Nos coups de coeur musicaux

©doc

Chaque semaine, nous vous proposons d'apprendre à connaître 4 artistes venus d'horizons musicaux totalement différents et qui ne vous laisseront certainement pas indifférents. Allez, on vous emmène.

Rod Stewart - "Blood red roses"

Rock | Universal. Note: 3/5

Trentième album en près de cinquante ans de carrière solo pour Rod Stewart, dont la voix déjà éraillée a gardé cette griffe inimitable, entre Bonnie Tyler et Kim Carnes… en plus couillu bien sûr.

Au cours de ce demi-siècle, ponctué de tubes comme "Sailing", "Maggie May" ou "Da ya think I’m sexy", l’ancien chanteur du Jeff Beck Group n’a pas commis que des chefs-d’œuvre: passant d’un blues-rock carré aux racines folk dans les années septante, à une pop disco sirupeuse à l’aune des eighties, son style s’est aseptisé, voire étiolé. Rod s’est ensuite mis en tête de jouer les crooners sur des standards de la musique américaine, puis du rock. Mais depuis la publication de ses mémoires en 2012, Stewart est revenu à la composition et "Blood red roses" se veut un condensé de souvenirs nostalgiques ("Farewell"), joyeux ("Give me love"), soul ("Rest of my life"), boogie ("Vegas shuffle") et déchirant sur "Didn’t I", sorte de lettre musicale à sa fille junkie. Sincérité est le maître mot de cet album, parfois d’une élégie celtique sur "Grace" ou tenant de la gigue écossaise ("Blood red roses") mais pas trop lyophilisée par la production… aussi peroxydée que les cheveux de Rod Stewart.

Rod Stewart - Didn't I ft. Bridget Cady

Jain - "Souldier"

Pop | Sony Music. Note: 3/5

©doc

Après le succès de son premier album, qui l’a mise sur orbite internationale, la petite Française était bien convaincue de ne pas vouloir en rester là. Avec la même équipe, menée par Yodelice, Jain refait un album joyeux entièrement en anglais. Son flow est juste incroyable. La fille pourrait certainement rapper. En même temps, sa voix lui permettrait également de chanter du blues. Ses influences sont vastes. Cela va des fameuses cordes égyptiennes qu’on reconnaît dans "On my way" au reggae de Bob Marley et Peter Tosh dans "Alright". Jain, qui a longtemps vécu en Afrique, a décidément bien intégré les éléments qui en font toute la saveur comme on l’entend dans "Oh man" accompagné du son de la kora de Sidi Diabaté. La majorité de ses textes sont des messages de pensée positive. Jain est un bon petit soldat pop et pas une poupée avec des tresses… 

En concert le 15/6/2019 à Forest National.

Jain - Alright

Agar Agar - "The dog and the future"

Indie | Cracki Records. Note: 3/5.

©Grönland

Au début des années 2010, la mode est au nom de groupe qui se répète. Hyphen Hyphen, Django Django, Everything Everything ou même Pony Pony Run Run en sont de beaux spécimens. Ils ont également la particularité de produire une musique électro pop, souvent explosive et décalée. Formé en 2014, le duo Agar Agar s’inscrit parfaitement dans cette tendance. Après "Cardan", leur premier EP remarqué mais loin d’être transcendant sorti en 2016, les Parisiens sortent leur premier album, "The dog and the future", un disque qui a pour thèmes principaux les chiens et… le futur. Lancé par le superbe single "Fangs out", dopé aux nappes de synthés énigmatiques et aux beats percutants, ce nouvel opus brille étonnamment par sa douceur. Les basses de "Sorry about the carpet" se font hypnotiques, la mélancolie mièvre de "Gigi song" donne l’impression de vivre dans un épisode de Twin Peaks, quand "Lunatic fight jungle" tente de secouer maladroitement le tout par ses rythmiques suaves et tropicales. Agar Agar a finalement su sortir de la "hype" des débuts. 

En concert le 21/10 au Botanique.

Agar Agar - Fangs Out

"Bloch/Elgar - Gary Hoffman/OPRL"

Classique | 1 CD Dolce Volta. Note: 5/5.

©La Dolce Volta

Évacuera-t-on un jour l’éternelle comparaison avec la lecture (trop?) démonstrative du concerto d’Elgar par Jacqueline du Pré? Les violoncellistes qui s’attaquent à ce monument (de guimauve british pour les uns, de romantisme post-Grande Guerre pour les autres) n’y arrivent pas. Gary Hoffman, professeur à la Chapelle Reine Elisabeth, prévient donc: sa référence à lui, c’est Casals et toute son intériorité. De fait, Hoffman relit Elgar avec une intensité peu banale. Les redoutables notes du solo d’entrée annoncent d’emblée la gravité du propos, et si la nostalgie est assumée, revendiquée même, elle s’exprime sans emphase, ni vibrato larmoyant. Cette très belle interprétation, servie par la magnifique sonorité d’un Amati de 1662, doit cependant une part de sa réussite à l’engagement de l’OPRL et de son chef Christian Arming. D’autant que c’est avec le même souffle que la phalange liégeoise, en très belle condition, accompagne Gary Hoffman dans l’autre pièce "de guerre" qu’il a choisi de coupler – "Shelomo", la rhapsodie hébraïque de Bloch écrite en 14-18. Un dialogue insensé entre les crescendos du violoncelle et les tsunamis sonores qu’il déclenche. Un très grand soliste et un très grand orchestre.

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