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Paul Weller, Mahmood, Olga Pashchenko: vos 3 CD du week-end

"Fat Pop" de Paul Weller. ©Polydor

Revoici Paul Weller dans l'ambiance des années septante, Mahmood inspiré la mythologie grecque et Pashchenko ennivrée par sa première incursion discographique chez Mozart! À écouter sans modération...

Si la création musicale reste un mystère, l'inspiration en est un autre. Dans le cas de Paul Weller, qui a débuté sa carrière à la fin des années septante, l'âge semble synonyme de bonification, si du moins cela est encore possible, et de prolixité. En effet, après un «On Sunset» (du style beau soleil couchant en effet), sorti l'an dernier, le voici qui revient avec «Fat pop», au titre autodénigrant, vu que si ce dernier essai a du muscle, il n'est, à l'image de son auteur, porteur d'aucun poil de graisse.

Le confinement a donc eu du bon et a replongé l'ex-chanteur des Jam dans l'ambiance des années septante: pas celle du punk, mais celle pleine d'âme, donc de «soul», de Curtis Mayfield («Testify») et sa flûte vagabonde, alors que «Glad Times» exhibe ses références à Traffic. Volontairement référentielle (la pédale wah-wah sur la guitare de «That Pleasure»), l'approche rappelle en effet celle d'un Stevie Winwood dans les années 80.

Façon Pretenders

Même lorsqu'il propose un rock comme «Moving canvas», Weller choisit de ne pas changer de curseur temporel, et balance une composition à la Stones de l'époque, hautement mémorisable, tout comme «In Better Time» qui évoque les Pretenders du temps où Chrissie Hynde avait de l'inspiration, alors que le saxo rappelle celui d'Andy Mackay de Roxy Music. Le morceau «Fat Pop» et sa rythmique «Cargo de nuit» d'Axel Bauer vient compléter l'impression de nostalgie sans mélancolie d'un album varié,  œuvre d'un artiste qui fut sans doute d'abord plutôt soul architecturée que punk destroy, plus Burt Bacharach que... casser la baraque. | Bernard Roisin

Album rock

“Fat Pop”
Paul Weller

Note de L'Echo: 4/5

Paul Weller - Fat Pop (Official Video)

Alessandro Mahmoud a choisi de se faire connaître sous le nom de Mahmood associant son nom de famille, d’origine égyptienne, au mot anglais «mood». Ce vainqueur de San Remo, édition 2019, avait réussi à se classer deuxième au Concours de l’Eurovision de la Chanson la même année.

Depuis, Mahmood n’a fait qu’affirmer son talent d’auteur, compositeur et interprète. Il s’inspire autant de la chanson italienne traditionnelle que de la pop et du hip-hop. Et ses influences orientales se font sentir dans plus d’un morceau. Sur cet album, Mahmood s’est basé sur la mythologie grecque. Son personnage principal, un héros moderne, est confronté à des obstacles comme les dieux de l’Olympe. Certains passages de ses chansons ressemblent à des imprécations comme dans «Baci Dalla Tunisia».

Le bon "Karma"

Sa voix se mêle parfaitement à celle d’Elisa dans «Rubini». Avec les rappeurs Sfera Ebbasta et Feid, il offre «Dorado», un morceau très latino. Plus étonnant et prenant, «T’Amo» fait directement référence aux origines sardes – par sa mère – de Mahmood qui a invité un chœur féminin d’Orosei, charmante petite localité de Sardaigne. «Karma», son duo avec Woodkid, est le seul titre chanté en anglais. Mais il aurait très bien fonctionné en italien aussi… | Joëlle Lehrer

Album pop

«Ghettolimpo»
Mahmood

Note de L'Echo: 3/5

Mahmood, "Dei", «Ghettolimpo» (Universal)

Elle est du genre explosive et le prouve une fois encore avec ces deux célèbres concertos de Mozart, le «Jeunehomme» n°9 K.271 – qui devrait s’appeler «Jenamy» du nom de sa vraie dédicataire – et le rayonnant n°17 K.453. Pour sa première incursion discographique chez Mozart, la pianofortiste russe Olga Pashchenko s’est entourée (au sens propre) de l’excellent ensemble belge trentenaire Il Gardellino, de l’hautboïste Marcel Ponseele et du flûtiste Jan De Winne.

L’entente est symbiotique malgré (à cause?) de l’absence de chef, le résultat bluffant, les couleurs intenses. Évidemment, cela va vite, très vite – le «Jenamy» fait deux minutes de moins que les versions plus «sages». Le rondo dévalé à toute allure n’y est sans doute pas étranger, mais la soliste a les moyens de ses tempi. Et l’orchestre aussi.

Virtuose, mais pas que

On aurait cependant tort de ne retenir de Pashchenko que son époustouflante virtuosité et sa théâtralité aux accents qu’on lui sait beethoveniens. Car, dans les mouvements lents – l’andantino nostalgique du n°9, le tendre andante du n°17 –, c’est l‘émotion pure, au sens le plus mozartien du terme, que distille cette passionnante claviériste. | Stéphane Renard

Album classique

«Mozart – Piano concertos 9 et 17»
Olga Pashchenko

Note de L'Echo: 4/5

MOZART // 'Piano Concerto No. 17 in G Major, K. 453' by Olga Pashchenko & Il Gardellino

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