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analyse

Universal Music Group va faire ses premiers pas en bourse

Billie Eilish fait partie des nombreux artistes représentés par UMG. ©Getty Images for iHeartMedia

Universal Music Group (UMG) fera prochainement ses premiers pas en bourse à Amsterdam. Une nouvelle étape pour un groupe qui s'est complètement réinventé en moins de deux décennies.

C'est un rebond digne de ceux de Michael Jordan à l'époque des grands Bulls. Celui opéré depuis le début des années 2000 par Universal Music Group (UMG) se poursuivra prochainement aussi sur un parquet. Celui de la Bourse d'Amsterdam. Le leader mondial de la musique revoit complètement sa structure. Créée en 1996, l'entreprise est désormais dans les mains de Vivendi. Mais Vincent Bolloré, actuel propriétaire à 80% du groupe français, aimerait revoir la structure et donner plus d'indépendance à sa pépite musicale. Cela se fera via un mouvement en deux temps qui devrait se finaliser l'an prochain. 60% d'UMG seront d'abord versés aux actionnaires de Vivendi. L'entreprise fera ensuite son entrée sur la Bourse d'Amsterdam.

Nouvel amour boursier

Le géant a peut-être été inspiré par la jolie expérience vécue par le concurrent Warner Music. Depuis l'été dernier, l'autre mastodonte du secteur est également de retour en bourse, dix ans après l'avoir quittée. Malgré la pandémie, la société qui cherchait à lever près de deux milliards de dollars via cette opération vit plutôt bien son statut boursier. Son cours tourne aujourd'hui autour des 35 dollars, bien loin des 25 dollars annoncés en ouverture en juin dernier. La nouvelle a en tout cas ravi les actionnaires de Vivendi. La société actuellement cotée à la Bourse de Paris a vu son titre prendre près de 20% ce lundi.

7,2
Milliards d'euros
UMG a bouclé l'année 2019 avec 7,2 milliards d'euros de revenus.

Malgré la pandémie, Universal Music se lance probablement assez sereinement dans l'aventure. L'entreprise avait bouclé l'année 2019 avec 7,2 milliards d'euros de revenus. Le bulletin annuel pour 2020 n'est pas encore complet mais les trois premiers trimestres de l'année Covid indiquaient une hausse du chiffre d'affaires de 5,3%,  souligne le journal français les Échos.

La crise du millénaire

La renaissance était pourtant loin d'être assurée, tant le début du millénaire fut particulièrement piquant pour tout le secteur. Entre 2000 et 2005, Universal Music a largement souffert. Le groupe a notamment perdu 25% de ses revenus. L'entreprise a dû licencier en masse et ne trouvait pas la recette pour combler les pertes des ventes physiques. Jusqu'en 2004 pourtant, elles représentaient l'unique source de revenus du géant. Il fallait donc revoir le modèle.

L'entreprise y sera parvenue en une poignée d'années. La solution se construira finalement en plusieurs étapes. Universal Music commence par élargir son offre. Les supports physiques sont en chute libre? Ils ne seront plus la priorité. Universal se défait notamment d'une partie de ses centres de production.

L'entreprise pense au contenu et profite du chamboulement pour renforcer sa position de Major. UMG enchaîne les rachats et partenariats en tout genre. L'entreprise mise à la fois sur la quantité et la qualité et élargit son portefeuille. En moins d'une décennie, Universal se met à collaborer avec les acteurs influents du milieu dont l'incontournable Jay-Z (via sa société Roc-A-Fella). La société reprend également  BMG Publishing et allonge 1,4 milliard d'euros en 2011 pour acquérir l'emblématique EMI. Si Universal Music est aujourd'hui la référence, c'est grâce à son hall of fame. Ses stars se nomment Rihanna, Kanye West, Lady Gaga ou Billie Eilish, repérée alors qu'elle n'avait que 16 ans.

Diversifier pour mieux régner

Ça semble bon du côté de la qualité. Reste à savoir comment gagner de l'argent dessus. Napster a largement changé la perception de la valeur de la musique auprès du grand public. Si le titre en lui-même ne rapporte plus, il faut multiplier les moyens pour faire entrer autrement les euros dans les caisses. Universal se spécialise dans le merchandising, devient manager en rachetant la société Sanctuary ou se trouve des dons pour rentabiliser les concerts en s'associant avec Live Nation. UMG version 2021 n'a plus rien à voir avec l'activité du groupe d'il y a vingt ans.

La société doit aussi sa réussite à quelques bons camarades du marché comme Spotify et Apple Music.

UMG ne dépend plus que des ventes directes. Elles restent toutefois le cœur de son business. Le CD est toutefois largement remplacé par sa version dématérialisée. Universal a parfaitement géré son rebond. Mais la société doit aussi sa réussite à quelques bons camarades du marché . Avec Spotify, Apple Music et Deezer, UMG voit l'avenir plus sereinement. En cerise sur le gâteau, l'explosion de ces plateformes a aussi permis de donner un méchant coup à ce vilain concurrent qu'on appelle téléchargement illégal. Celui-là même qui a poussé UMG à complètement se réinventer.

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