles directives. Nous avons tout repensé sur le plan musical. Il serait temps que l’on tienne compte désormais des spécificités des salles."

Ce n’est pas le cas actuellement? 

Non. La limite des 200 personnes est sans nuances. Or, le BNO joue à Bozar, où la distanciation sociale est aisée à respecter. De plus, le bâtiment compte six entrées et sorties. Il y aura un sens de circulation du public avec, pour chaque billet vendu, un créneau horaire d’un quart d’heure à respecter pour espacer les arrivées. Cette réorganisation concerne aussi les musiciens, dont l’entrée et la sortie de scène ont été réorganisées. Les premières répétitions ont commencé, avec un orchestre de 40 musiciens au lieu de 85, sur une scène élargie. Enfin, la ventilation a été complètement refaite récemment. Alors, 200 personnes, c’est vraiment peu...

"L’ouverture des abonnements, qui a démarré mieux que ce que l’on pouvait craindre, est un signe encourageant."

Comment anticiper la rentrée de septembre, vu que rien n’est certain à ce jour?

Comme les autres grands orchestres de ce pays, nous envisageons toutes les pistes. Nous n’excluons pas des concerts plus courts, donnés deux fois. Il faut qu’un maximum de personnes puissent venir. Cela implique de réfléchir dès à présent à une nouvelle architecture du programme, et de prendre contact avec les chefs, les solistes invités et, bien sûr, l’orchestre. (l’Orchestre philarmonique royal de Liège a entamé une réflexion similaire, NDLR).

La plus grande inconnue reste malgré tout la réaction du public…

En effet. L’ouverture des abonnements, qui a démarré mieux que ce que l’on pouvait craindre, est un signe encourageant. Mais l’on sent malgré tout la crainte d’une partie du public. Il est désormais de notre responsabilité d’organisateurs de bien communiquer, tout en créant des situations sécurisées et sécurisantes. Réinstaller une vie culturelle et artistique devra se faire de manière très progressive si l’on veut que le public retrouve le chemin de nos salles. Il va devoir s’habituer à cette "nouvelle normalité".

Au prix d’une discipline à la japonaise?

Oui, mais c’est sans doute à ce prix que la vie va reprendre le dessus sur la peur!

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