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Oscar and the Wolf: "Après le covid, je crois qu’on va entrer dans une nouvelle ère de l’amour"

Oscar and the Wolf en est à son troisième album. ©Marie Wynants

Oscar and the Wolf, de son vrai nom Max Colombie, appartient au top 5 des artistes pop belges les plus acclamés à domicile comme à l’étranger. "The Shimmer", son troisième album, sort ce vendredi.

C’est un dandy pop, érudit et charmant, que Max Colombie que l’on a rencontré dans les bureaux de PIAS, sa firme de disques. Autant il se montre disert en interview, autant sur les réseaux sociaux, il cultive une forme de mystère. "Je ne vois pas pourquoi je photographierais ce que je mange pour satisfaire la curiosité de mon public. J’ai créé une image à la fois mystérieuse et aimable."

Sur vos précédents albums, vous exploriez l’électropop et la synthpop. Sur "The Shimmer", vous tentez la fusion entre le r’n’b et l’électropop. Comment avez-vous procédé pour mixer la chaleur de l’un et la froideur de l’autre?

J’ai toujours cherché, dans la musique, l’équilibre parfait entre l’obscurité et la lumière, le chaud et le froid, le feu et la glace. Il me plaît de créer des chansons où l’on ne sait pas si elles sont joyeuses ou tristes mais qui se situent entre les deux. J’aime le sentiment de mélancolie, qui n’est pas de la tristesse, parce qu’il contient énormément de beauté.

"La beauté me rend triste ou mélancolique parce que je songe à son caractère éphémère."
Oscar and the Wolf
Chanteur

Pensez-vous avoir votre propre mélancolie?

La beauté me rend triste ou mélancolique parce que je songe à son caractère éphémère. En revanche, les choses vraiment tristes ne provoquent pas de larmes chez moi.

Ce troisième album vous l’avez enregistré aux studios ICP à Bruxelles.

Je l’ai d’abord travaillé chez moi et ensuite, j’en ai écrit toute une partie alors que je me trouvais à l’ICP. J’aime écrire au moment de l’enregistrement. Je ne crois pas trop à l’enregistrement des démos parce que je n’y trouve pas de magie. À l’ICP, je trouve tous les instruments que je recherche et je considère cet endroit comme ma seconde maison. Il y a d’excellentes raisons pour que des artistes, aussi bien de Londres que de Paris, viennent y enregistrer.

"J’aime le sentiment de mélancolie parce qu’il contient énormément de beauté."
Oscar and the Wolf
Chanteur

Vous avez puisé votre inspiration à plusieurs sources, notamment dans "Call Me By Your Name", le film de Luca Guadagnino. Je suppose que vous êtes aussi amoureux de Timothée Chalamet?

Plus exactement, j’ai le sentiment d’être Timothée Chalamet dans ce film. Je me sens relié à son personnage et à cette histoire. Parce que moi aussi, j’ai été cette personne amoureuse de quelqu’un d’inaccessible. C’est un peu comme si je m’étais retrouvé dans cette histoire à dix-sept ans. Et ma chanson "Oliver" est une métaphore pour l’Oliver que j’aimais alors. Il m’arrive encore de rêver à ce premier amour. Les premières fois sont toujours les plus fortes.

"Oliver", Oscar and the Wolf

Vous étiez aussi inspiré par Sade Adu qui était, durant les années 80, comparable à une déesse de la soul british.

Absolument! Et ce qui est cool, c’est que la jeune génération est en train de la découvrir. Si elle a choisi, à un moment, d’arrêter sa carrière, c’est peut-être parce qu’elle est honnête et qu’elle ne tenait pas à faire de la musique dans ce qui n’était plus qu’un business. Elle n’a jamais suivi de modèles.

The Stone Roses vous a également influencé pour ce disque. C’est pourtant vraiment l’opposé de Sade.

The Stone Roses a aussi son côté sombre et mixer leur musique avec une inspiration "sadéesque" me plaisait.

"Je ne veux jamais abandonner une idée qui me satisfait parce que quelqu’un d’autre me dit qu’elle n’est pas cool."
Oscar and the Wolf
Chanteur

"The Shimmer" est votre troisième album et il coïncide avec votre trentième anniversaire. Vous avez fait exprès?

Je n’ai jamais songé à ça, je le jure! Pour mon premier album, j’avais vingt-deux ans. Alors, peut-être que cela signifie maturité et responsabilité. Émotionnellement, je me sens plus mûr. Je suis conscient qu’il n’est pas nécessaire d’être stressé ou anxieux en permanence. Dire "non" à quelque chose qu’on n’aime pas, c’est déjà une preuve de maturité. Avant je disais "oui" à tout: sessions photo, interviews, concerts… À trente ans, il est temps de prendre le contrôle des choses.

Ce qui est très intéressant et séduisant dans vos nouvelles chansons, c’est que vous avez pris le temps de développer une histoire et des émotions musicales dans chacune d’elles.

C’est peut-être aussi le résultat de la maturité. Je ne me sens pas obligé d’aller vite et de plaire aux foules. Je veux d’abord que ça me plaise à moi. Je ne veux jamais abandonner une idée qui me satisfait parce que quelqu’un d’autre me dit qu’elle n’est pas cool. Mais cela m’arrivait souvent avant. C’est, sans doute, cela que vous avez perçu.

"James", Oscar and the Wolf

Avec "Your Choice", vous avez réussi à créer un morceau très sensuel qui rappelle la fin des seventies.

Dans cette chanson, mon personnage est le séducteur, le Don Juan.

Mais vous vous habillez un peu comme un Don Juan, non?

Un Don Juan pour hommes. Cela dit, il est arrivé qu’on me confonde avec un dealer (rires)!

Pour en revenir à la sensualité de ce morceau, ne pensez-vous pas que les temps sont durs pour le retour à la sensualité?

Après cette période de coronavirus, je crois que l’on va entrer dans une nouvelle ère de l’amour. Avec l’envie de grands rassemblements, de sexe, de sensualité. Quelque chose comme Woodstock. En tout cas, je l’espère. Récemment, je me trouvais à un concert au Sportpaleis, j’ai ressenti que les gens avaient envie d’être ensemble.

R'n'b/Electropop

“The Shimmer”

Composé par Oscar and the Wolf

Interprété par Oscar and the Wolf

Label: Pias

En concert le 30 avril 2022 au Sportpaleis d’Anvers

Note de L'Echo:

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