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Le maître-tambour Doudou Ndiaye Rose n'est plus

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Le Sénégal a perdu un de ses plus grands ambassadeurs culturels à travers le monde, son maître-tambour Doudou Ndiaye Rose, décédé à 85 ans.

Né le 28 juillet 1930 à Dakar, Mamadou dit Doudou Ndiaye Rose – ou Doudou Ndiaye Coumba Rose, comme il aimait aussi se faire appeler –, issu d’une famille de griots, était à la tête d’un orchestre de plusieurs dizaines de percussionnistes, dont plusieurs membres de sa famille.

En 2010, il avait indiqué à une journaliste avoir quatre femmes et au moins 15 filles et 15 garçons. Il avait aussi raconté qu’il avait dû batailler contre son père, comptable, qui refusait qu’il devienne musicien, un art qu’il a appris jusqu’au fin fond du Sénégal. "Je rencontrais les anciens pour qu’ils me transmettent ce langage très précis des percussions que tout le monde connaissait alors: comment annoncer qu’il y a un feu de brousse, qu’un serpent a piqué quelqu’un et quel genre de serpent, que la femme qui vient de se marier a rejoint la demeure conjugale et que son mari est content d’elle", avait-il expliqué.

Il a marqué le Sénégal de son empreinte et a partagé la scène avec de nombreux artistes dont Miles Davis, les Rolling Stones, des percussionnistes au Japon.

Depuis, il a marqué le Sénégal de son empreinte et a partagé la scène avec de nombreux artistes dont Miles Davis, les Rolling Stones, des percussionnistes au Japon…

Son nom est associé aux défilés civils marquant la fête de l’Indépendance du Sénégal – célébrée chaque 4 avril – durant lesquels des majorettes marquent le rythme au son de ses percussions. Une composition faite à la demande du premier président sénégalais (1960-1980), Léopold Sédar Senghor, décédé en 2001.

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Doudou Ndiaye Rose a régulièrement rendu hommage à Senghor, fervent défenseur de la Culture qui l’a régulièrement invité aux manifestations grandioses, comme le premier Festival mondial des arts nègres, en 1966 à Dakar. Autre souvenir marquant de sa carrière: sa participation, avec son armée de batteurs, aux célébrations du bicentenaire de la Révolution française à Paris en 1989.

Doudou Ndiaye Rose, un petit bout d’homme, impressionnait toujours lors de ses prestations, par une débauche d’énergie: tapant sur ses percussions, chantant, dansant, sautant, tout en restant majestueux dans ses costumes de scène et dirigeant avec force gestes ses batteurs, qui alternent mouvements d’ensemble et mouvements en solo.

D’après Aboubacar Demba Cissokho, de l’Association de la presse culturelle du Sénégal, il avait été classé "Trésor humain vivant" par l’Unesco en 2006, en même temps que d’autres compatriotes célèbres. Cette distinction vise "des personnes ou groupes de personnes détenant des savoirs ou savoir-faire dont ils sont les acteurs stratégiques de transmission", selon le ministère sénégalais de la Culture. D’après AFP

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