Irina Lankova va vous faire aimer le classique

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La 4e édition du festival Max van der Linden, en Brabant wallon, réunit l’Orchestre royal de chambre de Wallonie, Frank Braley ou Lorenzo Gatto, séduits par la générosité de sa directrice, la pianiste Irina Lankova, qui ferait aimer le classique aux plus réfractaires.

FESTIVAL

4e édition du Festival international de musique Max van der Linden

3 week-ends, du 15 au 30/3, à Tourinnes-la-Grosse, Beauvechain et Nodebais (Brabant wallon)

> www.maxfestival.be

"Madame, vous crevez la bulle!" Cette réaction d’une auditrice suisse, Irina Lankova l’a reçue alors qu’elle achevait l’un de ces récitals commentés dont elle a le secret – "Le piano dévoilé". L’idée était toute simple mais tranchait avec le rituel du concert classique où l’on se doit d’écouter religieusement l’interprète, même si on n’y entend pas grand-chose. Irina a fait l’expérience inverse en jazz, "une musique à laquelle je ne comprends rien, avoue la pianiste belgo-russe de 42 ans. Au bout de 15 minutes, généralement je décroche, ce qui ne m’arrive jamais en classique." Jusqu’à ce qu’elle assiste à une performance à Londres lors de laquelle la chanteuse prenait le public par la main, expliquant pourquoi elle avait choisi ses morceaux et l’émotion qu’ils lui procuraient.

Teaser: du 15 au 30 mars 2019, 3 week-ends en musique: www.maxfestival.be

En appliquant la recette à ses propres récitals, Irina Lankova ne s’est pas seulement rendu compte que le public était plus réceptif à son jeu mais qu’elle-même se sentait plus à l’aise. "J’ai commencé à une époque où des doutes m’empêchaient d’avancer. En parlant avec le public, je n’étais plus toute seule dans ce processus et me sentais plus en confiance pour gagner cette concentration particulière qui survient dès que je pose mes mains sur le clavier."

Irina Lankova en a aussi conçu une série de 12 vidéos sur YouTube où elle séduit une communauté toujours plus large (elle dédouble chaque clip en français et en anglais) en décryptant l’âme russe, l’interprétation, la polyphonie ou l’impressionnisme. À travers ses "r" qu’elle roule à la russe, on s’immisce dans une œuvre tout en prenant le pouls de la musicalité de l’artiste, délicatement lyrique, colorée et lumineuse. "J’aime quand les choses sont naturelles et fluides, dit-elle. Quand elles deviennent trop cérébrales, j’abandonne." On la retrouve ainsi naturellement dans le répertoire russe, irisant le mysticisme de Scriabine qui découle d’un Chopin tonique et espiègle. Mais c’est Schubert qui la fait vibrer et qui dit tout autant, par sa capacité à percer l’âme humaine, sa propension au partage et sa générosité.

Irina Lankova, Le piano dévoilé, 9e épisode: "Faire chanter le piano".

Un festival pour tous

Autant de qualités que l’on retrouve dans le festival international qu’elle a créé il y a quatre ans, là où elle vit à présent, à Tourinnes-la-Grosse, en Brabant wallon, dans la patrie du céramiste Max van der Linden (1922-1999) qui donne son nom au festival et qui, 50 ans avant elle, faisait pareil en tissant inlassablement des liens entre les habitants de ces communes rurales et les arts, lançant la formule à succès des parcours d’artistes.

"En parlant avec le public, je n’étais plus toute seule dans ce processus. Je me sentais plus en confiance."
Irina Lankova
Pianiste et directrice du festival

"Lui-même jouait du violoncelle et initiait les gens au classique dans l’église Saint-Martin où nous organisons une partie du festival, reprend la pianiste. Tous les gens du village participaient et cela continue encore aujourd’hui avec les Fêtes de la Saint-Martin, en novembre. J’ai voulu développer l’axe musical à une autre période de l’année mais toujours avec la même démarche inclusive, mêlant artistes de la région, grands interprètes et publics de tous âges."

Irina Lankova joue Schubert Salle Gaveau, à Paris: "Sonate D.959", 1er mouvement.

Le festival, qui a rapidement reçu le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de la Province, de la Loterie nationale et de plusieurs partenaires privés, peut faire venir l’Orchestre royal de chambre de Wallonie et son chef Frank Braley, les violonistes Lorenzo Gatto et Tatiana Samouil, le clarinettiste Michel Lethiec et les jeunes talents de la Chapelle musicale. Mais leurs concerts se conçoivent dans un ensemble de propositions plus vaste, des master classes ouvertes aux initiations scolaires, et en suivant un thème tout public. "Un thème qui me touche comme, cette année, l’écologie; pas de manière militante mais poétique, à travers les 4 éléments de la nature. Il y aura aussi d’autres apports, comme la compagnie Salamandre, de vrais maîtres du feu!, ou les marionnettistes du collectif libanais Kahraba, qui vont manier 80 kilos d’argile au son de la musique du monde", annonce-t-elle gaiement, toujours partageuse.

>3 week-ends, du 15 au 30/3, à Tourinnes-la-Grosse, Beauvechain et Nodebais: www.maxfestival.be

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