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Nos coups de coeur musicaux

©rv

Du rock, de la musique classique, pop et indié dans notre sélection de la semaine.

Elvis Costello - "Look now"

Rock | Universal | 4/5

©CONCORD/UNIVERSAL

Qu’il est loin le temps où Declan McManus Alias Elvis Costello passait pour un angry young man. Quarante ans et quarante albums ont passé, et depuis Costello s’est révélé un orfèvre en chansons pop délicates aux paroles ciselées. Ce "Look now" a d’ailleurs des airs et des "airs" qui rappellent sa première œuvre apaisée, "Imperial bedroom", tout comme sa collaboration avec Burt Bacarach en 1998: le vieux mélodiste de génie cosigne encore trois titres sur ce nouveau disque, lequel voit surgir un autre revenant issu des sixties et seventies en la personne de Carole King qui co-écrit "Burnt sugar is so bitter".

Si ce nouvel opus n’a rien de révolutionnaire, en creusant son microsillon, l’Écossais ouvrage encore un peu plus ses mélodies de sa voix inimitable. "Unwanted number" et "Mr. and Mrs. Hush" servent de locomotive aux 12 titres qui constituent ce CD, renforçant un peu plus le statut d’Elvis Costello en tant qu’interprète nostalgique de ses propres compositions, notamment sur "Suspect my tears". Avec un couac tout de même: cet "Adieu Paris", l’un des bonus tracks, chanté en français chamallow et pâle imitation du "Down in the Seine" du Style Council à l’époque. Nobody’s perfect… 

Elvis Costello & The Imposters - Unwanted Number

The Blaze - "Dancehall"

Indie | Animal 63 | 2/5

©doc

À l’origine d’une électro house intense et mélancolique, les deux cousins français de The Blaze sont apparus il y a un an, avec le single "Territory", qui a rapidement rencontré le succès grâce notamment à son très beau clip. "Dancehall", premier album, de Guillaume et Jonathan Alric, tient en dix morceaux. Conçues pour les scènes des plus grands festivals, les pistes reposent toutes sur la même construction: intro lente, montée en crescendo, basses pulsationnelles et atteinte de l’épique. On peut regretter ici plusieurs choses. D’abord un manque de diversification qui pose les limites créatives du duo. Ensuite, le fait qu’ils ne sont pas parvenus à retranscrire musicalement l’émotion et la subtilité qui portaient leurs vidéos. En abusant de la recette qui a fait leur succès, The Blaze semble se borner dans notre époque, au risque de rester éternellement "un bon groupe de 2017". 

The Blaze-Terriroty


Tamino - "Amir"

Pop | Caroline Music | 3/5

©rv

À 22 ans, Tamino l’Anversois s’est déjà bâti une belle réputation au-delà de son territoire. Sur base d’un E.P., de quelques vidéos envoûtantes et de concerts sold-out… Alors, forcément, on attendait son premier album. Et le voici. Son goût pour les mélopées orientales et les cordes égyptiennes se retrouve sur de nombreux morceaux comme c’était déjà le cas avec "Habibi", l’un des titres qui l’ont fait connaître. Si certains le comparent à un Jeff Buckley du plat pays, on est un peu plus frappé par les similitudes musicales avec Warhaus et Balthazar pour les notes romantiques et mélodiques, notamment dans "Indigo" et "Cigar". Le beau jeune homme a pu compter sur la participation de Colin Greenwood, du groupe Radiohead, sur "Indigo". Le grand-père de Tamino n’était autre que l’acteur et chanteur égyptien Muharram Fouad surnommé "Le son du Nil". Là où il repose en paix, il peut être fier de son petit-fils. 

Tamino - Habibi


Liszt/Pärt - Vanessa Wagner

Classique | 1 CD Dolce Volta| 4/5

©Dolce Vita

Associer sur un même disque Franz Liszt et Arvo Pärt peut paraître surprenant si, du premier, on ne retient que l’image d’un virtuose flamboyant et, du second, celle d’un maître des ombres. Mais ce serait oublier leurs rapports respectifs avec la religion, voire le mysticisme chez l’Estonien, à la source de pièces plus spirituelles que démonstratives. Habituée des chemins de traverse, y compris contemporains, Vanessa Wagner n’a jamais caché son intérêt pour la musique minimaliste. Constat troublant, mais intéressant, voilà que celle de Pärt voisine sans heurt avec celle de Liszt. L’art de la pianiste est en effet d’avoir mêlé très subtilement trois œuvres méditatives de Pärt ("Trivium", "Für Alina" et "Pari Intervallo") à quelques-unes des troublantes "Harmonies poétiques et religieuses" de Liszt, inspirées par Lamartine. Le titre de celles qu’elle a retenues en dit long sur son souci de nourrir, dit-elle, ses "affinités mélancoliques". "Bénédiction de Dieu dans la solitude", "Pensée des morts", "Hymne de l’Enfant à son réveil", "Funérailles"… Sans oublier le superbe Andante lagrimoso. Dolorisme et déploration? Oui. Mais portés par une pianiste qui donne des ailes à la noirceur, et du sens à la méditation. La tristesse peut faire du bien. 

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