PogoPogo, comme un air de Plastic Bertrand au tribunal

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C’est une relation commerciale à propos d'un parfum baptisé PogoPogo qui a amené Plastic Bertrand à réclamer plus de 30.000 euros devant le tribunal de commerce de Bruxelles.

Plus question de prétendu plagiat ou de guerre des tranchées entre potentiels interprètes d'une même chanson. Cette fois, c'est une histoire de parfum qui amène Roger Jouret (le vrai nom de Plastic Bertrand, NDLR) devant le tribunal.

Collaboration avortée

Pogo Pogo, c'est le titre de la face B de "Ca plane pour moi", le 45 tours qui a fait connaître Plastic Bertrand au monde entier. Mais c'est aussi le nom d'une gamme de parfums et autres produits cosmétiques développés par la société belge Landel.

Soucieuse d'assurer le meilleur lancement pour ses produits, Landel a pris contact avec MMD, la société de management de Plastic Bertrand afin d'associer le chanteur et son image à une campagne promotionnelle.

Le 24 avril 2009, les deux parties (Landel et MMD) ont signé une convention. A ce stade, Plastic Bertrand n'était pas partie à la convention en tant que tel. Dans ses grandes lignes, l'accord prévoyait que le chanteur enregistre une nouvelle version de sa chanson "Pogo Pogo", qu'il réalise un clip vidéo, qu'il se prête à une séance photo et qu'il assure dix événements promotionnels au nom de la marque. Ce qui fut fait.

En échange de ces prestations, il était prévu que Landel verse 50.000 euros à la société de management du chanteur. Une première tranche de 10.000 euros à la signature du contrat, une autre de 25.000 dès l'apparition des parfums dans le commerce et une troisième de 15.000 six mois après le début de la commercialisation des parfums.

Enfin, un système de royalties (5 % du bénéfice sur les trois premières années) était prévu, raison pour laquelle Landel s'était engagée à fournir un relevé des ventes tous les six mois.

Huis clos refusé

Mais, car il y a évidemment un "mais", tout ne s’est pas déroulé comme prévu. Landel a versé 17.500 euros en trois tranches successives avant de suspendre les paiements, invoquant le non-respect des engagements de Plastic Bertrand par rapport aux dix actions promotionnelles prévues contractuellement.

Pour obtenir le reste des versements dus et la possibilité de toucher les royalties promises, MMD, la société de management du chanteur, avait déjà attaqué en justice une première fois. Et obtenu gain de cause. C’est l'opposition de ce premier jugement qui a été étudiée hier par le tribunal de commerce de Bruxelles.

La société du chanteur réclame — à nouveau — le solde des montants dus (32.500 euros) et la publication des relevés de vente afin de pouvoir calculer les parts du bénéfice revenant à l'artiste. L'avocat de Plastic Bertrand, Sébastien Miesse, a également demandé au tribunal d'adjoindre une astreinte de 250 euros par jour de retard en cas de condamnation et de non-publication des documents réclamés.

Pour expliquer les raisons de l'absence de Plastic Bertrand lors des actions de promotion, Jean-Benoît Capelle, le conseil de Landel, a demandé le huis clos, "afin de ne pas ternir l'image du chanteur". La présidente a refusé le huis clos et ce point précis n'a pas été tranché.

De son côté, l'avocat de MMD a assuré que le chanteur avait effectué les prestations prévues, mais que Landel n'avait pas réussi à en organiser dix. "Il y a eu six manifestations et Plastic Bertrand y est allé. Quel est le manquement de Plastic Bertrand? Il n'y en a pas", a plaidé Sébastien Miesse.

Une question a retenu toute l'attention de la présidente du tribunal. Les premières factures ont été encaissées par Plastic Bertrand en nom propre alors qu'elles auraient dû l'être par sa société de management. Qui, dans cette action en justice, avait finalement intérêt à agir? Plastic Bertrand ou sa société de management?

L'affaire a été mise en délibéré.

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