interview

Lous & The Yakuza: "Tout est coloré dans ma tête"

Avant de faire de la pop urbaine et d’être produite par le maestro El Guincho, Lous a fait de la soul. ©Laura Marie Cieplik

Alors que son premier album sortira mi-octobre, Lous & The Yakuza livre des singles qu’on écoute jusqu’en Italie. La sublime Bruxelloise propose, ces jours-ci, "Laisse-moi" en duo avec le rappeur Hamza. Interview dans un hôtel désert.

Depuis la sortie du premier single "Dilemme" en octobre dernier, Lous & The Yakuza a sorti quatre singles. À chaque fois, le mécanisme de la promo s’est mis en route. Dans l’idéal, la jeune artiste aimerait pouvoir faire un clip pour chaque morceau figurant sur "Gore", l’album dont la sortie prévue en avril a été repoussée d’abord en juin et puis, maintenant, à la mi-octobre. On se souvient qu’avant elle, Angèle avait aussi proposé plusieurs singles avant de publier "Brol". Et d’ailleurs, Lous et Angèle partagent les mêmes attachées de presse. Continuer à buzzer en pleine pandémie reste, toutefois, un peu plus ardu. Lous nous confie que "Dilemme" a été disque d’or en Italie mais que la sauce n’a pas aussi bien pris chez nous et en France. En attendant, juste avant nous, une équipe d’Arte s’est déplacée de Hambourg pour la filmer.

"Il y a beaucoup d’égo dans la musique"

Lous est l’anagramme de Soul. Avant de faire de la pop urbaine et d’être produite par le maestro El Guincho, qui a contribué au succès international de Rosalia, Lous a fait de la soul. Elle nous cite toutes les voix de la soul américaine qui l’ont inspirée et puis, elle nous confie adorer Dalida. Ensemble, on évoque le destin tragique de la chanteuse née en Égypte.

"Tout est coloré dans ma tête. On a tous une couleur. Si vous voyiez mon appartement, on dirait que je suis sous acide, il y a des couleurs partout!"
Lous
Chanteuse

Lous, dont le vrai prénom est Marie Piera, a eu aussi sa part de drame dans sa jeune vie (elle a vingt-quatre ans). Née au Congo, ayant grandi au Rwanda, la jeune Lous a connu quelques épisodes, courts, de vie dans la rue à Bruxelles. Parce qu’elle voulait s’engager dans la musique contrairement à la volonté de ses parents, tous deux médecins, qui lui payaient des études. Elle a même fait un peu de philo, de droit et de sciences po à l’UCL. "J’allais à l’unif comme si c’était un hobby." Mais son truc vrai, c’était la musique. Même si elle trouve que l’égo prend beaucoup de place dans ce milieu.

Durant un an, pour payer ses factures, Lous a bossé comme mannequin. Quand on lui demande si c’est important d’être validée par le milieu de la mode, elle nous répond que c’est une réflexion un peu sexiste. Sauf que, depuis le buzz autour de Lous & The Yakuza – Yakuza, c’est en raison de son amour pour le Japon et les mangas –, elle a accepté des deals avec Adidas, Louis Vuitton et Chloé. "L’argent que je gagne grâce à ma participation à leurs campagnes va me permettre de fonder des hôpitaux en Afrique", me confie-t-elle. Et là, on comprend qu’elle s’est réconciliée avec ses parents médecins.

Pop

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"Gore"

Lous & The Yakuza

Sony Music

Sortie le 16 octobre

En tournée début 2021

"On a tous une couleur"

Outre El Guincho, Lous a collaboré avec les producteurs Ponko et Mems connus de la scène bruxelloise. Hamza, star du rap lui aussi originaire de Belgique, vient de la rejoindre sur "Laisse-moi", le nouveau single. Ce qu’elle aime par-dessus tout, c’est le groove. On lui fait remarquer qu’elle parle souvent de couleur et d’odeur dans ses morceaux. "Tout est coloré dans ma tête. On a tous une couleur. Si vous voyiez mon appartement, on dirait que je suis sous acide, il y a des couleurs partout!" On éclate de rire. Comme on pouvait se l’imaginer, Lous est une fille joyeuse qui chante des choses tristes. Encore que "Amigo", qui sortira un de ces quatre en single, est un morceau dansant et pas plombé.

Engagée en tant que féministe, Lous soutient aussi le mouvement Black Lives Matter. "À la mort de George Floyd, j’ai posté une vidéo où je pleurais, c’est la première fois que je le faisais. Il y a encore quelques millions de personnes qui nient le racisme et qui se demandent pourquoi on parle de ça en Belgique. Des gens qui ne savent pas ce qu’est le racisme systémique et le privilège blanc. Ça me fend le cœur."

Lous & The Yakuza ft. Hamza, "Laisse moi"

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