"Ultra Mono" des Idles, c'est du Corbyn sous Redbull

Sorte de mouton enragé du Sud-Ouest de l'Angleterre (ils sont de Bristol), Idles, dans ces 3e album, porte fier et haut sa colère, sa frustration, dans un pays foncièrement conservateur.

Ce troisième album confirme la maîtrise hurlante des Idles («Brutalism» s'intitulait leur bien nommé premier) qui n'est pas sans rappeler TC Matic sur l'introductif «War», de par la voix de Joe Talbot et la guitare, très Jean-Marie Aerts, que Marc Bowen manie telle une cisaille.

CD Rock

«Ultra Mono»
Idles

Note de L'Echo: 4/5

Cette musique au scalpel s'accompagne d'une ironie grinçante sur «Motivator» ou l'imparable «Anxiety», y compris dans ses paroles féroces sur le système de classes et le gouvernement en place. Des morceaux porteurs d'une intranquilité, une révolte, dont le timbre vocal «manifestant» de Talbot témoigne: c'est rare, mais, à l'entendre, on visualise très bien le chanteur éructer et postillonner dans son micro (sur «Kill Them With Kindness» par exemple).

Du pogo sans gogols

Entre punk («Ne Touche Pas Moi») et garage-rock new wave à textes («Carcinogenic»), cette urgence vociférante (mais efficace) est heureusement parfois tempérée d'humour, lorsque sur «Model Village» le groupe moque le «Rose Garden», iconique chanson des années soixante. D'amour également avec l'«accalmé» «The lover»  ou de spleen noir à la Joy Division («A Hymn»).

Bref, du Corbyn sous Redbull ou du pogo sans gogols.

IDLES - GROUNDS (Official Video)

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