La culture hip-hop, une affaire de femmes

©Martin Gallone

Rap, danse, graff et rencontres sont au programme de La Belle Hip-Hop, le festival 100% féminin qui vient de commencer.

S’il s’étend sur huit jours, se tient dans huit lieux et compte huit événements à son affiche, c’est parce que le festival La Belle Hip-Hop contribue à sa manière à la Journée internationale des femmes. Fixée au… 8 mars. Et il a donc débuté ce jeudi, à la Villa Empain, qui accueillait une conférence-débat intitulée "Women in Hip-Hop: Appearance or Transparence?"

Ce vendredi soir, c’est concert et c’est complet, au Botanique! Viendront y rapper des artistes belges, Blu Samu de même que Kab & Lipass, mais aussi turques, marocaines, indiennes, américaines, anglaises et libanaises. Point commun, entre Krtas Nssa, MC Manmeet Kaur, Malikah ou encore Ayben, toutes avec le bagage propre à leurs origines? Au moins celui de reconnaître qu’il n’est pas toujours simple de se faire une place dans un milieu encore très mâle!

2 MINUTES AVEC BLU SAMU | L'ECHO


Ce 10 mars, dans le centre de Bruxelles, au tour d’un autre art de la culture hip-hop: le graff. Le lendemain, le casino du boulevard Anspach sera converti au break, à la danse si vous préférez, le temps d’une battle où officiera un jury là aussi international. Cette nouvelle édition du festival sera également l’occasion d’une première, au cinéma Galeries, pour le documentaire "B girls". Signé Nadja Harek, une réalisatrice franco-algérienne "amoureuse" de cette culture, ce film qui montre le breakdance vu, vécu et raconté par des femmes n’avait pas encore été projeté en Belgique.

Leur point commun? Au moins de reconnaître qu’il n’est pas toujours simple de se faire une place dans un milieu encore très mâle!

On le voit, pas question ici de se limiter aux symboles et à la déclaration d’intention. La Belle Hip-Hop, dont c’est la deuxième édition, renvoie par ailleurs l’image de Bruxelles, comme nous l’explique Rival, le rappeur et activiste (CNN199, Souterrain Productions) qui a imaginé le concept avant de confier, cette année, la programmation à sa sœur. "J’ai toujours cherché à amener ce qui, à mes yeux, manquait chez nous dans le paysage hip-hop. À avoir quelque chose en corrélation avec notre réalité culturelle, socio-économique et politique. À nous battre pour apporter notre pierre, en nous demandant ce qu’on peut faire dans ce monde qui va mal. Eh bien, déjà rien qu’en mettant des belles dynamiques sur scène, c’est super!"

C’est notamment au mieux vivre ensemble que s’intéresse l’équipe de La Belle Hip-Hop. "On s’interroge parfois aussi sur ce qu’on veut donner aux gosses qu’on gave de rap négatif, misogyne et agressif. Du rap qui fait la morale? Ça ne sert à rien! Il faut donner plus d’autres choses à voir, et à force de ne plus mettre toujours les mêmes cartes sur la table, les gens auront d’autres choix. Nous nous battons pour ça, mais sans jamais prétendre avoir la science infuse." À l’heure du tout aux réseaux sociaux, communiquer peut se faire avec n’importe qui, n’importe quand et n’importe comment.

Rival l’admet: "Avant, c’était un peu plus compliqué. Ici, les gens se croisent réellement. Et ça permet de vraies histoires. Nous, on encourage les filles en écrivant pour elles les premières lignes. Après, la suite du livre, c’est à elles de l’écrire."

En attendant, La Belle Hip-Hop a fait des émules. Tandis qu’à Molenbeek, le VK accueille ce samedi Oh My Lady (une scène cent pour cent féminine mais uniquement rap), il paraît qu’au Togo, des petits malins ont carrément plagié le concept! "C’est chouette que d’autres fassent aussi quelque chose, que ça les inspire. Je déplore juste que parfois, ce n’est pas assez complémentaire, que c’est identique. Je voudrais de temps en temps que les gens soient plus créatifs."

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