Pop | YellowStraps, une pépite belge pour l'international

Alban et Yvan Murenzi, les deux frangins derrière YellowStraps.

Dans la galaxie de Le Motel et de Roméo Elvis, il faut compter aujourd’hui avec YellowStraps. Deux frères, nés au Rwanda, qui ont choisi de ne rien faire comme tout le monde. "Goldress", leur premier E.P., est déjà leur passeport pour une carrière ambitieuse. Rencontre.

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«Goldress». YellowStraps

Believe

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YellowStraps fait référence à des lanières de guitare de couleur jaune. Tout simplement parce qu’un jour, Yvan, le guitariste, cherchait une lanière pas trop moche. Avec son frère Alban, il a bien conscience que ce nom de groupe ne donne rien du tout en français. Ou alors, "un truc de vieux cirque".

Alban, vingt-cinq ans, et Yvan, vingt-sept, sont frangins et on pourrait les croire jumeaux. Nés à Kigali, au Rwanda, au début des années 90, les frères Murenzi ont été élevés ensuite en Ouganda avant d’aboutir en Belgique. Quand on leur demande s’ils ont fui le Rwanda à cause de la guerre, leur réponse déroute un peu: "C’était une situation compliquée".

Bien sûr, on essaie d’en savoir plus. "Dans notre famille proche, tout le monde a survécu", précisent-ils. Ils ne tiennent pas à entrer dans les détails. "Quand on est arrivés en Belgique, on avait six et huit ans. On s’est immédiatement intégrés dans la culture européenne et on ne s’est pas replongés dans le passé."

YellowStraps – “Goldress” (feat. VYNK)

Lorgner la scène anglaise

Ce qui les a attirés vers la musique, c’est son pouvoir de faire partager les émotions les plus intenses. "On était aussi voisins du Motel (le producteur de Roméo Elvis, NDLR) et il m’a donné envie de jouer de la guitare. Au départ, on faisait des reprises", explique Yvan.

Tous deux sont des musiciens autodidactes. Leur musique est très mellow, moelleuse. Fort bien interprétée et avec cette impression d’un vrai groupe sur chaque morceau. Et toutes les chansons sont chantées en anglais. "On fait tous les morceaux mais pour certains, on peut compter sur des musiciens additionnels. Sinon, grâce aux synthés, on ajoute, par exemple, des violons."

Les YellowStraps ne peuvent pas cacher l’influence qu’a sur eux une certaine scène anglaise indépendante. Surtout la vague trip-hop. Mais leur talent personnel est de combiner cela avec de la soul, du jazz et de l’électro.

Alban et Yvan Murenzi.

Si "Goldress" se présente comme un E.P., il comporte néanmoins huit morceaux. Deux de plus et cela faisait un album… "Avant de sortir un album, on voulait sortir un E.P. et augmenter notre audience petit à petit. On tenait aussi à être meilleurs." On comprend qu’ils veulent placer la barre plus haut. "Avant cela, la musique nous tenait davantage lieu de hobby. Depuis un an, notre perspective a changé. Et on a beaucoup travaillé."

Authentique et original

Il faut croire que ces efforts ont payé puisque YellowStraps est signé sur le label anglais Believe. On leur demande s’ils suscitent des jalousies dans leur entourage. "La plupart de nos potes font de la musique en français. Roméo Elvis, L’Or du Commun, Angèle, je ne pense pas qu’ils ont des ambitions internationales", dit Yvan.

«Il se passe beaucoup de choses intéressantes dans l’underground bruxellois. C’est jeune et créatif.»
Alban et Yvan Murenzi
Les frères de YellowStraps

Pour un début, c’est un bon début car, YellowStraps a déjà plusieurs dates de concerts à l’étranger. Leur atout, un bon agent en France. Un passage sur la chaîne Colors, basée à Berlin, a fortement contribué à faire connaître YellowStraps hors des petites frontières belges. Que pensent-ils de l’allégation "Bruxelles, le nouveau Berlin"? "Il se passe beaucoup de choses intéressantes dans l’underground bruxellois. C’est jeune et créatif."

Leur pote Le Motel, de son vrai nom Fabien Leclercq, a collaboré sur un morceau de "Goldress". "Il peut jouer sur une large gamme de styles. Avec Roméo Elvis, il fait du hip-hop. Mais il a aussi réalisé des choses plus expérimentales et de la techno." Parmi les nouveaux artistes, Yvan et Alban vénèrent King Krule, Jordan Rakei, Daniel Caesar. Et chez les filles? Corinne Bailey Rae et Rosalia. On comprend que les YellowStraps aiment ce qui est authentique et original.

YellowStraps - "How it Goes" (Live)

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