chronique

Top départ des Nuits Botanique

La musique reprend peu à peu ses droits dans la capitale au travers notamment du premier grand festival de la saison: les Nuits Botanique.

Le Bota fait en effet ce qu’il "pleut", lui qui a d’abord pleuré les morts du treize novembre – le Cirque royal qu’il gère encore devait en effet accueillir les Eagles of Death Metal deux jours après ce jour funeste – et, bien évidemment, ceux du 22 mars. Il a aussi regretté, certes dans une proportion bien moindre, les annulations qui ont suivi et les coûts de sécurité occasionnés depuis le début des attentats. Le Botanique a également déploré au début de l’année le fait que la Ville de Bruxelles ait décidé de lui retirer la concession du Cirque Royal, pourtant prévue pour un bail de 27 ans à partir de 1999. Ceci alors que les autorités communales bruxelloises, sous la puissante impulsion de Philippe Close, rouvraient en février la salle de La Madeleine, distante de quelques arrêts de tram… Le Centre culturel de la Communauté française a enfin constaté que les plus que nécessaires travaux de réfection de ses serres ne pourront débuter avant 2017: ce qui les voit pleurer à chaque fois… qu’il pleut.

Cette nouvelle édition présentera son lot de bonnes surprises, d’habitués, de nouvelles têtes, d’incontournables et d’inévitables.

Mais show must go on et cette nouvelle édition, 23e du nom – printanière plutôt qu’automnale depuis 2004 –, présentera son lot de bonnes surprises, d’habitués, de nouvelles têtes, d’incontournables et d’inévitables. Parmi eux, le Mons Orchestra qui, avec Sonic Lassus, présenté l’an passé dans le cadre de Mons 2015 Capitale européenne de la culture, investira Saints Michel et Gudule en postface du festival. La cathédrale résonnera ainsi des voix de Daan, Pitcho, ou Saule, notamment. La formation montoise, placée sous la baguette de Jean-Paul Dessy, accompagnera également d’autres Belges comme Illuminine ainsi que Benoît Lizène.

Du 12 au 22 mai au Botanique, au Cirque Royal et d’autres lieux à Bruxelles

 www.botanique.be.

Parmi les nouvelles têtes francophones; Alice on the roof, les Robbing Millions et leur revival psychédélique, ou Nicolas Michaux, auteur d’un très bon album en français. Rayon confirmation nationale, An Pierlé présentera son nouveau disque en l’église des Dominicains, et Baloji fera suite à la sortie de son dernier opus paru en 2015. Les revenants de La Muerte (au sein de la Nuit Belge, le lundi 16 mai) feront un décollage supersonique, en espérant que les vitres du Bota tiennent bon. La Muerte sera accompagné leurs amis de longue date, Front242 (Richard 23 & Patrick Codenys) et Vive la Fête, ainsi que d’une création video "A Thousand Lost Civilizations".

Projections

La Muerte ©Danny Willems

Reformés au tournant des années 2010, les Américains de Spain effectuent eux aussi un retour dans les serres après s’y être produits l’an passé. Françoiz Breut est quant à elle une habituée au même titre que Dionysos ou Puggy, ces derniers avec moins de fréquence.

Une programmation certes touffue comme un jardin tropical, mais manquant de quelques grands noms et qui, au fil de ces dix jours de musique, annonce en tout cas deux surprises de taille dans la forme et sur le fond: le nouveau projet des Écossais de Mogwai d’abord, qui interpréteront leur nouvel album instrumental ("Atomic") basé sur la révolution de l’atome, concert illustré de documentaires montrant les bienfaits et les tragédies résultant de la recherche atomique. Autre projection, celle entière cette fois, du dernier film de Bouli Lanners "Les premiers, les derniers", dont la bande-son sera rejouée en live par Pascal Humbert, ancien de Sixteen Horsepower et Wovenhand. Avec, en invité, Bertrand Cantat (ex-Noir Désir), puisque le groupe Detroit dont il fait partie avec Humbert interprète le seul morceau chanté du film. Une performance comme celle de Mogwai qui aura lieu au… Cirque Royal. Une apothéose en forme d’adieu?

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