Publicité

Le Horst festival offre un aperçu du monde d’après

Le Horst Festival se tient sur le site de l'Asiat à Vilvorde. ©Olmo Peeters

Le Horst Festival, qui se tient ce weekend à Vilvorde, nous offre un aperçu de ce que le monde post-corona pourrait être: responsable, cérébral et effervescent.

Lorsqu’en février dernier, l’équipe du Horst Festival annonçait les premiers noms de son édition 2021, le scepticisme était de rigueur. Peu de journalistes et de festivaliers croyaient réellement qu’un festival réunissant plus de 5.000 personnes pouvait encore se tenir en 2021. C’est pourtant ce qui va se passer du 10 au 12 septembre sur le site militaire de l’Asiat à Vilvorde, et c’est une vraie prouesse. Le monde redémarre, et avec lui ses moments de réjouissance collective.

Mais si vous vous attendiez à un festival "à la belge", garni de ses stands de bière, de "Main stage" et d’étudiants qui font le signe "Metal" avec les doigts, alors passez votre chemin. Car dans le paysage des festivals belges, le Horst a toujours été un peu à part.

Cérébral par nature

Un weekend dans les allées bouillonnantes du Horst est un moment de partage et possiblement d’introspection. Deux états qui se reflètent de la devise du festival: "Bring art & people together". La nature du festival ne se veut pas uniquement musicale et axée sur la culture de la "rave" (ce qui est déjà une particularité en soi), mais le Horst se veut pluridisciplinaire en proposant aux visiteurs une exposition grandeur nature avec "Flying on the raven’s wing", des workshops et des conférences avec le Horst Lab, et bien évidemment un événement musical avec plus de 70 artistes à l’affiche, qui comprend des grands pontes de la musique électronique et de jeunes talents.

Souvent pointée du doigt pour les débordements qu’elle a pu engendrer, surtout dans les années 1990, la culture de la "rave" est aujourd’hui admirée et observée avec une pointe de nostalgie.

"Moon Ra" de l'artiste Leopold Bianchini. ©Illias Teirlinck

Pour créer cette petite utopie, l’équipe organisatrice a mixé les genres, cassé les codes et mis les moyens à la hauteur de leurs ambitions. Des architectes ont été invités à créer des pistes de danse et des scènes uniques et éphémères, en exploitant au maximum les nombreuses possibilités du formidable site de l’Asiat et de ses hangars désaffectés et plaines abandonnées, à l’image de la hutte "Moon Ra" imaginée par l’artiste Leopold Banchini et construite de manière écoresponsable par des architectes amateurs, dont le sommet percé laisse entrer la lumière de la lune et dont le centre est littéralement illuminé par un feu de joie autour duquel les festivaliers pourront danser.

La voilà donc cette spécificité qui fait du Horst un festival pas tout à fait comme les autres: l’occasion de faire la fête parmi les œuvres d’art, dans des conditions hors du commun.

Affiche pointue

Si l’art plastique représente l’âme du Horst, force est de constater que la musique électronique en est le cœur battant depuis 2009. Souvent pointée du doigt pour les débordements qu’elle a pu engendrer, surtout dans les années 1990, la culture de la "rave" est aujourd’hui admirée et observée avec une pointe de nostalgie. C’est donc tout naturellement qu’un revival de cette scène pointe le bout de son nez depuis quelques années. Une aubaine pour le festival, qui a su développer une vraie expertise en matière de programmation de musique électronique, attirant chaque année des noms prestigieux, des pionniers ou des talents bruts.

Cette année, c’est Jeff Mills, le père de la techno qui sera la tête d’affiche de cette édition.

Cette année, c’est Jeff Mills, le père de la techno qui sera la tête d’affiche de cette édition. Mais on pourra également retrouver Danilo Plessow (l’homme derrière la house chaloupée de Motor City Drum Ensemble), Donato Dozzy et sa techno minimaliste d’une classe folle ou encore Mr Scruff et son électro soul que les utilisateurs de Windows XP connaissent bien. Mais l’événement de ce festival pourrait bien être le show des Bruxellois Ascendant Vierge, duo formé par l’artiste "goth-pop" Mathilde Fernandez et par Paul Seul, le cocréateur du collectif "Casual Gabberz", qui sont à l’origine d’une techno "neo-gabber" sur fond de pop noire on ne peut plus trendy. Immanquable.

ascendant vierge - Influenceur

Si vous n’avez pas compris tous les termes cités précédemment, il se pourrait malheureusement que ce festival ne vous soit pas tout à fait destiné. L’art plastique, la fête et la techno ne sont pas nécessairement la tasse de thé du commun des mortels. Mais en explorant le site et ses recoins, en dansant dans ses hangars réaffectés ou en partageant des émotions autour d’une sculpture ou d’un concert, on se dit qu’il y a là de bonnes bases pour construire un monde nouveau.

Horst Festival, Asiat, Vilvorde, du 10 au 12 septembre. Plus d'infos sur horstartsandmusic.com.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés