Une Philharmonique née de l'enthousiasme

Le jeune chef chilien David Navarro Turres a une manière toute latine d’enflammer un vaisseau symphonique. ©Didier Wagner

Le Brussels Philharmonic Orchestra n’est décidément pas un ensemble tout à fait comme les autres. Raison de plus pour en parler.

Ils sont jeunes, bourrés de talent et, surtout, riches de cette passion communicative qui a parfois déserté certains professionnels aguerris. Alors, assumons notre coup de cœur. Le concert "America latina en concerto", que le Brussels Philharmonc Orchestra donnera dans quelques jours sous la conduite de son chef David Navarro Turres, offre un prétexte en or pour évoquer ce projet musical unique en Belgique.

À l’origine, en 2002, trois fous de musique: la corniste britannique Clare Roberts, le tromboniste Roger Bausier (décédé en 2012) et Antonio Vilardi, alors directeur du Théâtre Saint-Michel, à côté du collège bruxellois du même nom. Un objectif aussi simple qu’ambitieux: offrir un orchestre complet et permanent au sein duquel les jeunes diplômés de nos conservatoires pourront mettre leurs acquis en pratique, tout en gardant la main. Car on ne le dira jamais assez. Choisir de consacrer sa vie à un instrument et tenter d’en vivre est plus qu’un choix courageux, c’est un idéal, qui implique de nombreux sacrifices et un entraînement quotidien.

Agenda

Prochains concerts

13 février: America latina en concierto, avec en solistes Raúl Zambrano (guitare) et Gerardo Di Giusto (piano).

Conservatoire de Bruxelles

27 février: Mozart et Beethoven, avec Géraldine Fastré (clarinette).

W-Hall de Woluwe-Saint-Pierre

3 avril: Glinka, Rachmaninov, Tchaikowsky, avec Béatrice Berrut (piano).

Conservatoire de Bruxelles

Rens.: www.bpho.be — 0478.88.10.06

La disparition progressive des ensembles symphoniques rendait dès lors d’autant plus criante la nécessité du "Brussels". Et aujourd’hui, ce n’est pas l’hypothèse de plus en plus souvent évoquée d’une fusion entre l’orchestre de La Monnaie et de l’ONB qui mettra du baume aux archets.

Ce constat est d’autant plus regrettable que le terreau belge, riche en conservatoires, se prête particulièrement bien à cette fabuleuse aventure musicale. Modeste consolation. Si l’état de délabrement scandaleux du conservatoire de Bruxelles en dit long sur le désintérêt affligeant des politiques pour l’enseignement musical, la qualité de ce dernier n’en draine pas moins chaque année des étudiants venus du monde entier. À l’heure actuelle, seul un quart des musiciens du "Brussels" sont belges…

Un chef qui en veut

Au fil des ans, le programme de l’orchestre s’est joliment étoffé, s’associant de plus en plus régulièrement à des solistes de belle réputation. Dernière invitée de prestige: l’émouvante violoncelliste franco-belge Camille Thomas, élue "Young Talent of the Year" par les radios européennes. La participation de l’orchestre à quelques festivités très officielles – célébration du Traité de Rome, Journée des droits de l’Enfant, concours annuels de direction d’orchestre… – a évidemment elle aussi dopé les énergies. Quant à son chef actuel, le jeune chef chilien David Navarro Turres, il se révèle un authentique fédérateur par son charisme, sa dynamique communicative et sa manière toute latine d’enflammer un vaisseau symphonique.

Le jeune chef chilien David Navarro Turres a une manière toute latine d’enflammer un vaisseau symphonique. ©Didier Wagner

Du côté du nerf de la guerre, autant être franc. Les "cachetons" sont symboliques. Et si l’orchestre vit, c’est parce que, en coulisses, s’agitent une poignée de bénévoles et de mécènes, aux carnets d’adresses bien fournis. Mais si la passion ne nourrit pas son homme, au moins lui souffle-t-elle l’envie de créer. Lors d’un concert du "Brussels", "il y a souvent des moments magiques", confie un fidèle de l’orchestre. Et cela, ça n’a pas de prix.

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