interview

Namdose, la claque indie franco-belge

©Manou Milon

Une décharge de rock indé brut et sans prise de tête. C’est la promesse du supergroupe franco-belge Namdose.

Namdose est le fruit de la rencontre entre les Bruxellois de BRNS, bien connu de notre contrée pour leur rock indé catchy et saccadé, avec les Français de Ropoporose, duo frère-sœur à l’origine d’une pop sautillante et racée. Une aventure électrique axée sur le partage, qui a vu se créer en un temps record un album, une tournée et une belle histoire d’amitié. Rencontre.

Namdose - "Woe"

Comment est née cette collaboration?
Antoine (BRNS): Nous nous étions croisés il y a quelques années lors d’un festival à Vendôme, dans leur ville d’origine. On a commencé à sympathiser et on a rapidement collaboré sur un disque dans le cadre des "Disquaire Day". Mais c’est bien plus tard, lorsque Paul-Henri Wauters, du Botanique, nous a proposé de réaliser une création originale pour le festival des Nuits Bota qu’on a souhaité inviter Ropoporose pour composer ensemble. Ça intervenait à un moment où on avait envie de se rendre curieux.

"Nous n’avons pas pensé à ce qu’il fallait faire, on a simplement fait."
Pauline Ropoporose

Comment vous-êtes vous organisés?
Antoine: En tout, on a fait 7 morceaux en 12 jours entre Bruxelles, Vendôme et la Normandie. C’était très intense! Cela a vraiment guidé la trajectoire des compositions. Au début, on a eu la crainte de savoir ce que l’on voulait faire ou ne pas faire, mais la collaboration a été assez fluide finalement.

Quand vous vous retrouvez tous ensemble, comment vous êtes-vous mis au travail?
Romain (Ropoporose): Au début, on s’est installés et puis on s’est regardés en se disant "bon, on fait quoi maintenant"? Mais c’est le genre de choses qui arrive tout le temps! On s’est aussi rendu compte qu’on n’avait pas du tout les mêmes manières de répéter ou de composer. Alors, il a fallu inventer la nôtre. On a simplement bœufé tous ensemble, il y a eu des moments d’errance qui sont très gênants, et puis des moments de lucidité collective super-chouettes

Était-ce difficile de trouver un terrain d’entente musical commun entre vos deux formations?
Pauline (Ropoporose):Nous n’avons pas eu le temps, ni vraiment le besoin ou l’envie, de se dire exactement ce qu’on allait faire. On s’est juste mis ensemble et ce sont nos personnalités musicales qui se sont dévoilées. Nous n’avons pas pensé à ce qu’il fallait faire, on a simplement fait. Le timing nous a obligés à créer quelque chose de très brut.

"On peut vraiment y aller ‘grosse baston’ et chanter comme des hooligans!"
Romain Ropoporose

Vous sentez-vous plus libre avec Namdose que dans vos projets respectifs?
Diego (BRNS): C’était plus un exercice de style. Il fallait aller à l’essentiel, mais aussi peut-être de ne pas chercher à peaufiner. Être efficace et moins dans l’ultra-détail. Et ça se ressent d’ailleurs dans la musique, qui est très directe.

Romain: Je pense aussi qu’on s’est rendu compte qu’avec nos deux batteries on pouvait aller dans quelque chose de beaucoup plus puissant. C’est un sentiment qui nous a guidés durant toute la conception de l’album. Je ne pense pas qu’on aurait approché cette surpuissance-là avec nos groupes respectifs. Un des aspects les plus engageants avec Namdose, c’est qu’on peut vraiment y aller "grosse baston" où l’on chante tous ensemble comme des hooligans! C’est quand même un leitmotiv esthétique aussi de se dire qu’on peut aller par-là.

Avez-vous déjà prévu une date d’expiration à ce projet?
Diego: À la base, ça tombait vachement bien que "Ropo" et nous soyons entre deux disques. Du coup, on aimerait beaucoup avoir ce rendez-vous entre nos échéances respectives. De se retrouver, de composer quelques titres sans trop de prises de tête et pouvoir embrayer sur quelques dates.

Romain: Je pense qu’on verra surtout comment ça se passe lors de cette tournée, pour voir si on se supporte!

Critique

Namdose — "Namdose"

Note: 3/5

BRNS et Ropoporose sont deux groupes qui évoluent dans le même registre du rock indé aux influences math-rock. Rien d’étonnant à ce que Namdose, le mélange de ces deux entités, donne un ensemble électrique homogène et dévastateur. Sur les six titres de cet album homonyme, les musiciens s’amusent et jouent avec la puissance nouvellement créée de cet assemblage. Les rythmiques sont frontales, les voix sont braillardes ("Woe", "Wake Up") et les guitares n’ont jamais été aussi lourdes d’un côté de la frontière comme de l’autre. Mais c’est dans le contraste et la nuance que Namdose trouve sa justesse. Dans l’alternance des temps forts et des temps faibles, dans la parade des voix qui semblent danser entre elles, et dans ces mélodies bien senties qui s’insèrent si facilement dans le crâne. 

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