Oiseaux-Tempête, rock et poésie pour éclater les frontières

©doc

Les Français d’Oiseaux-Tempête, collectif rock féru d’improvisation, aux influences jazz, noise ou encore orientales, nous reviennent avec un nouvel album et deux concerts.

Certains groupes traduisent mieux que d’autres les troubles agitant notre monde. Post rock et impressionniste, né de l’improvisation, Oiseaux-Tempête documente au fil de ses albums et des images qui les illustrent un parcours entre Grèce, Turquie, Liban et ailleurs encore autour de la Méditerranée. Le tout récent "From somewhere invisible" a dérogé à ce travail in situ, parce qu’enregistré en deux jours à Montréal pendant une tournée, avec l’apport de musiciens locaux en nombre plus réduit. Mais l’esprit est bien le même.

Oiseaux-Tempête - "From somewhere invisible"

Note : 4/5

Sub Rosa

"Si on prépare toujours un peu le terrain d’un point de vue ‘social’ à chaque fois qu’on entre en studio, raconte Stéphane Pigneul, l’un des deux multi instrumentistes autour desquels s’est constitué ce collectif à géométrie variable, on a les poches vides. On part improviser. C’est comme si on laissait tourner un magnéto. On essaie de prendre possession des lieux et des instruments, avec les gens qui nous accompagnent." A Montréal, ce sont notamment Jessica Moss (Thee Silver Mt. Zion) au violon électrique et Radwan Ghazi Moumneh (Jerusalem In My Heart) au bouzouki. "À partir de là, on déroule, on enregistre. Une fois rentrés, on sélectionne, on coupe éventuellement dans les morceaux, on réfléchit à l’agencement, on incorpore ou non de field recording. Ça prend du temps. C’est une grosse partie du travail effectué sur notre matière sonore."

"Quand on entre en studio, on a les poches vides. C’est comme si on laissait tourner un magnéto."
Stéphane Pigneul
Membre d’Oiseaux-Tempête

Résultat? Des morceaux comme des trajectoires. Pas de refrain pour scinder, nul dernier couplet signifiant une fin. Ces sept nouveaux titres sont comme des plongées dans l’obscurité, des abandons mélancoliques et des crescendo terribles, qui rappellent cette phrase de Mahmoud Darwich: "Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie, la peur qu’inspirent les chansons aux tyrans". Oiseaux-Tempête se reconnaît d’ailleurs dans l’œuvre du défunt poète palestinien. "From somewhere invisible" est en effet le troisième album sur lequel on entend un de ses textes. "Ça parle à chacun de nous, confirme Frédéric D. Oberland, l’autre moitié du duo. De même qu’aux vidéastes avec lesquels on a réalisé les clips. La rencontre avec notre musique a eu lieu au moment de l’album qu’on a enregistré au Liban."

Celui-là s’intitule "Al-‘An" et donne à entendre "quelques épiphanies live improvisées entre le Moyen-Orient et l’Europe pendant cette année du chaos qu’a été 2016." Oberland reprend: "Si notre nouvel album ne se situe pas dans la région, le poème est quand même assez universel. La poésie n’est pas inféodée à un territoire. Ici, le texte est d’ailleurs traduit en anglais par un Néerlandais (Jos Kleij alias G.W. Sok, ancien chanteur du groupe punk The Ex, à leurs côtés depuis 2015, NDLR). Ca nous parle aussi, cette manière d’éclater les frontières."

Oiseaux-Tempête en concert en Belgique (avec Jessica Moss) les 6 et 7 novembre à Bruxelles (Magasin 4) et à Arlon (L’Entrepôt).

Oiseaux-Tempête - He Is Afraid And So Am I

 

 

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