Hoshi: "Il arrive que l’insouciance de l’adolescence me manque"

Hoshi sort ce vendredi un nouvel opus, "Étoile Flippante", qui est une réédition de l’album qui l’a révélée, "Sommeil Levant", augmenté de 13 titres inédits. ©doc

Un an après la sortie de "Sommeil Levant", Hoshi propose "Étoile flippante", soit une réédition enrichie de son précédent album qui reflète la créativité et la générosité de cette jeune artiste.

Puisqu’elle n’a pas pu défendre sur scène son album "Sommeil Levant" sorti l’été dernier, Hoshi a tiré le meilleur parti de la situation en retournant en studio. Et là où, d’ordinaire, les rééditions d’albums se parent d’un ou deux titres inédits, la jeune auteure-compositrice de vingt-quatre ans a senti qu’elle avait la matière pour beaucoup plus. Ses nouvelles chansons ne proviennent pas de fonds de tiroir. "C’est un peu risqué de sortir un tel album en ce moment parce que la promo n’a pas totalement repris son rythme normal et les concerts, pas davantage. Mais je me suis dit que les gens avaient envie et besoin de musique."

Vous nous proposez quelques duos, dont "Pleurs de fumoir" avec Benjamin Biolay.

C’est une chanson qui est née très rapidement mais à laquelle il manquait un couplet. Et je me suis dit qu’elle devait être complétée par Benjamin Biolay et personne d’autre. Il m’a immédiatement donné son accord. Et j’ai vécu notre collaboration comme un coup de foudre artistique. C’est un morceau très rock avec des guitares. Cette rencontre avec Benjamin m’a totalement reboostée.

Vous avez grandi musicalement avec diverses influences, de la chanson française au rock.

Enfant, j’ai beaucoup écouté Jacques Brel et plus tard, les Rolling Stones. Ensuite, le punk et Bérurier Noir. Mon père était punk et forcément, ça m’a inspirée. Je suis aussi très fan d’Indochine depuis "Paradize".

Femme à la mer

"Allez là" passe pour l’un des morceaux les plus accrocheurs de l’album. Quelle en était l’idée de départ?

C’est un de mes tics de langage, "Allez là", notamment lorsque je monte sur scène. On a mis beaucoup de temps à faire cette chanson avec un gros travail sur les arrangements de cordes.

Vous avez invité votre grand-mère sur cet album en lui proposant de figurer sur "Mieux avant".

Ma grand-mère est très impliquée dans mon projet. Elle tient même un carnet de notes où elle inscrit tous mes passages à la télé. Dans cette chanson, nous comparons nos époques respectives. Elle n’avait jamais tenu un micro de sa vie. Être en studio était nouveau pour elle. Ma grand-mère étant d’origine russe, je l’ai toujours appelée Babouchka. Elle est très positive et m’encourage toujours à voir le bon côté des choses.

"Je combats les genres."
Hoshi

Dans un titre de cet album, vous dites n’être plus une ado. Le regrettez-vous?

Il arrive que l’insouciance de l’adolescence me manque. À vingt-quatre ans, j’ai déjà beaucoup de responsabilités et, oui, parfois, j’ai envie de les fuir. Mais c’est impossible.

Aujourd’hui, c’est quoi être une fille réussie?

Dans la chanson où je parle des garçons manqués et des filles réussies, je pose une question à laquelle je n’ai pas forcément de réponse. C’est plus une question de positionnement. Je combats les genres. Selon moi, quelqu’un de réussi se met en question de manière permanente et parvient à se sentir à sa place dans sa tête et dans son corps. Mais ce n’est pas aussi simple pour tout le monde. Je pense à tous ces jeunes qui n’ont pas pu atteindre leurs rêves et se sont pris le Covid en pleine face. On a vécu une période assez lunaire où la violence et la haine explosaient dans la rue. Je pense notamment à cette femme qui a été immolée par le feu devant chez elle.

"Je n’ai jamais songé arrêter la musique mais à chaque raid agressif, je me sens mal et mon entourage encore plus."
Hoshi

Vous avez été validée par de nombreux collègues, Biolay que nous avons cité, mais aussi Vanessa Paradis et Calogero. J’imagine que cela vous stimule.

Tout à fait. Je collabore peu souvent avec d’autres artistes. Et lorsque je le fais, cela n’est pas une demande du marketing de mon label. Cela reste des rencontres humaines. Vanessa Paradis a repris une de mes chansons pour une campagne contre l’homophobie. Calogero, je l’ai rencontré lors d’une émission à la télé. Avec ces artistes, j’apprends encore. Je me rends compte qu’aujourd’hui, il n’y a plus d’un côté le rock, de l’autre, la pop... Il y a une scène. Clara Luciani fait partie des artistes que j’adore.

Vous avez été la cible d’attaques très violentes sur les réseaux sociaux notamment aux Victoires de la Musique et ensuite, de la part d’un chroniqueur radio français qui s’en est pris à votre physique. Avez-vous été tentée de quitter les réseaux sociaux, voire même d’abandonner ce métier?

Je me suis parfois dit que j’arrêterais d’être présente sur les réseaux sociaux ou que je laisserais les codes à mon équipe. Et puis, je suis revenue sur cette idée parce que ce serait donner raison aux haineux. Aussi, ne plus pouvoir avoir de lien direct avec mon public, ce serait compliqué. Je n’ai jamais songé à arrêter la musique mais à chaque raid agressif, je me sens mal et mon entourage encore plus. Je crois que nos aînés n’ont pas rencontré autant de haine dans ce métier. Mais j’ai reçu beaucoup de soutien de mes confrères et consœurs comme du public. Et ça fait chaud au cœur.

Il était une toi

Pop / Rap

"Étoile flippante"

Hoshi, Pias

Note de L'Echo: 4/5

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