Les deux claviers mélancoliques de Jean Rondeau

Le claveciniste Jean Rondeau. ©(c)Edouard Bressy

Le claveciniste français alterne les sonorités envoûtantes d'un clavecin et d'un virginal pour exhaler la mélancolie de Frescobaldi, Rossi, Sweelinck, Dowland ou Gibbons. Somptueux!

Ne vous fiez pas à sa triste pochette. Le nouveau CD de Jean Rondeau aurait mérité un bien plus bel écrin, à l’image de ce subtil florilège de pièces des XVIe et XVIIe siècles signées Frescobaldi, Rossi, Sweelinck, Dowland, Gibbons… Au-delà du plaisir immédiat que procure ce récital, les oreilles les plus affûtées vont en effet savourer l’alternance entre un grand clavecin italien – quels timbres ! – et un virginal florentin du XVIe.

Le concept dépasse le simple jeu des contrastes pour mettre en évidence deux univers sonores célébrant une seule et même mélancolie. Celle tout en larmes de Dowland, dont la célèbre chanson «Flow, my tears» (1506) inspirera tant de compositeurs, jusqu’à Britten. Et celle qui explorera davantage la sphère chromatique, comme l’explique Rondeau dans un livret très pointu.

Intelligence confondante

Pas besoin pour autant d’assimiler la théorie des tempéraments inégaux, choisis ici, pour savourer «la palette irrésistible de deux territoires acoustiques bien distincts». Deux univers amplifiés par le clavecin et le virginal, et célébrés avec une intelligence confondante par le plus chevelu et le plus brillant des jeunes clavecinistes français.

Album classique

«Melancholy grace»
Jean Rondeau

Note de L'Echo: 5/5

Intavolatura di balli d’arpicordo: No. 5, Ballo alla polacha con il suo saltarello

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