Melody Gardot s'invite en Belgique

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À trente ans à peine, la jeune chanteuse américaine s’affirme comme une des relèves du jazz vocal féminin. Cet été, elle sillonne l’Europe avec son quatrième album "Currency of man" et se produira ce week-end à l’abbaye de Floreffe, dans le cadre du festival Esperanzah!

À se laisser aller à trop de facilité, on pourrait dire que Melody Gardot a un prénom destiné à faire d’elle une chanteuse de jazz. Pourtant, à côté de cette originalité, on ne peut pas dire que son parcours est différent de celui de milliers d’Américains de sa génération. Né un 2 février 1985, dans l’état du New Jersey, Melody Gardot voyage beaucoup, au gré des reportages de sa mère, photographe. Après plusieurs périples au travers des Etats-Unis, la famille finit par se poser à Philadelphie et la jeune fille, à l’approche de l’adolescence, s’intéresse à la musique, notamment celle de Duke Ellington ou de The Mamas and the Papas. Mais ce n’est qu’à l’approche de ses 16 ans qu’elle commence à se produire sur scène, dans quelques salles locales. La musique est alors un passe-temps.

La découverte de la musicothérapie

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En 2003, un incident va bouleverser sa vie et influencer définitivement son parcours artistique. Alors qu’elle se promène en vélo, la jeune femme se fait renverser par une voiture. Melody reste alors hospitalisée près d’un an. Sur son lit d’hôpital, elle découvre la musicothérapie dont les résultats, dans son cas, sont probants. Elle se met aussi à apprendre la guitare. Très vite, Melody compose ses premières chansons dont elle écrit même les paroles. Au fil des mois, la jeune femme se remet du traumatisme, mais les séquelles physiques de cet accident la suivront toute sa vie: extrême sensibilité à la lumière et au bruit, douleurs musculaires, etc. C’est de ces blessures qu’elle tirera le style "Gardot", en jouant délibérément avec la posture de la chanteuse de jazz. Sur scène, canne et lunette de soleil seront donc bien plus que des accessoires de mode…

Les premiers succès

La suite reste plus classique: la jeune femme sillonne les bars, les petites salles de concerts, avant de se faire remarquer par une radio locale qui la pousse à produire une première maquette. Ce "mini" CD de six titres, "Some Lessons — The Bedroom Sessions" paraît en 2005. Il contient déjà les ingrédients des futurs succès de la chanteuse, qui se concrétiseront dans un premier vrai album, "Worrisome Heart", paru au label Verve Records. En peu de temps, ce titre est un succès, tant critique que commercial. L’album surprend sans doute par sa diversité musicale. Avec cette première production, les portes deviennent plus faciles à ouvrir. Même si les premiers concerts sont éprouvants physiquement, Melody Gardot assume une promotion dans tous les Etats-Unis.

La révélation

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L’année 2008 est une année charnière pour Melody Gardot. Elle rencontre Larry Klein, le producteur notamment de Joni Mitchell. Le fruit de cette association se concrétisera dans un deuxième album: "My One and Only Thrill". Plus encore que pour le premier album, le succès critique de cet opus est incontestable, notamment pour la chanson "Who Will comfort me?" qui sera à elle seule un best-seller. L’album sera vendu à 500 000 exemplaires. Du reste, Melody Gardot, très vite, se fait une place dans le jazz vocal. Et les comparaisons fusent: Diana Krall, Carole King ou encore Madeleine Peyroux. Rien que cela. Musicalement, cet album est certainement beaucoup plus éclectique que n’était le premier. Melody Gardot va chercher ses inspirations dans plusieurs genres musicaux, parfois très différents: Billie Holiday, Miles Davis, en passant aussi par Duke Ellington. Jazz, blues, mais aussi bossa nova: la jeune femme ose le mélange des tons.

La confirmation?

C’est dans cette veine se produira le troisième album de l’artiste, "The Absence", produit par Heitor Pereira, mais dont on perçoit plus fortement encore l’influence latino nourrie notamment par des voyages au Brésil et au Portugal. Melody Gardot se produit aussi dans de nombreux pays européens, une première pour la jeune artiste. Mais c’est très certainement son dernier opuse, "Currency of man", paru en juin dernier, qui est véritablement l’album de la confirmation. Un album qu’elle produit une fois encore avec Larry Klein et qu’elle présente comme une découverte: "Tout album est un voyage, et à certains égards ce disque est un saut dans l’inconnu. Après avoir passé du temps à Los Angeles, j’ai constaté que toutes ces chansons parlent de gens que j’ai rencontrés. Des gens qui faisaient l’expérience de la vie…".

Melody s’intéresse à l’homme, aux vagabonds, aux prostituées, aux drogués, tout en abordant aussi des questions de société comme le racisme. En s’aventurant davantage dans le blues, "Currency of man" est un album plus mature et plus dense vocalement que les titres précédents. Il démontre aussi l’étonnante variété du répertoire de la jeune artiste qui, au fil des prestations, acquiert l’assurance et la voix des toutes grandes. Sur la scène du festival Esperanzah!, ce samedi 1er août, elle défendra quelques titres de ce nouvel opus.

Melody Gardot au Festival Esperanzah! à l’Abbaye de Floreffe, Scène côté cour, ce samedi 1er août à 23h30 (changement d’horaire et changement de scène pour des raisons de routing – l’artiste joue la veille dans le Sud de la France au festival de Marciac – et de grosse installation technique).

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