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La scène underground belge s'invite à l'AB

©TSOBU

C’est sur la richesse et la diversité des musiques non commerciales que se penche "The Sound of the Belgian Underground". La nouvelle édition de ce festival aura lieu la semaine prochaine à l’AB.

Larousse en ligne, page 80.529, "underground": "adjectif invariable (américain underground, souterrain), se dit de spectacles, de films, d’œuvres littéraires, de revues d’avant-garde, réalisés en dehors des circuits commerciaux ordinaires. Nom masculin: le monde de la contre-culture."

Les dix groupes et artistes sélectionnés par Subbacultcha et l’Ancienne Belgique pour la troisième édition du festival "The Sound of the Belgian Underground" viennent de là. Pas du blues – enfin certains peut-être –, mais assurément de "là". Ces marges, sentiers pas battus et autres scènes hors de la grande flaque mainstream. Leur nom: Afia, Air Lqd, Crowd Of Chairs, Le 77, Obsequies, Vaal, Christine Denamur, Wolvennest, Sale Gosse et Golin.

SALE GOSSE - DIA (Official Video)

Tenez, Sale Gosse par exemple: une affaire de famille, ou quasi. Dans ce trio, maman Agathe, née à Dunkerque, joue de la batterie et Nino, le fiston, de la guitare. Quant à la (fausse) sœur adoptive, Ronda, elle se charge de mettre en voix ce mélange de pop et de punk brut de décoffrage. Ils ont un jour fini par taper dans l’oreille de Damien Aresta qui préside aux destinées du label Luik Records. Label sur lequel est sorti en avril 2017 un premier ep, délicatement intitulé "The first dick I ever saw was Iggy Pop’s". Agathe assure: "C’est vrai!" Sale gosse donc, et prometteur… "On sent qu’ils ont une sorte de bonne étoile au-dessus d’eux", nous disait Damien l’an dernier. Il y a de l’intérêt pour le truc, ils commencent à être bookés. Après être allés en studio pour l’ep, ils ont bossé, bossé, bossé en répète, fait un premier concert chez Balades Sonores (le disquaire en face du Botanique, ndlr). Et c’était rempli. Bon, ça fait un petit quatre-vingts personnes, mais c’était chouette. Les gens ont vraiment accroché. Je crois qu’il y a une sorte de bonne aura, de bon feeling par rapport au groupe."

Les organisateurs du festival expliquent que "ces groupes, qui évoluent à l’extérieur des grands courants musicaux, ne visent pas nécessairement le grand public. Ce qu’ils prônent par-dessus tout, c’est la liberté artistique." Alors certes, ce que joue Wolvennest tient du métal, courant conséquent s’il en est, depuis des lunes, mais ces gens-là y glissent des sonorités psychédéliques, des passages ambient, des boucles de guitares et leur penchant pour l’occulte donne à leurs concerts un côté rituel hypnotique. Tout de suite moins familier, ça! La formation, qui a un album à son actif (en 2016), tient du super-groupe puisqu’on y retrouve des musiciens aussi occupés ailleurs. Dans La Muerte notamment. Et elle est emmenée par la vidéaste et chanteuse Shazzula, "prêtresse du revival post-psychédélique." Ne les cherchez pas dans l’Ultratop, quoi!

"Ce que ces groupes qui évoluent à l’extérieur des grands courants musicaux prônent par-dessus tout, c’est la liberté artistique."
Les organisateurs du festival

Pour ceux qui sont avides de découvertes

Né en 2014, ce concept de festival, on l’aura compris, évite les têtes d’affiche et préfère la découverte. Celle d’artistes qui se passent des maisons de disques classiques, dont on ne parle jamais ou peu dans les médias tout aussi mainstream. L’underground de l’intitulé, c’est ça, finalement. "Contre-culture", rappelle la définition. Ou "sous-culture", pour certains. C’est ce que veut dire et ce que défend Subbacultcha, magazine et plateforme à l’origine néerlandais. Depuis 2006, ses activités proposées gratuitement à ses adhérents se sont étoffées et une déclinaison a vu le jour en Belgique, où "The Sound of the Belgian Underground" en est donc à sa troisième livraison.

Obsequies: But Beautiful...

Depuis les éditions précédentes, quelques-uns ont fait un bout de chemin. C’est le cas de "Le Colisée" et son électro-tropico-pop, déjà passé par "Les Nuits Botanique" notamment, ou à qui le magazine "Les Inrockuptibles" a proposé de faire une reprise de… Johnny Hallyday! Résultat: un fameux mélange de genres. À l’image même du présent festival où la soul et le punk cohabitent tranquillement avec l’électro et le rap. Tenez, le rap un peu ego trip, un peu gangsta planant et plutôt rigolo du groupe "Le 77", du nom de la coloc’ occupée à Laeken par ses quatre membres qui se partagent micros, platines et beatmaking.

Seront donc également à l’affiche, samedi prochain… L’Anversoise Afia et sa bedroom soul. Air Lqd, Mehdi Kernachi dans la vie de tous les jours, explorateur des recoins obscurs de l’électronique tendance industrielle. Les punks gantois de "Crowd of Chairs". Obsequies, une artiste bruxelloise qui manipule les sons selon une démarche dans laquelle elle "aime pervertir les choses, particulièrement les plus belles", comme elle le confiait dans une interview à propos de son album "Organn". Le trio Vaal, qui vient lui aussi de Gand, s’exprime en néerlandais sur tous les tons et surtout sur une musique électronique plutôt "dark". Christine Denamur, de Grimbergen, graphiste mais aussi musicienne depuis l’adolescence, qui alimente désormais (avec parcimonie) son Soundcloud de berceuses électropop. Et last but not least, Golin, une Américano-Japonaise installée à Bruxelles, elle aussi active sur la scène électronique (tendance electronica), sur laquelle elle amène quelques influences orientales et son background dans la danse contemporaine, à déguster sur "Momo", son ep 5 titres. Belgique, pays étrange… Mais musicalement parlant, c’est plutôt réjouissant!

"The Sound of the Belgian Underground", le 28 janvier à l’Ancienne Belgique, Bruxelles. www.abconcerts.be; 02 548 24 84.

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