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Juliette Armanet, Parquet Courts, Justin Taylor: vos albums du week-end

Juliette Armanet dans "Brûler le feu".

Belle moisson musicale avec le retour de Juliette Armanet version disco, Parquet Courts qui chauffent le parquet et Justin Taylor et son Consort qui font de Reali l'égal de Vivaldi. Enjoy!

1. "Brûler le feu"

Juliette Armanet
Universal Music
****

Voici le retour de la merveilleuse Juliette Armanet et un album qui a mijoté durant quelques années, sur le feu et l’eau marine. Comme un clin d’œil à «Allumer le feu», la chanson que Zazie avait offerte à Johnny Hallyday, ce deuxième album s’intitule «Brûler le feu», mais on n’y trouvera pas de morceau pour gueuler dans un stade. Encore que tout soit possible. La jeune femme aux allumettes nous offre, pour commencer, une chanson de disco, «Le dernier jour du disco», car après les périodes de confinement, danser est une chose à laquelle tout le monde pense.

Revival disco

Et le revival disco, qu’on a aussi constaté chez Cœur de Pirate et Clara Luciani, s’inscrit clairement dans l’air du temps. Cependant, résumer «Brûler le feu» à ce titre serait réducteur. Il y a du lyrisme, de l’audace réfléchie, des quarts d’heure américains, des mots bleus et des étoiles en plein jour dans ces treize chansons toutes finement produites. Avec une curiosité intéressante comme «Vertigo» sur laquelle apparaît SebastiAn connu notamment pour ses collaborations avec Charlotte Gainsbourg et Frank Ocean. | J.L.

>Juliette Armanet sera en concert le 22 février 2022 au Cirque Royal.

Juliette Armanet - Le dernier jour du disco (Clip Officiel)

2. "Sympathy For Life"

Parquet Courts
Rough Trade
****

En dix ans, Parquet Courts est passé du plancher glissant d'un post-punk abrasif à une ouverture contrastée sur d'autres genres musicaux plutôt impressionnante. Le quatuor de Brooklyn paraît prendre, quarante ans plus tard, la même tangente que les Talking Heads à l'époque, l'excellent morceau «Marathon Of Anger» rappelant insensiblement le Slippery People des «têtes parlantes».

Ailleurs, «Trullo» prend la cadence du funk joyeux du Tom Tom Club de Tina Weymouth, une ambiance funky plus vintage encore sur «Sympathy For Life» qui donne son titre à l'album. «Zoom out» s'inspire à la fois de Madness, des Specials, dans un ska qui épouserait la britpop de Blur période «Parklife». Produit «électroniquement» par Rodaidh McDonald, derrière les manettes sur les albums des Hot Chip, ce «Sympathy of Life» évoque aussi par moments la bonne période de Depeche Mode sur «Application Apparatus» dans la voix (voire de Tears for Fears sur «Black Widow Spider») et le bidouillage électronique habité d'un Thomas Dolby à son meilleur sur le lancinant «Plant Life».

Postpunk primal

Mais tout ne vire pas électro, et le quatuor a la bonne idée de revenir à un postpunk Primal Scream sur le court (sans parquets) mais percutant «Homo Sapiens». Bref, onze morceaux partant dans toutes les directions qui sont chaque fois les bonnes, ces New-yorkais osant en prime avec «Pulcinella» un slow «squette-braillette» comme on en fait plus sur le dance floor... pardon, le parquet. | B.R.

Sympathy for Life

3. "Specchio Veneziano"

Le Consort
Alpha
*****

On avait chaudement applaudi Le Consort dans son «Specchio Veneziano» au Festival de Wallonie. Le voici au disque. Et c’est le même bonheur. Ce «miroir vénitien» répare une injustice, en ramenant à la surface le talent de Giovanni Reali, englouti par la postérité dans les eaux de la Sérénissime, qui lui préféra son «rival» Antonio Vivaldi. Si l’on sait peu de choses de Reali, ses œuvres parlent d’elles-mêmes, et les présenter en miroir avec celles du prêtre roux n’a rien d’un affront, au contraire.

Ses «sinfonias» – presque toutes ici en première mondiale – révèlent une verve sans faille, tandis que sa «Folia» tient la dragée haute à celle de Vivaldi. Par son interprétation époustouflante, entre bouillonnements virtuoses et suaves tendresses, Le Consort prouve que le baroque, fut-il vénitien, a encore bien des frissons à nous offrir quand il est joué comme cela.

Alchimie parfaite

Et si le talentueux claveciniste Justin Taylor, vainqueur à Bruges en 2015, est sans conteste l’âme de ce merveilleux quatuor né il y a six ans à peine, on s’en voudrait de ne pas citer ses complices Théotime Langlois (violon), Sophie de Bardonnèche (violon) et Hanna Salzenstein (violoncelle), tant l’entente entre ces jeunes baroqueux relève de la plus parfaite alchimie. | St.R.

REALI // 'Sinfonia XII, "Folia"' by Le Consort & Victor Julien-Laferrière

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