La vie rêvée de Loïc Nottet

Loïc Nottet ©Zeb Daemen

"Sillygomania", le nouvel album de Loïc Nottet, propose une palette pop colorée et émotionnelle. Enregistré en partie à Londres, dans les mêmes studios qu’Adele et Sam Smith, il laisse une large place au rêve.

Après avoir repoussé la sortie de cet album en raison de la crise du Covid-19, Loïc a vécu cette période de confinement "un peu comme tout le monde" avec des jours où parfois l’ennui prenait le dessus. "Mais ce qui était réconfortant dans cette étrange situation de confinement, c’est que si on ne respectait pas les règles pour soi-même, on le faisait au moins pour les autres." Comme la plupart de ses confrères et consœurs, il a proposé plusieurs lives sur les réseaux sociaux.

Je pense que, dans quelque temps, on envisagera des concerts et showcases virtuels avec accès payant.
Loïc Nottet
Chanteur

"Pour un artiste, les concerts sont fondamentaux. Certains en ont un besoin vital pour vivre, surtout ceux qui ne passent même pas en radio. J’ai la chance d’écrire et de composer mes morceaux moi-même et de bénéficier de passages en radio et télé. Je touche donc des droits d’auteur. Mais je pense que, dans quelque temps, on envisagera des concerts et showcases virtuels avec accès payant. Cela dit, une tournée streaming, cela ne m’intéresse pas. Le cas échéant, je retournerais plutôt en studio pour créer de nouveaux morceaux. Cette période a sûrement été propice à la création pour de nombreux artistes."

Le titre de ce nouvel opus est une déclinaison du mot syllogomanie qui désigne la manie d’accumuler des objets. Elle apparaît à l’adolescence.

J’ai un peu ça en vrai. J’ai énormément de mal à jeter les choses. Parfois, ce sont simplement des emballages que je garde ou certains vêtements. Je me sers de ce terme d’une façon un peu poétique pour dire que non seulement j’accumule des objets, mais que je peine à tourner la page. Donc, je ressasse sans cesse. J’ai beaucoup de regrets. Du coup, c’est difficile d’avancer et de construire un futur. Il est certain que "Sillygomania" n’est pas le terme le plus simple à retenir, mais je le trouve très fort. J’ai choisi de faire un jeu de mots avec "silly" qui signifie "stupide" car je trouve idiot de vivre dans le passé.

Je voulais que cet album-ci soit plus lumineux, même dans les textes.
Loïc Nottet
chanteur

Cet album se détache du précédent "Selfocracy". On sent moins l’influence des musiques de films et pas de surcharge des arrangements. L’accent est mis sur les mélodies et la voix.

Je voulais effectivement que cet album-ci soit plus lumineux, même dans les textes. Je désirais explorer d’autres possibilités de ma voix et j'ai écouté beaucoup de musiques différentes. Les albums où on a l’impression d’entendre la même chanson du début à la fin m’horripilent. J’aime toutes les musiques, en fait, sauf quand ça crie. J’ai pensé à créer plusieurs personnages dans ces chansons, envahis tour à tour par différentes émotions. La tristesse, la joie, la colère… L’idée est d’offrir une vraie palette artistique. Pour cette raison, j’ai choisi de tout composer moi-même. Je savais que si je demandais à un producteur de me faire un morceau funk, ce serait à sa manière et je redoutais le manque de cohérence. Là, cela reste de la pop, mais avec des couleurs différentes. Quand on écoute les productions américaines du moment, on constate qu’elles sont allégées pour mettre les voix plus en évidence.

Loïc Nottet - Mr/Mme (Sillygomania)

Vous avez pu compter sur des collaborations avec Alex Germys, Leo Nocta et Amy Morey. En fait, vous ne travaillez qu’avec des Belges?

Musique

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«Sillygomania»

Loïc Nottet, Sony Music 

Sortie le 29 mai

En concert le 19 décembre 2020 à Forest National.

Pas seulement. Je suis allé à Londres pour travailler avec Sacha Skarbek, un producteur qui a notamment produit des chansons d’Adele et de Lana del Rey. D’ailleurs, le studio où j’ai enregistré est celui où Adele a enregistré "Rolling in the Deep". Le studio de l’étage au-dessus avait servi à Sam Smith. C’était très intéressant d’approcher la manière de faire anglaise. J’ai également collaboré avec des Français comme Dimitri Tikovoi, connu notamment pour son travail avec Placebo. Et puis, l’album a été mixé à New York.

L’album démarre par un prologue assez théâtral. Pour quelle raison?

C’est en lien avec "Selfocracy" où déjà le jeune Blaze, un comédien, déclamait des vers. J’aime raconter des histoires. Ici, ce sont quatre personnages qui incarnent les fantômes du passé. Cela permet d’avoir une touche imaginaire. Je me fais trop chier dans ce monde trop normal, j’ai besoin de rêver.

"Si je n’avais pas choisi un métier artistique, je ne suis pas certain que je kifferais la vie."
Loïc Nottet
chanteur

Que voulez-vous dire par là?

Je suis quelqu’un qui a mis longtemps à trouver sa place. Sur ce disque, je remercie les gens qui m’ont offert une vie qui me ressemble vraiment. Je trouve que la nature est magnifique et qu’il y a des endroits incroyables sur Terre. Mais l’homme l’est parfois un peu moins. Au-delà de ça, je ressens un vrai manque de folie. Lorsque j’ai besoin de m’évader, je me rends souvent à Disneyland. J’adorerais faire des voix pour un film de Disney. Mais je ne regarde, bien sûr, pas que des dessins animés! (Rires). J’adorerais avoir une maison qui serait un peu comme un parc d’animations… Mais cela ne changerait pas le monde pour autant. Si je n’avais pas choisi un métier artistique, je ne suis pas certain que je kifferais la vie. Je suis bien conscient qu’il y a énormément de gens qui ont un métier qu’ils n’aiment pas, mais qui leur permet de subsister eux et leur famille. J’admire leur courage.

 

 

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