Nos coups de coeur musicaux

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Du rock, de la musique classique et de l'indé pour une sélection...frissonnante!

Jonathan Bree - "Sleepwalking"

Indie | Lil'Chief Records | 4/5

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Artiste confirmé, Jonathan Bree fait partie du paysage musical néo-zélandais depuis ses débuts avec The Brunettes en 1998. Mais il aura fallu attendre 2018 et la sortie de l’énigmatique vidéo du single "You’re so cool" pour que le monde entier se penche sur le travail de l’artiste. Avec sa pop mystérieuse inspirée des sixties et sa voix de crooner, Bree s’affirme comme un créateur hors pair."Sleepwalking", son troisième album solo est d’une douceur extrême. Batterie feutrée, cordes subtiles, lignes de basse étouffées… Tout semble avoir été pensé et orchestré pour caresser l’auditeur. Mais l’album brille surtout par sa simplicité. Ici, pas de fioriture, pas de superflu. L’essentiel des émotions se transmet par la voix chaleureuse de l’artiste et par la qualité des compositions, tantôt entêtante ("Say you love me too"), tantôt déchirante ("Roller disco") ou enivrante ("Fuck it", "Boombox serenade"). Un retour aux fondamentaux éclatant, qui s’avère plus avant-gardiste que rétro. Alerte frissons. C.BQ

Jonathan Bree - "You're So Cool"


 Edoardo Torbianelli - "Chopin, Late piano works"

Classique | Glossa | 4/5

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Interpréter Chopin n’a jamais cessé d’interpeller. Il suffit pour s’en convaincre de mesurer la somme produite sur le sujet par l’éminent musicologue Jean-Jacques Eigeldinger ou, dans un genre plus laconique mais tout aussi décisif, les "Notes sur Chopin" d’André Gide. Car, voilà, il n’y a pas d’enregistrement du maître et le dernier de sa lignée dont on en ait un, Raoul Koczalski, est sujet à caution tant son rubato semble artificiel. Mais il est une brèche insuffisamment explorée que tentent quelques pianistes d’aujourd’hui – feu Aldo Ciccolini, Nelson Goerner ou Edoardo Torbianelli, dont il est question ici – d’aborder le maître par l’harmonie et non derechef par le lyrisme irrésistible de ses lignes de chant. Une démarche qui va tout de suite mieux avec un piano Pleyel d’époque, ses registres marqués, sa sonorité légèrement voilée et sa mécanique à simple échappement. Torbianelli, génial explorateur, en tire des inflexions et des nuances d’une infinie subtilité, et révèle toute la hardiesse et l’inventivité des modulations de Chopin. Un Chopin à mezza voce, foisonnant comme jamais, et qui semble improviser devant nous. X.F

Edoardo Torbianelli interprète Chopin : “Lento con espressione do dièse op. Posth”


Neil and Liam Finn - "Ligthsleeper"

Rock | Pias | 3/5

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Une affaire de famille, mais une belle affaire. Neil Finn, ancien membre de Splitz End et bien sûr leader de Crowded House, s’associe cette fois à son fils Liam, lequel a déjà une belle carrière solo de musicien, sans doute plus aventureuse et moins pop que son géniteur. Là ou Neil aime les ambiances… familiales dans ces différents groupes, Liam préfère tout jouer lui-même sur ses albums, repoussant les limites de l’autoproduction. Et si le père impose ici son épouse Sharon à la basse, Elroy, son autre fils, à la batterie, et d’autres amis dont Mick Fleetwood, c’est bien l’ambiance éthérée, atmosphérique et un peu low-fi propre au fils qui prévaut au travers des 11 titres de "Lightsleeper". Même si sur "Back to life" ou "Ghosts", le paternel impose en sous-main son art de la pop, des morceaux comme "Hiding places" ou "Meet me in the air" révèlent l’orfèvrerie musicale prônée par Liam qui se perd parfois dans les détails en oubliant l’essentiel: la mélodie. L’ensemble ressemble à ses longs et magnifiques nuages qui survolent la NouvelleZélande, terre natale de Finn: majestueux mais cotonneux. B.R

Neil & Liam Finn - Back To Life


"Vater Unser - German sacred cantatas"

Classique | Paulin Bündgzen/Clemantis | Ricercar | 4/5

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Cet enregistrement de cantates sacrées allemandes par Ricercar a un petit goût de retour aux sources pour les aînés. Début des années 1980, le jeune label de Jérôme Lejeune éditait ses inoubliables Deutsche Barock Kantaten, avec le bouleversant Henri Ledroit. Depuis, la musique ancienne a pris de nouvelles couleurs. On n’est plus dans la découverte, mais dans la (re)lecture d’un répertoire foisonnant. A priori, on n’attendait pas ici, dans des cantates allemandes célébrant "Vater Unser", Notre Père, l’ensemble Clématis de Stéphanie de Failly, tellement lumineux dans le virevoltant baroque… italien. Mais son association avec le brillant contre-ténor français Paulin Bündgen, qui fuit les vocalises tape-à-l’oreille au profit d’œuvres tout en profondeur, accouche in fine d’un dialogue d’une grande beauté formelle. Laquelle prouve que l’austérité que l’on prête parfois au culte luthérien fut surtout le ferment d’une inspiration puissante pour les Schein, Böhm, Tunder, Pohl, Theile… Et que, aux strictes implorations divines, leur plume préféra la fusion subtile d’une grande richesse instrumentale avec la céleste voix d’alto. ST.R

Vater unser im Himmelreich


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