interview

Julia Stone: "J’ai toujours voulu faire un album pop"

Julia Stone, auteure-compositrice-interprète.

"Sixty Summers", son nouvel album, est aussi lumineux que joyeux. Mais, il nous rappelle que la vie est courte et que, chacun, nous l’expérimentons à notre manière. Voici Julia, en direct de Melbourne.

Pendant que l’on se parle, la jeune chienne de Julia vient lui tourner autour. «Elle veut aller dehors parce qu’elle a vu les oiseaux». Julia Stone se trouve à quelques kilomètres de Melbourne dans une superbe demeure sur la côte. Il est vingt heures à sa montre mais le ciel est encore clair. Clair comme ce bel album qui nous entraîne non pas vers un été mais vers soixante étés. On a du bonheur à rattraper. Et cette artiste sait comment s’y prendre.

"Sixty Summers", votre troisième album solo, marque un véritable changement avec un virage pop, électro et dance. Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de faire ça?

Dans ma prime adolescence, j’aimais beaucoup la pop music qui me faisait danser. Je trouvais cette musique extrêmement satisfaisante. Probablement, de manière naïve. En grandissant, j’ai découvert le chagrin, les peines de cœur et la pop music est devenue quelque chose à laquelle je pouvais me connecter dans ces moments-là. J’ai toujours voulu réaliser un album pop mais j’ignorais quand et comment.

Comment en êtes-vous venue à collaborer avec Annie Clarke (St Vincent), Thomas Bartlett et Matt Berninger pour cet album?

La musique que je fais avec mon frère Angus est celle que le public connaît le mieux. Et elle s’inscrit dans la catégorie de l’indie folk. Annie Clarke avec St Vincent, Thomas Bartlett et Matt Berninger avec The National s’inscrivent, pour leur part, davantage dans l’avant-garde. La collaboration avec eux me paraissait naturelle. J’avais rencontré Thomas lors d’un concert de The National. Et il avait déjà participé à mon premier album solo. J’étais restée en contact avec eux. Quant à Annie, je l’ai croisée à l’aéroport d’Helsinki et un ami commun nous a présentées. Elle a apporté sa touche à «Sixty Summers».

"Dans le passé, j’avais chanté en duo avec Benjamin Biolay et eu l’occasion de réciter un poème de Baudelaire lors d’un de mes concerts."
Julia Stone
Auteure-compositrice-interprète

Pour la première fois, vous chantez un titre en français sur l’un de vos albums.

Dans le passé, j’avais chanté en duo avec Benjamin Biolay et eu l’occasion de réciter un poème de Baudelaire lors d’un de mes concerts. Mais effectivement, c’est la première fois que j’enregistre une chanson en français. Et je la dois à cette amie merveilleuse qu’est Pomme. C’est elle qui a écrit la version française de «Dance». Je l’ai rencontrée lorsqu’elle avait dix-huit ans. Elle a joué en première partie de l’un de nos concerts à Angus et moi. Et j’ai immédiatement trouvé qu’elle était une divine créature. Lorsque j’ai écrit «Dance», je sentais qu’une version française était possible.

Julia Stone - Dance (French version) [Official Music Video]

La scène et la vie en tournée vous manquent-elles?

Bien sûr! J’ai passé plus de temps en tournée que de temps sans tourner. Ce qui me manque le plus, c’est le sentiment de communauté et de famille des gens avec qui je voyageais. C’était un défi de ne pas pouvoir voir le groupe chaque jour, de ne pas se réveiller dans le tourbus et de ne pas explorer les villes où nous jouions. Et de pouvoir jouer chaque soir en partageant avec le public. Les êtres humains commettent de mauvaises actions mais ils en commettent de bonnes aussi. Se rassembler pour célébrer la créativité est l’une d’elles. Alors, oui, cela me manque.

"En grandissant, j’ai découvert le chagrin, les peines de cœur et la pop music est devenue quelque chose à laquelle je pouvais me connecter dans ces moments-là."
Julia Stone
Auteure-compositrice-interprète

Avez-vous appris quelque chose de neuf durant cette pandémie?

Grâce à une amie médecin, j’ai très tôt pris conscience que je ne pourrais pas partir en tournée et faire les voyages que j’avais prévus. Je savais que ma vie allait changer du tout au tout. Et je me suis demandée ce que je ferais si je ne pouvais plus jouer de la musique. Et professionnellement, j’en fais depuis mes vingt ans. Ma sœur qui étudie la psychologie m’a suggéré de rejoindre une équipe de télé-assistance qui aide les personnes en difficulté psychique.

Elle pensait que ce serait bien pour moi de le faire avant de reprendre des études à l’université. J’ai suivi un entraînement pour cela. Et ça m’a passionné. Je continue de faire un shift une fois par semaine. Voilà ce qui a le plus changé dans ma vie durant cette année. C’est bon de savoir que l’on peut changer et choisir d’autres directions.

Album pop

«Sixty Summers»
Julia Stone

Note de L'Echo: 4/5

DANCE Q&A: Julia Stone & Director Jessie Hill

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