L'étoile de Vega n'est donc pas près de pâlir

Feu Alan Vega parmi ses œuvres, à New York. ©Photo News

Disparu voici cinq ans, Alan Vega, l'ex-chanteur de Suicide, ressuscite à son tour par l'entremise de "Mutator", album "perdu", retrouvé en 2019 par Liz Lamere, sa collaboratrice et épouse.

Sur la pochette, Alan Vega apparaît un peu comme le visage du Christ sur le Saint-Suaire. Écouter cet album, c'est se replonger dans l'ambiance du New York d'avant les yuppies, celui de la fin des années septante: une ville dangereuse, mais vibrante de créativité, non encore assujettie à l'aseptisation; celle d'un  punk underground dont Vega et Suicide furent des figures majeures, si pas emblématiques.

De cet album d'archives, qui date pourtant du milieu des années nonante!, renaît une cold wave électro râpeuse (non pas du rap) dont le dépouillement transi évoque l'univers clos d'un Joy Division sur «Fist», Vega singeant la voix de Ian Curtis. «Nike
Soldier» rappelle un Fad Gadget au ralenti, tout en évoquant la rapacité des grandes sociétés.

Samouraï

Celui qui fut écrivain, sculpteur et peintre, donne dans l'épure abstraite non pas picturale, mais musicale, tout en mêlant à sa mélodie décharnée de synthés sur le magnifique «Samouraï» sa voix de cuir digne des rockers des origines.

Plus posé que le posthume apocalyptique «It», sorti en 2017, «Mutator» n'est que le premier inédit tiré d'archives d'un artiste prolifique. Désormais, dans la nuit éternelle, l'étoile de Vega n'est donc pas près de pâlir, astre brillant de la constellation de la... Lyre.

Alan Vega - Nike Soldier (Official Music Video)

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