Mahler, le chant du cygne de Reinbert de Leeuw

©ANP Kippa

Reinbert de Leeuw, décédé à 81 ans en février dernier, a insufflé une force incomparable à la très belle réduction chambriste du "Chant de la Terre" de Mahler. Un testament.

«Das Lied von der Erde», symphonie de six lieder composée par Mahler après la mort de sa fille, connaît une très belle réduction chambriste pour 15 instrumentistes et 2 chanteurs. Est-ce parce qu’il savait que ce serait son dernier disque que le chef Reinbert de Leeuw, décédé à 81 ans en février dernier, a insufflé une telle force à cet arrangement?

Classique

«Mahler – ‘Das Lied von der Erde’»
Richardo/Saelens/Het Collectief/de Leeuw

Chez Alpha
Sur YouTube, concert intégral à l'abbaye de Royaumont du 13/9/20

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La réussite est en tout cas absolue, portée par les instrumentistes à la verve acérée de l’ensemble bruxellois Het Collectief. Côté vocal, on a droit à la version pour mezzo et ténor, la plus intense. Car c’est bien cette dichotomie vocale entre le féminin et le masculin qui sert si admirablement ces chants vénérant autant l’ivresse et la vinasse que la jeunesse et la beauté.

Si l’excellent ténor belge Yves Saelens, rompu à l’exercice, assume avec une parfaite expressivité ses chansons à boire, la vraie révélation de ce CD s’appelle… Lucile Richardot. Cette grande baroqueuse s’empare avec un sens de la nuance bouleversant d’un répertoire qui n’était pas le sien. Imparfait désormais de rigueur.

La preuve par les 31 minutes du dernier chant, «Der Abschied», l’adieu, dont elle nous offre une version d’une plénitude magistrale.

'Das Lied von der Erde' by Reinbert de Leeuw, Het Collectief and Lucile Richardot

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