Nos 4 coups de cœur musicaux de la semaine

©RV DOC

Chaque semaine, nous vous proposons d'apprendre à connaître 4 artistes venus d'horizons musicaux totalement différents et qui ne vous laisseront certainement pas indifférents. Allez, on vous emmène.

Disques Debs International - "Vol 1: An Island Story Biguine Afro Latin & Musique Antillaise 1960-1972"

Ethnique | Strut Records. Note: 3/5.

Bien après le Buena Vista Social Club, Orchestre Baobab et d’autres trésors exotiques, voici qu’enfin ressurgissent les perles de la musique des Caraïbes, et plus exactement de la Guadeloupe. Compilés par Hugo Mendez et Émile Omar, il s’agit du premier volume d’une série consacrée au label Debs International.

Outre Debs lui-même, qui interprète des biguines en compagnie de son sextet ("Moin çé on maléré"), ce disque compile des chansons mélangeant français et créole, mais également l’espagnol. L’influence cubaine est d’ailleurs patente au travers de certains des 21 morceaux repris ici, notamment sur "Lan Misè".

"À mon ami Lucien Jolibois" renvoie aux albums de feu le pianiste Ruben Gonzalez, tandis que "Van Van" est une salsa trépidante. C’est d’ailleurs ce mélange de rythmes et de cultures qui détonne de ce disque ensoleillé et suranné: le "Youyou Matayango" a tout du vaudou africain.

Bien sûr, planant par-dessus ces rythmes divers, c’est la langue mélangée du créole qui domine, notamment sur la biguine "Salvana". Ce trésor musical guadeloupéen se révèle bien autre chose q’une simple curiosité ethnomusicale. 

Disque Debs - The Legacy of Henri Debs

Underwolrd & Iggy Pop - "Teatime dub encounters"

Pop | Caroline Music. Note: 4/5.

Cela appartient aux rencontres improbables qui sont parfois les meilleures. Alors que Rick Smith, du groupe Underworld, bossait sur la bande originale de "Trainspotting 2", il provoqua une rencontre avec Iggy Pop qui se trouvait, comme lui, à Londres.

©Caroline Music

Tous deux avaient déjà une histoire avec "Trainspotting" puisqu’ils avaient plus ou moins participé à la B.O. du premier film sorti 20 ans auparavant. Iggy Pop y faisait entendre son "Lust for life" et "Born slippy (Nuxx)". Dès l’accord d’Iggy Pop, Rick a booké une chambre d’hôtel et y a emmené une bonne partie de son matériel.

Les quatre morceaux enregistrés au Savoy Hotel forment un EP (aussi long en minutes qu’un CD normal). Iggy n’y chante pas, il récite. Ou plutôt, il raconte des histoires et c’est un bon raconteur.

Bon, dans l’histoire de l’hôtesse en l’air, on entend quand même qu’il en a marre des critiques rock – c’est glissé comme ça, en passant, mais on ne l’a pas raté – et dans "I’ll see big", il parle d’amitié et d’exigences. Si on les avait vus dans la pièce, Rick et Iggy, on aurait compris à quel point ils se marraient. Et on aurait aimé qu’ils fassent quelques morceaux de plus…

Underworld & Iggy Pop - I'll See Big

Deafheaven - "Ordinary corrupt human love"

Indie | Anti. Note: 3/5.

À l’origine d’un son mêlant les cris et la brutalité du grindcore avec la légèreté et la mélancolie du shoegaze et du post-rock, la formation de San Francisco jouit d’une belle popularité auprès des amateurs de black metal comme chez les fans de musique indé.

©Anti-

Après trois albums dont le désormais culte "Sunbather" et sa très belle pochette tout en dégradé, les Deafheaven confirment ici qu’ils possèdent cette faculté rare d’absorber l’auditeur dans l’écoute.

Il est bien entendu concevable qu’une telle musique puisse ne pas plaire à toutes les oreilles, mais il y a dans "Ordinary corrupt human love" de vrais moments de grâce où le temps semble se suspendre ("Near", "Canary yellow"), aidé par la longueur des morceaux, qui donne bien souvent l’impression d’écouter plusieurs chansons en une, comme une histoire à plusieurs chapitres.

Il y a également quelque chose d’universel, presque pop, dans les sonorités et les accords du groupe ("Honeycomb", "Night people"). La musique de Deafheaven n’a jamais été aussi douce et tamisée, malgré le côté brutal du genre. Une pépite noire au cœur de l’été.

Deafheaven - "Canary Yellow"

"Shostakovich Symphonies n°4 et 11" - Boston Symphony, Andris Nelsons

Classique | Deutsche Grammophon. Note: 4/5.

Pas le temps de souffler pour Andris Nelsons, qui enregistre son intégrale Bruckner à Leipzig en parallèle avec son cycle des symphonies de Shostakovich à Boston. Ce troisième CD Shosta devrait, comme les précédents, glaner l’un ou l’autre "award", tant la richesse des timbres de la phalange américaine sert l’inclassable symphoniste que fut le Russe.

©Deutsche Grammophon

Associer sa très novatrice 4e symphonie de 1936 – interdite par le régime – avec celle qu’il écrivit 21 ans plus tard à la gloire de la "révolution" de 1905 est un couplage musicalement audacieux, mais passionnant. La grande modernité de la quatrième – dont témoignent l’urgence de l’allegro final ou la progression du largo, entre bucolisme et terreur nocturne – tranche avec le discours plus accessible de la onzième et sa longue ouverture en forme de poème symphonique.

La force de Nelsons, face à ce diptyque improbable, est dès lors de souligner avec une belle éloquence les traits qui traversent toute l’œuvre de Shosta, entre joie et sarcasme, optimisme et terreur, célébrant la musique d’un homme qui dut composer aussi avec Staline pour échapper au goulag.

Andris Nelsons and the BSO - Shostakovich Symphonies Nos.4 & 11 (Trailer)

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